Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier

Dans la brume électriqueLe lieutenant Dave Robichaux découvre le cadavre d’une jeune fille dans un bayou de Louisiane. Violée, éviscérée, cette jeune prostituée semble avoir été victime d’un maniaque. Peu de temps après, le quasi squelette d’un Noir enchaîné est mis à jour grâce au témoignage d’une star de cinéma (et au passage de l’ouragan Katrina). Pour Robichaux, ces deux meurtres sont liés.

Il va enquêter autour d’un mafieux local qui a investi dans le film en cours de tournage, se fera tirer dessus et sa fille sera enlevée. Classique. Ce qui l’est moins, c’est qu’il a des visions : lui apparaissent régulièrement des confédérés errant dans les marais, et en particulier leur général qui lui donne toutes sortes de conseils. C’est que comme l’acteur qu’il finit par recueillir chez lui, Robichaux a des problèmes avec la bouteille. Alors délire d’alcoolique et réminiscence d’un passé qui s’accroche à la terre et aux hommes dans la brume épaisse de la Louisiane plus que jamais sudiste ?

Et bien je ne sais pas… un peu des deux certainement. Ces apparitions qui donnent une touche quelque peu fantasmagorique au film ne m’ont pas parues ridicules ou inutiles, au contraire : elles enracinent le héros dans une terre et une histoire qui le cernent. Là où je suis beaucoup plus sceptique, c’est sur l’histoire elle-même et les personnages. Je n’ai pas lu le livre de James Lee Burke dont ce film est tiré, mais le moins qu’on puisse dire c’est que j’ai trouvé tout ça assez confus. Pourquoi Robichaux lie-t-il le meurtre de la jeune fille et celui du Noir quarante ans auparavant ? Pourquoi l’acteur qu’il a arrêté pour conduite en état d’ivresse vient-il chercher des bières chez lui ? Quand à la fin, le meurtrier est dévoilé, on ne sait absolument rien de ses motivations, ni de la nature réelle de ses liens avec le mafieux local. Et puis je m’attendais à être éblouie par Tommy Lee Jones, ce qui n’est pas du tout le cas : son jeu est assez froid et son visage très marqué inexpressif. Il est censé lutter contre l’alcool, ce qui ne m’a pas du tout sauté aux yeux. Il paraît bien loin de son rôle… Quant aux deux stars hollywoodiennes, franchement, elles ne sont absolument pas crédibles. Et que dire de l’agent du FBI, aussi convaincante que moi en danseuse étoile… Beaucoup des relations entre les personnages me semblent trop superficielles pour faire exister les personnages et leur donner une véritable stature (qui est en fait John Goodman ?).

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J’avais envie de voir ce qu’un réalisateur français peut faire outre-Atlantique et j’ai été déçue (vous êtes prévenus, rien à voir avec Le Cinquième élément !). Le seul intérêt à mes yeux réside dans les décors : la Louisiane est vraiment un état particulier, tout en marais et en végétation anarchique, embrumée au possible et inhospitalière pour qui n’est pas du cru. Tout en contrastes (tour à tour paisible et inquiétant), le bayou est un personnage à part entière.

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Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier
Avec : Tommy Lee Jones, Peter Sarsgaard, Kelly Mac Donald
Sortie nationale : 15 avril 2009 – Durée : 1 h 57

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