Ne le dis à personne… d’Harlan Coben

Ne le dis à personne... d'Harlan CobenMon premier Harlan Coben… Il faut bien un jour commencer à combler ses lacunes… Surtout que j’ai entendu beaucoup de bien partout, par des lecteurs très divers, donc je me suis dit, pour quoi pas moi ? Sauf que, sauf que…

David Beck est veuf : sa femme a été victime d’un serial killer huit ans auparavant. Affaire classée, meurtrier dans le couloir de la mort. Mais voilà que simultanément, deux cadavres vieux d’au moins cinq ans sont retrouvés sur les lieux du crime et que Beck se met à recevoir de très étranges courriers électroniques qui tendraient à prouver que sa femme n’est pas morte. La police et le FBI en viennent à soupçonner Beck d’avoir tué sa femme. Lui décide de mener sa petite enquête, en commençant par interroger une amie de sa femme, qui ne tarde pas à être retrouvée assassinée… très mauvais pour Beck.

Du suspens, ça, il y en a, et c’est quand même la moindre des choses que de savoir trousser une histoire quand on se targue d’écrire des romans policiers. Donc, pas de bon point pour le suspens.
Ce dont manque ce roman, à mon avis, c’est de personnages un tant soit peu crédibles. Le héros voyez-vous, est à lui tout seul un condensé de tous les clichés psychologiques imaginables. Il est médecin, gentil, il soigne les petits enfants démunis des quartiers défavorisés de New York. Sa femme est morte huit ans auparavant, mais il ne l’a jamais oubliée, tenez, c’est bien simple, il n’en a jamais touché une autre depuis. Car voyez-vous, ils se sont connus à l’âge de sept ans et depuis ce jour-là se sont aimés du véritable amour que l’on ne trouve que dans les livres. Et puis, cerise sur le gâteau, cet homme-là est un bon fils : il est retourné vivre avec son papa qui est atteint de la maladie d’Alhzeimer, parce que sinon, sa soeur l’aurait fait et vraiment, non vraiment, il ne veut pas de ce sacrifice-là. Trop fainéante, je ne vous ferai pas un portrait des autres personnages de ce roman, mais bon, croyez-moi sur parole, ils sont de la même eau.

Après ces boulets rouges, je crains vraiment de me discréditer en disant que j’ai lu ce livre en une après-midi et une soirée… en me disant que je ne relirai sans doute jamais cet auteur. Est-il possible d’être plus contradictoire ? Sûrement, ça doit bien se trouver… J’avais plus envie de repérer les grosses ficelles que de savoir la fin et envie de savoir ce qu’on peut bien lui trouver à cet Harlan Coben… Et finalement, je ne sais pas.

C’est donc avec une toute petite envie que j’ai regardé le film de Guillaume Canet adapté très fidèlement du roman. Evidemment, connaissant la fin (légèrement modifiée), le suspens est bien moindre et pour un film policier, c’est gênant. Mais j’ai trouvé l’interprétation tellement convenue que même sans ça, je crois que le film ne m’aurait pas plu. La fin bat tous les records de clichés : rhododendrons en fleurs, coucher de soleil et les petits enfants qui se donnent la main en s’embrassant, c’est vraiment, vraiment très mauvais.

 
Ne le dis à personne…

Belfond, 2002
Harlan Coben traduit de l’anglais par Roxane Azimi
ISBN :2-714463817-2 – 353 pages – 20 € (existe en poche)

Tell no one…, parution aux Etats Unis : 2001

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