Le lièvre de Vatanen d’Arto Paasilinna

paasilinnaJusqu’à présent, je n’avais passé que de bons moments avec Arto Paasilinna : Le fils du dieu de l’orage, La douce empoisonneuse, Petits suicides entre amis, de très bons moments d’humour souvent grinçant et de dépaysement garanti. Et me voilà déçue pour la première fois avec ce roman qui est pourtant son plus connu.

D’abord, dès le début, j’ai été très gênée par le style très sec, presque comme un compte-rendu action par action des faits et gestes de Vatanen, journaliste finnois qui décide sur un coup de tête de tout plaquer pour suivre un lièvre : Vatanen fait cecii, Vatanen fait ça, Vatanen pense que… On ne peut pas dire que ça contribue à la légèreté du texte.

Ensuite, l’intrigue est totalement inexistante, le lecteur suit tout simplement Vatanen dans son périple, dans ses rencontres et dans ses malheurs : le commissaire Hannikainen, persuadé que le président finnois est un usurpateur, le pasteur Laamanen qui joue du gun, le corbeau qui lui pique sa bouffe ou l’ours qu’il poursuit jusqu’au-delà des frontières, en Union soviétique. Des tranches de vie et de nature bien plus qu’une histoire suivie. Une découverte de la Finlande également, de ses paysages grandioses, de ses forêts, de la Laponie où il neige au mois d’août.

Moi qui suis plutôt citadine et qui ne me sens nulle part mieux qu’en plein centre de Paris ou de Londres, je dois dire que je me suis plutôt ennuyée… L’humour de Paasilinna, toujours présent en filigrane réveille quelques fois la monotonie du texte, mais il est bien moins mordant que dans les romans cités plus haut (qui sont postérieurs à celui-ci), bien moins corrosif.

Arto Paasilinna sur Tête de lecture

Le lièvre de Vatanen

Arto Paasilinna traduit du finnois par Anne Colin du Terrail
Gallimard (Folio n°2462), 2003
ISBN : 2-07-038602-3 – 235 pages – 5,30 €

Janiksen vuosi, parution en Finlande : 1975

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