Le bois des vierges / 1 de Jean Dufaux et Béatrice Tillier

Le bois des viergesLe mariage d’Aube la belle et Loup-de-Feu, le seigneur de haute taille doit sceller la paix entre Hommes et Bêtes.Car Aube est femme et Loup-de-Feu porte noblement le nom de sa race. Pourtant, comme l’annonce le conteur, « rien ne se déroulera comme prévu » : Salviat, le frère d’Aube, ne tolère pas que sa sœur soit cédée à une bête et organise l’assassinat de l’époux lors de la nuit de noces. Une fois leur forfait accompli, ils s’enfuient, Aube trouvant refuge dans le bois des Vierges, où nulle autre que pucelle ne peut entrer. La fureur des bêtes se déchaîne à la découverte du corps de leur frère et le pacte est rompu. La guerre reprend avec un avantage notoire pour les Hommes qui depuis peu possèdent l’arc-de-buse, machine à tuer qui crache le feu. Mais les Bêtes ont la force du nombre car elles décident de s’allier : contre l’ennemi commun, haute et basse tailles se liguent pour vaincre. Seul le seigneur Clam, le tueur de loups, semble à même d’aider les Hommes. Mais maudit, il se cache là où nul n’a envie d’aller le chercher. Seul Arcan, le père d’Aube banni car c’est par sa famille que le mal est arrivé, seul Arcan sait où est Clam. Et Hugo part le chercher sur les routes tandis que le noble Traille, seigneur de poil et de griffes retrouve son fils aîné qui a déchu en épousant dame Goupil, pour le persuader de prendre les armes contre les Humains.

bois-planche-1Avec cette série et quelques autres tout aussi intéressantes, Robert Laffont se lance dans la bande dessinée. Et la rencontre de Jean Dufaux (Complainte des landes perdues, Murena, Les Voleurs d’empire…) et Béatrice Tillier (Fée et tendres automates) est vraiment un bonheur car le dessin est à la hauteur du scénario et vice versa. Les loups vêtus d’armures ou de fraises à la Henri IV ont une élégance rare et un port d’une noblesse qui attise la haine des humains. C’est qu’à notre image, les bêtes vivent dans une société hiérarchisée où l’inégalité sociale est de mise.

Dans un cadre historique et des paysages familiers, les prémices du conflit entre hommes et bêtes résonnent comme un chapitre d’histoire : un mariage forcé qui tourne mal, un seigneur qui prend les armes contre son voisin, de vieilles rancunes qui ne demandent qu’à s’amplifier… On suit sans difficultés le jeu des alliances et la danse des tromperies entre vrais ennemis d’hier et faux alliés du jour. Les caractères sont vraiment très bien campés et on a envie de savoir jusqu’aux vont aller bêtes et hommes et qui s’en sortira indemne.

Mais en plus d’une intrigue prenante, cette bande dessinée bénéficie de dessins de toute beauté où les animaux sont magnifiés par l’attention portée à leurs vêtements ainsi qu’à leur fourrure. Les détails fourmillent, les expressions varient énormément et le lecteur est sous le charme des loups, renards et autres lynx.

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La guerre pourtant s’annonce impitoyable. Si l’on y ajoute le fait que le seigneur Clam est un personnage tout à fait étrange qui clôt ce premier volume, on comprendra qu’il faut vite, très vite que sorte le second.

 

Le bois des vierges / 1

Jean Dufaux (scénario), Béatrice Tillier (dessin) & Eric Montésinos (lettrage)
Robert Laffont, 2008
ISBN : 978-2-221-10727-0 – 56 pages –13,95 €

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