6 heures plus tard de Donald Harstad

6 heures plus tard de Donald HarstadRevoilà déjà Donald Harstad sur ce blog ! En effet, après ma lecture enthousiaste de 5 octobre, 23h 33, il me fallait rapidement renouveler l’expérience et cette fois avec son dernier livre. Et il se passe à Londres cette fois, que du bonheur !

Voilà donc Carl Houseman, shérif adjoint du comté de Nation, Iowa, USA, délégué dans la capitale britannique où une colocataire de sa fille Jane a été enlevée. C’est dire si le quotidien de ce type bon pour la retraite va être chamboulé. Relativement bien accueilli par New Scotland Yard, il ne peut cependant pas participer officiellement à l’enquête. C’est donc par la tangente que les événements vont le rattraper et qu’il va devoir, bien malgré lui, courir vite, se battre et descendre dans les sous-sols de Londres au moment de la visite du président Bush.
Dans cette enquête, le lecteur en sait bien plus que Houseman et que les flics eux-mêmes. En effet, dès le début du roman, on sait qui a enlevé Emma Schiller : il s’agit d’un groupuscule de terroristes amateurs, le Mouvement réformiste londonien pour la libération de Khaled al-Fawwaz et Ibrahim Eidarous à la tête duquel se trouve un professeur d’université tout ce qu’il y a de plus britannique, à l’occasion amant de la disparue. Ce que ces fantoches ne savent pas, c’est que cet enlèvement n’est qu’une manoeuvre de diversion dans un attentat de bien plus grande envergure qui vise la famille royale.

En débutant le roman, je n’ai d’abord pas été emballée par ce contexte de jihad et de terrorisme, n’étant pas vraiment attirée par ce genre de sujet. Et une boulette sur les dates au début du roman m’a aussi agacée (c’est bien dommage de trouver des coquilles comme celle-là chez un tel éditeur…). Mais une fois encore, Carl Houseman a eu raison de mes premières réticences tant c’est un flic original par son côté attachant et débonnaire. De plus ici, l’humour fonctionne bien avec le côté pittoresque de l’Américain qui sort de son trou de deux mille habitants en comptant les chiens, et débarque à Londres. Évidemment, comme nous, la conduite à gauche lui donne des sueurs froides mais, fait notable, il apprécie la cuisine. Il écrit d’ailleurs à sa femme : « bonne nourriture et pas encore de pluie« , et vante même les mérites du café ! Pas de doute, il faut être Américain pour apprécier la gastronomie britannique à sa juste valeur ! Quelques scènes cocasses aussi, comme par exemple quand Houseman prend le métro pour la première fois et lit sur le visage de l’employé qui lui en explique le fonctionnement : « sois patient, c’est un Américain » ! Ce même Américain qui s’étonne du système de caméras de surveillance omniprésent dans la capitale britannique : « Si on essayait ça aux États-Unis, la ligue des droits de l’homme ferait des convulsions« …

Les lecteurs francophones peuvent donc désormais lire six enquêtes du shérif Houseman. L’éditeur semble avoir choisi de toujours mettre un chiffre dans le titre français, j’avoue que je ne sais pas pourquoi dans ce tome-là… Mais c’est en tout cas une très bonne idée de faire voyager ce héros si peu héroïque et de le confronter à des sujets aussi actuels. Son regard d’Américain réfléchi n’est pas innocent.

Donald Harstad sur Tête de lecture

 

6 heures plus tard

Donald Harstad traduit de l’anglais (américain) par Gilles Morris-Dumoulin
Le Cherche Midi, 2009
ISBN : 978-2-7491-1446 – 342 pages – 19 €

November Rain, parution aux Etats-Unis : 2009

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