Looking for Eric de Ken Loach

Looking for Eric de Ken LoachSoyons clair d’entrée : je n’aime pas le foot, voire pire… Mais Eric Cantona, c’est autre chose qu’un footballer. D’abord, c’est quelqu’un qui, comme moi, a l’impression de ne pas être né dans le bon pays. Celui de son coeur, c’est l’Angleterre et les Anglais le lui rendent bien.
Et puis ce gars-là a la classe, loin au-dessus de tous les autres qui crachent par terre en affichant au plus cinq cents mots au compteur de leur vocabulaire. On voit dans Looking for Eric des images d’archives de ses meilleurs buts à Manchester : il reste stoïque, c’est à peine s’il sourit quand ses coéquipiers l’acclament et le portent en triomphe. La classe… Et soyons juste aussi, si Cantona n’est pas le plus grand acteur du monde, c’est clair, je garde un souvenir amusé de son apparition dans Elizabeth de Shekhar Kapur aux côtés de Vincent Cassel. En fait, ils sont tous les deux inoubliables.

Le film maintenant. Eric (Steve Evets) est postier à Manchester. Il a la garde de ses deux beaux-fils, branleurs patentés en passe de devenir délinquants. Il a une fille de trente ans qui essaie de finir ses études et de  s’occuper seule d’un jeune bébé. Alors de temps en temps, Eric garde aussi le bébé. Il va donc bien être obligé de croiser son ex-femme, qu’il n’a pas vue depuis un peu moins de trente ans, et qui le hante parce qu’elle était jeune, belle et parce qu’il l’aime encore. Ses copains qui le voient déprimer voudraient bien l’aider, le faire rire, mais rien n’y fait. Il n’y a que l’autre Éric, la star adulée, qui va pouvoir l’aider. Dans sa solitude de petit postier, Eric écoute Cantona, parle avec lui pour finir par aller de l’avant.

C’est un conte de fée social ce film, l’histoire d’un rêve qui se réalise grâce à un dieu venu sur Terre pour aider un pauvre mortel. Dans cette ville bien triste où le foot a arrondi au-delà du raisonnable la taille des supporters, le dieu Cantona donne la main au petit postier pour lui ouvrir la route, lui montrer le chemin d’un recommencement possible. A coup de vérités qu’il ne comprend pas toujours, Cantona remet Eric debout, lui rend l’envie de vivre et de rester vivant.
Comme dans un conte, tout n’est pas crédible, mais on a envie d’y croire. La scène de vengeance baptisée « Opération Cantona » est en cela irrésistible, bouffonne. Même s’il n’est pas vraisemblable qu’une bande de copains puisse mater un caïd, c’est une belle mise en scène de l’amitié et de l’entraide prônée par Cantona (son plus beau souvenir sur le terrain n’est pas un but, mais une passe).

Si Cantona prend des allures d’icône (« I’m not a man, I’m Cantona« ), les autres acteurs sont d’un réalisme évident. Tous ces laissés-pour-compte  de la société sont incarnés au plus juste. Leur fanatisme sportif en devient même attendrissant, en tout cas on comprend à quel point le foot est important pour eux, qui leur permet de s’exprimer, de crier, d’être heureux ensemble.

Rien que pour le plaisir d’entendre Cantona parler anglais, il faut y aller. Et puis ne partez pas avant la fin du générique, vous rateriez la Cantona’s touch !

Looking for Eric de Ken Loach
Avec Steve Evets, Eric Cantona, Stephanie Bishop…
Sortie nationale : 27 mai 2009 – Durée : 2 heures

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