Mary et Max d’Adam Elliot

Mary et Max d'Adam ElliotJ’ai enfin pu voir cette petite merveille grâce à une escapade parisienne. Parce qu’ici, dans ma pauvre province, ce n’est que films français psychologisants et block busters américains en v.f. Je ne sais même pas si ce film s’est donné quelque part en v.o. dans la région Centre…
Les thèmes sont simples, universels et traités sur un mode à la fois comique et tragique : la solitude, l’amitié, la marginalité…
Mary est une petite fille australienne. Elle n’est pas belle, pauvre et très solitaire. Elle tombe un jour sur l’annuaire de New york et choisit un nom au hasard, celui de Max Horovitz auquel elle décide d’écrire. Max reçoit sa lettre et c’est le début d’une grande amitié entre ces deux solitaires. Car Max est seul lui aussi, mais pour d’autres raisons. La quarantaine passé, il est obèse et quasi simple d’esprit, souffrant du syndrome d’Asperger qui lui rend pénible toute relation sociale. Il ne sait pas gérer ses émotions, encore moins les exprimer en public. Sa relation épistolaire avec Mary va bouleverser sa routine et provoquer des crises qui ne seront pas sans répercussions sur la petite fille, puis sur la femme qu’elle va devenir. Car cette amitié est faite de nombreuses incompréhensions.

De très belles scènes ponctuent ce film extrêmement touchant. Par exemple quand Mary envoie ses larmes à Max qui lui a avoué ne pas pouvoir pleurer. Beaucoup de scènes très drôles aussi (notamment autour du poisson rouge de Max). Le film mêle en permanence ces deux registres, ce qui permet au spectateur de prendre de la distance, en particulier avec le quotidien quasi sordide de la petite fille (elle est sans cesse moquée, sa mère est alcoolique et elle doit travailler). On trouve dans ce film une thématique très proche de celles des films de Tim Burton : un intérêt pour les petits gens, ceux d’en bas, les oubliés du monde, mes marginaux, les presque fous, traité avec un détachement humoristique salutaire.

Ces deux êtres fragiles sont bien loin des personnages à la Disney Pixar : ils sont aussi cabossés physiquement que psychologiquement et pourtant, le spectateur s’attache irrésistiblement à eux. Le ton  est enfantin, l’animation en pate à modeler aussi, mais les sujets traités sont graves. Ces tristes existences sont traversées par la grâce légère de l’animation qui permet de montrer le malheur sans apitoyer, bien au contraire, même si la fin est extrêmement triste. C’est au final un film triste et drôle, mélancolique, un peu dingue.

Peu de temps avant, j’ai vu sur le court métrage pour lequel Adam Elliot a décroché un Oscar en 2004. Il s’appelle « Harvie Krumpet ». Tout à fait le même univers de marginaux et de solitaires.

 

Mary et Max d’Adam Elliot
Avec les voix de : Toni Colette, Philip Seymour Hoffmann et Barry Humphries
Sortie nationale le 30 septembre 2009 – Durée : 1h 32

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