Je, François Villon de Jean Teulé

Je, François VillonSuite à ma lecture enthousiaste de Mangez-le si vous voulez de Jean Teulé, vous avec été nombreux à me suggérer la lecture de ce roman pour me rassasier d’histoires macabres. Et rassasiée je le suis, complètement repue même, car Jean Teulé se laisse encore aller à son goût prononcé pour le sordide qui me plaît tant. A partir d’une vie dont on ne sait finalement pas grand-chose, cet écrivain imaginatif nous offre un roman plein de sang, de mort et de souffrance, un miroir de l’époque. Que la vie de François Villon ait été aussi violente qu’il nous la raconte, on ne le saura probablement jamais, mais Jean Teulé s’empare de tous les faits avérés ou supposés de ce destin romanesque pour broder des anecdotes toujours plus noires, voire révoltantes. Il n’est en effet pas avéré que le poète ait appartenu à la bande des Coquillard, ces « pèlerins du Mal » qui ne connaissent que la souffrance et la mort. Au final, ce Villon est carrément antipathique, un salaud insouciant d’autrui qui n’a même pas pour excuse d’être inculte, malheureux ou fou. Il tue et vole par plaisir, abandonne la femme qu’il aime à un viol collectif, et conduit à la mort les quelques personnes qui lui veulent du bien.

A mille lieues de l’hagiographie, Jean Teulé brosse un portrait noir de l’époque et de son personnage. Plus noir peut-être que dans la réalité, mais les zones d’ombre de cette vie lui fournissent un matériau romanesque qui lui convient très bien, tant il peut à nouveau aiguiser son humour glauque qui est sa marque de fabrique, la raison pour laquelle on le lit. Certains passages révoltants voisinent avec des scènes de comique bien crade, en particulier en compagnie de prostituées.

J’imagine bien que certains lecteurs trouveront cet humour déplacé et certaines scènes insoutenables. Moi je trouve que Jean Teulé est un bon romancier, qui sait restituer l’atmosphère d’une époque, qui a travaillé son sujet et qui ne s’embarrasse pas d’empathie ou de bienséance.  J’ai été  prise dans ce roman fascinant  et violent.

Un téléfilm vient d’être tourné, adapté de ce roman : Je François Villon, assassin, voleur, poète de Serge Meynard : sera-t-il aussi radical que Jeau Teulé (je ne le saurai pas, je n’ai pas la télé…) ? Avec Francis Renaud, Philippe Nahon, Patrick Lizana, Sagamore Stévenin…

Jean Teulé sur Tête de lecture

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Je, François Villon

Jean Teulé
Julliard, 2006
ISBN : 2-260-01683-9 – 415 pages – 20 €

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