Dexter – Saison 1

Dexter-Season-1Ma plongée dans Six Feet Under a laissé des traces. Après Peter Krause et The Lost Room, c’est Michael C. Hall que j’ai eu envie de découvrir un peu plus tant il est éblouissant dans SFU.

Dexter Morgan est flic à Miami, expert en sang. Parce que Dexter a deux passions : le sang et la justice, il est flic le jour et justicier la nuit. En effet, il traque les meurtriers qui n’ont pas été punis et fait lui-même le sale boulot, pour son plus grand plaisir. Suréquipé, il saigne ses victimes, les découpe et classe leur cas dans ses archives. Ni vu ni connu, Dexter travaille très proprement. Mais la police de Miami va devoir enquêter sur un cas qui s’avère rapidement très étrange : un homme, the Ice Truck Killer, découpe des femmes en morceaux qu’il expose en des lieux publics. Bientôt, Dexter comprend que c’est à lui que s’adresse le meurtrier en lui laissant des indices dans son propre appartement et à travers ses mises en scène macabres sur des lieux que Dexter a connus dans son enfance. Une enfance bien particulière d’ailleurs, puisque Dexter est un enfant adopté par un flic de Miami qui a compris dès son adolescence la fascination de Dexter pour le sang. Il lui a appris à la canaliser, lui a inculqué un code « moral ». En l’adoptant, il lui a aussi donné une soeur, Debra, elle aussi flic dans la même brigade. Gaie, extravertie, un peu fofolle, Debra est tout l’inverse de Dexter qui n’extériorise jamais ses sentiments. D’ailleurs, c’est bien son problème : Dexter n’a pas de sentiments, il n’éprouve rien, ni pour sa soeur, ni pour sa petit amie Rita, qu’il a choisie parce que, femme battue par son mari désormais emprisonné, elle n’éprouve qu’aversion pour le sexe.

The Ice Truck Killer est le fil rouge de cette première saison, l’enquête qui court tout au long de ces treize épisodes, mais chacun développe parallèlement une enquête particulière. Peu à peu, Dexter comprend que le tueur en sait beaucoup sur lui, son passé, son enfance, beaucoup plus que lui-même. Mais il connaît aussi l’identité cachée de ce flic atypique. Dexter comprend que le tueur est comme lui, comme sa part sombre et que donc lui seul peut le démasquer.

Cette première saison se fait de plus en plus intéressante au fur et à mesure des épisodes. Au début, ça part comme des enquêtes, certes atypiques à cause de la double personnalité de Dexter, mais pas vraiment excitantes. Plus on avance et plus le personnage gagne en complexité, ou plutôt, plus le personnage, et donc le téléspectateur, en apprend sur son enfance, sur le drame qui a fait de lui un tueur sanguinaire. A partir de l’épisode 8, le téléspectateur apprend qui est the Ice Truck Killer (j’avais deviné, trop forte !) alors que Dexter reste lui ignorant. La tension monte alors rapidement car certains proches de Dexter vont se retrouver pris au piège du jeu qui oppose les deux tueurs.

L’ambiguïté de Dexter peut mettre mal à l’aise.  Mais je me débarrasse  bien vite de scrupules, ce n’est qu’une série télé. Ce qui m’intéresse  ici, c’est la personnalité du tueur et l’excellente mise en scène de son dévoilement : comment et pourquoi est-il devenu un tueur en série ? Autre bon point : Dexter gère très mal ses relations sociales, il est absent au monde quand il ne s’occupe pas de meurtres. La voix off traduit très bien son mal de vivre et le poids social qu’il doit supporter pour avoir l’air comme les autres. Ce qui est fort dans cette histoire, c’est que ce Dexter est un tueur en série, aucun doute, mais que pourtant, le téléspectateur tremble pour lui et croise les doigts pour qu’il ne se fasse pas prendre. Les serial killers qu’ils tuent sont toujours plus salauds que lui dont la face claire est si attendrissante avec tout le mal de vivre qu’il trimballe et le passé qui peu à peu se dévoile. Qui ne sentira pas son petit coeur frémir devant le bambin hurlant dans un bain de sang ?

J’ai donc entamé cette série uniquement sur le nom de Michael C. Hall, alors qu’en est-il ? Je l’ai trouvé convaincant, même si pas aussi parfait que dans Six Feet Under. Mais pas de doute, cet acteur est fait pour les personnages torturés de l’intérieur. Il sait, par une certaine froideur, leur donner charme et consistance.
Comme dans toutes les bonnes séries américaines, les personnages secondaires sont tous indispensables. Encore un black au charme fou (Eric King), légèrement agressif, qui m’a charmée. De même que le flic latino (David Zayas) qui ne se remet pas de sa procédure de divorce. Mais Debra Morgan (Jennifer Carpenter, madame Michael C. Hall à la ville) ne me plaît pas du tout. Elle est maigre, son corps bouge mal, elle n’a pas de présence ni de charme. Elle est vulgaire et je ne la trouve pas crédible en flic.

Cette série est une adaptation des romans de Jeff Lindsay que je ne connais pas.

Si la saison 2 de Dexter prend la poussière sur vos étagères, je suis preneuse !

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