Firmin de Sam Savage

Firmin de Sam SavageCe livre, sous-titré autobiographie d’un grignoteur de livres, laissait augurer, à la lectrice boulimique que je suis, quelques bons moments d’autodérision, de souvenirs fantasques ou de situations cocasses. La couverture confirmait. Je me suis pourtant bien souvent dit qu’il ne faut pas mettre dans les livres ce qu’on en attend, mais plutôt se laisser surprendre, ou charmer…
J’ai donc été déçue par cette histoire de rat qui, né dans le sous-sol d’une librairie, va passer sa vie dans cet immeuble promis à la destruction, qui compte aussi un écrivain au nombre de ses habitants.

Firmin, c’est le treizième à la douzaine, la cinquième roue du carrosse, le rejeton chétif d’une tribu de bagarreurs.  Alors que frères, soeurs et mère quittent le nid, il reste, apprend à lire et ainsi à rêver, imaginer. Rêver d’une vie où il pourrait entrer en contact avec Norman, le libraire, sans qu’il parsème le grenier de mort-aux-rats ; une vie qui ne l’aurait pas fait naître rat, mais écrivain, pour pouvoir coucher sur le papier les merveilleuses histoires nées de son imagination fertile. Mais rien de tout ça pour Firmin qui, outre la lecture, n’a pour se divertir que les projections du cinéma de quartier qu’il fréquente assidument, en particulier les séances nocturnes consacrées aux films pornos.

La vie de Firmin est donc bien monotone, et ce livre aussi. J’avais en tête (ah, je sais, il ne faut pas !) les formidables personnages de Ratatouille, si pleins de charme et de vitalité. Ici, rien de tout ça. La tonalité est avant tout nostalgique puisque la librairie est située dans un quartier appelé à la destruction imminente et que tous les commerces et logements ferment, brûlent et disparaissent les uns après les autres. C’est la fin de ce petit quartier de Boston qui doit laisser place à des immeubles de bureaux flambants neufs et sans âme. C’est certainement aussi la fin des petites librairies de quartier, accueillantes et poussiéreuses qui connaissent les clients et les traitent en êtres humains. Malgré sa passion, Norman va devoir abdiquer. Tout comme l’obscur écrivain de SF chez lequel Firmin trouve refuge après la tentative d’empoisonnement. Alors Firmin déprime, il n’a rien fait de sa vie, juste fantasmer, et ça ne lui convient pas. Firmin se prend pour un génie incompris, de ces écrivains maudits qui ont eu au moins le privilège d’écrire, lui, même pas…

Hormis ce triste constat, je n’ai pas trouvé grand-chose dans ce livre. Pas d’intrigue, pas d’humour, quelques citations et auteurs ça et là, mais rien de suffisamment intéressant pour retenir mon attention.

Ce rat neurasthénique découvrant la littérature n’est pas prêt de détrôner la reine d’Angleterre, et c’est peut-être ça lui manque à ce roman, une petite touche d’humour un peu décalé. Il aura en tout cas eu raison de mon bel enthousiasme !

 

Firmin, autobiographie d’un grignoteur de livres

Sam Savage, traduit de l’américain par Céline Leroy
Actes Sud, 2009
ISBN : 978-2-7427-8348-9 – 201 pages – 18 €

Firmin, parution aux États Unis : 2006

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