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L’alchimiste assassiné – Fidelis Morgan

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Lady Anastasia Ashby de la Zouche, baronne Penge, comtesse de Clapham  est une lady anglaise un peu… décatie. « Sa figure fripée, ses lèvres d’un carmin passé barbouillées aux commissures, son far à paupière noir coulant en rigole sur la surface  craquelée de son maquillage, sa perruque rousse miteuse, fichée, comme toujours, de travers sur son crâne » pourraient laisser à penser qu’elle exerce le plus vieux métier du monde. Eh bien pas du tout : lady Anastasia est juste une comtesse ruinée de soixante ans, jadis maîtresse du roi d’Angleterre Charles II.
Comme il est difficile de survivre à Londres quand on n’a plus un sou (et ce, quelque soit l’époque), elle implore un travail de fouille-merde auprès d’un tabloïd (pardon pour l’anachronisme) : un bon ragot bien vicieux par semaine et c’est la soupe chaude assurée toute la semaine. Plus toute jeune, la comtesse s’adjoint les services de miss Alpiew, son ancienne soubrette qu’elle vient de retrouver après vingt ans de disparition. Et bien lui en prend car cette dernière est maligne et va devoir faire preuve d’initiatives dans une affaire qui va se révéler bien plus compliquée qu’il n’y paraissait au départ.
En effet, les deux femmes sont mandées par une certaine Mme Wilson pour surveiller son mari qu’elle soupçonne d’adultère. Et que se passe-t-il alors : par une nuit froide et noire à souhait, elles butent sur le cadavre dudit mari, la gorge tranchée. Ce dont le lecteur français se doute malheureusement, c’est que M. Wilson était alchimiste et que sa mort a quelque chose à voir avec la physique expérimentale (sans le titre, le lecteur anglo saxon ne le découvre qu’après environ cent soixante-dix pages).

Une enquête donc, dans Londres de 1699 et surtout parmi une noblesse comme on en voit rarement. Ici, ladies et gentlemen ont un vocabulaire très très vert, à défaut de l’être eux-mêmes et on ne peut pas dire qu’ils brillent de délicatesse. Le laissez-aller de la vieille comtesse est bien sûr le ressort comique de cette histoire qui est également bien documentée historiquement et donne à voir les personnages sous un jour pour le moins inattendu. Dans cette ambiance libertine, les événements vont bon train et Alpiew la finaude marche en excellente élève dans les pas d’Isaac Newton hymself. C’est truculent et original, les personnages sont tout à fait décalés et le lecteur ravi de cette  promenade historico-loufoque.

Idée de lecture pêchée chez Clarabel

L’alchimiste assassiné

Fidelis Morgan traduite de l’anglais par Denyse Beaulieu
Le Masque (Labyrinthes n°150), 2006
ISBN : 2-7024-3287-5 – 460 pages – 8,50 €

Unnaturale Fine, parution en Grande Bretagne : 2000

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25 commentaires sur “L’alchimiste assassiné – Fidelis Morgan

  1. Je vais arrêter de venir faire des tours par ici : je suis tentée à chaque fois ! ^^ Franchement, ta présentation est très alléchante ! J’aime beaucoup l’idée du côté décalé dont tu parles. Allez, encore un de noté ! ;))

  2. Même commentaire qu’Alween ! Arrête un peu de nous tenter ! Moi aussi, je suis obligée de le noter. C’est plus fort que moi, les histoires décalées j’adore. Je me régale actuellement avec « un chien dans la soupe ».

  3. Moi je ne le note pas, je l’ai déjà :p . Et je suis contente de voir qu’il t’a plu ! Par contre, mauvaise note pour le titre :( mais bon, on a un peu l’habitude dans les traductions :(

  4. J’ai repéré ce livre il y a quelques jours en fouillant dans une librairie (!!). Ton billet me donne envie de plonger dans ce milieu et cette époque la tête la première, Ys ;-D

  5. Lol comme tu dis, d’ailleurs fin 2008, j’ai fait un tri dans ma LAL, c’était la 1ère fois que j’étais obligée de faire ça !!! (l’influence des blogs sans aucun doute :-p)

  6. Mais oui mais que veux-tu ? J’essaie de lire des livres qui a priori vont me plaire, donc voilà… J’en ai acheté trois aujourd’hui, je me réjouis d’avance, je suis sûre qu’ils vont me convenir…

  7. Bon ben, je vais essayer de ne plus lire que des mauvais livres (enfin saches quand même que les cinq prochains billets risquent d’être sur me même ton que celui-là, voire encore pire !)

  8. Le titre est fait pour tenter le lecteur (ça marche l’alchimie en ce moment), mais oui, il en dit trop. Un agréable moment de lecture quand même.

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