God save la France de Stephen Clarke

God save la FranceEn lisant ce livre, je me demandais depuis combien de temps je n’avais pas tant ri en lisant. Vraiment, si la morosité ambiante vous a saisi : ce livre est pour vous, un véritable antidote !

Paul West est un jeune Britannique de vingt-sept ans qui après avoir monté avec brio la chaîne de cafés british Voulez-vous Café avec Moi est recruté par un chef d’entreprise parisien pour monter une chaîne de salons de thé anglais à Paris. Un an dans la capitale, en pleine montée de l’anti-britannisme primaire dû à l’engagement du Royaume Uni dans la guerre du Golfe. Il va d’incompréhensions en crottes de chiens et c’est vraiment très drôle.

Première réunion avec les collègues qui parlent tous anglais : il ne comprend rien à leur charabia. Recherche d’un logo pour la chaîne : celui de VianDiffusion a vraiment un sens pas exportable vers les pays anglo-saxons (VD : Venereal Diseases !). Recherche d’un appartement : ça veut dire quoi « 2/3P 2e ét, séj av mezz, 1ch, SdB, parquet » ? La langue française : « des salamalecs d’une complexité orientale » ! Bonne journée, bonjour, bonne après-midi, bonne soirée… : quand et à quelle heure ?! Et le vouvoiement ? « Vous, dans votre position, vous dites « tu » à tous vos collaborateurs. Sauf peut-être à ceux qui ont l’air d’être plus âgés. Et à condition d’avoir déjà été présenté. La plupart des gens vous diront « tu » aussi. Il y en a, les plus jeunes, qui vous diront « vous » aussi, et aussi ceux qui ne savent plus s’ils vous connaissent. » Clair, non ? « Comme une soupe à l’oignon. »

Et la carte du resto : si on commande du chèvre, on a les cornes dans l’assiette ? Inévitable épisode chez le médecin (les Français pratiquent la prise de température rectale lui a-t-on dit), et au marché (un Londonien de vingt-sept ans ne sait pas ce que c’est qu’une feuille de radis !).

Évidemment, sa vie sentimentale, précédée de sa réputation de gentleman, est prétexte à des scènes très drôles : « Non, je ne suis pas un bon sang de gentleman […]. Christine semblait l’ignorer, mais les Britanniques ont parcouru un énorme chemin depuis les romans de Jane Austen, dont les héroïnes pouvaient accepter une promenade en forêt sans être sûres de se faire sauter […]. Espèce d’enfoiré, Mr Darcy, et toi aussi Hugh Grant. A force de trimbaler partout votre sacrée politesse, comment voulez-vous qu’un Anglais ait encore ses chances ? » Je vous rassure tout de suite, il ne s’en sort pas trop mal quand même…

Ce qui l’énerve le plus Paul : les grèves (éboueurs, pharmaciens, police, garçons de café, tout y passe en un an !), et surtout les crottes de chiens qui tapissent le pavé parisien. Il va en apprendre peu à peu beaucoup plus sur les mœurs des Français et en particulier de son patron : « un politicien français, autant dire qu’il jouait en première division du championnat du monde des faux derches. »

 
God save la France

Stephen Clarke traduit de l’anglais par Léon Mercadet
Pocket, 2006
ISBN : 978-2-266-16494-8 – 319 pages – 6,80 €

A Year in the Merde, parution en Grande Bretagne : 2004

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