Shutter Island de Martin Scorsese

Shutter-Island-de-Martin-Scorsese-224x300Après des mois d’attente, de crainte et d’espoir, malgré Scorsese aux commandes, voici enfin l’adaptation du roman de Dennis Lehane. Un immense roman à mes yeux, un de ceux que j’ai lus plusieurs fois, avec toujours autant d’admiration pour la maîtrise narrative. Autant dire qu’au niveau du scénario, c’était du tout cuit, il n’y avait qu’à suivre le maître.

J’ai du mal à parler de ce film comme d’un film. J’ai lu ici et là que Martin Scorsese signait un film sur l’aliénation. Mais non : il adapte un livre de Lehane sur l’aliénation. Ce vertigineux jeu sur la folie, c’est à l’écrivain qu’on le doit, on peut juste constater que Scorsese l’a brillamment adapté, laissant de côté quelques scènes, comme une tentative de prendre le ferry pour fuir l’île si mes souvenirs sont bons, et, m’a-t-il semblé, un accent très net porté sur le traumatisme de la Seconde Guerre mondiale.

C’est d’ailleurs à travers les souvenirs de guerre du G.I.’s Daniels que Scorsese nous offre les plus belles images du film, esthétiquement parlant. Elles sont pourtant paradoxalement horribles, filmant les morts des camps entassés ou vomis des wagons, avec en particulier l’image lancinante d’une petite fille morte enlaçant le cadavre de sa mère. La scène de l’officier allemand suicidé, toute aussi rémanente, porte en elle la même violente beauté de la mort et du choc émotionnel qui blesse pour toujours le jeune soldat.

Côté scénario, la grande question était : Scorsese va-t-il prendre parti, va-t-il faire de Teddy Daniels un fou ou un homme manipulé. Si la toute dernière scène fait pencher la balance du côté de l’indécision, ….

Attention spoilers

Si la toute dernière scène fait pencher la balance du côté de l’indécision, mettre en scène la mort des enfants et le meurtre de sa femme entraine définitivement le spectateur du côté de la folie. Si Teddy Daniels revoit cette scène, c’est qu’il l’a vécue et qu’il est donc effectivement fou. Sauf à penser qu’il a tellement pris de médocs qu’il est prêt à halluciner sur commande…

J’ai toujours été partisan de la thèse de la manipulation. Et donc oui, on se livre sur Shutter Island à des expériences humaines, oui Teddy Daniels a été drogué, il n’est pas fou et sa femme est morte dans un incendie, il n’a jamais eu d’enfants…etc. Ce qui fait de lui un vrai héros, une victime. La seule chose qui ne colle pas (sinon, j’ai réponse à tout, vous pouvez y aller !), c’est que dans ce cas, le pyromane qu’il traque à Shutter Island, Andrew Laeddis, porte un nom qui est l’exacte anagramme du sien (Edward Daniels), et sa femme porte elle un nom qui est l’exacte anagramme de celui de la femme qui a disparu de l’hôpital psychiatrique et qu’en tant que marshal il est chargé de retrouver… ça fait énorme comme hasard…
Il faut bien avouer que la thèse de la folie est très séduisante elle aussi et que l’idée d’un immense jeu de rôle dans lequel tout le personnel est impliqué est vraiment gonflée. Elle fait de ce médecin chauve  (Ben Kingsley) un héros de la psychiatrie moderne, un type qui se bat pour qu’on arrête de charcuter les cinglés, pour qu’on les écoute et qu’on les traite dignement. Séduisant aussi, très séduisant…

Fin des spoilersdi caprio

Les gens étaient très indécis à la sortie de la séance, certains reprochant même au réalisateur de ne pas donner de réponse claire. Eh oui, bien sûr, nous n’avons pas affaire à un polar confortable où le méchant est puni à la fin et le mystère éclairci. Ici tout reste opaque et c’est un tour de force à saluer qu’un roman qui maîtrise du début à la fin deux interprétations possibles d’une histoire.

Alors que je craignais le pire (sans jamais avoir vu un de ses films…), j’ai beaucoup apprécié l’interprétation de Leonardo DiCaprio qui a exactement l’âge du rôle et a définitivement abandonné tout angélisme. Il est toujours présent à l’écran, tout à fait crédible. Tellement concerné par le rôle qu’on se demande finalement qui aurait pu faire mieux…

Comme le livre, le film ne plaira qu’à ceux qui ont envie de se creuser les méninges, de comprendre comment une telle histoire et son contraire peuvent tenir debout, à ceux qui aiment les histoires de fous et les ambiances oppressantes. C’est très bien fait, une belle adaptation, mais n’oubliez pas : lisez Shutter Island.

Le site du film

Shutter Island de Martin Scorsese
Avec Leonardo DiCaprio (Teddy Daniels), Mark Ruffalo (Chuck Aule), Ben Kingsley (le docteur Cawley), Michelle Williams (Dolores)…
Sortie nationale : 24 février 2010 – durée : 2h 17

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118 commentaires sur “Shutter Island de Martin Scorsese

  1. C’est marrant ces commentaires à la sortie de la séance. Parce que pour moi, le film donne une réponse claire et ne ménage justement pas les ambiguïtés comme le livre. Ce qui rejoint mon principal reproche fait à Scorcese : il pratique du début à la fin un surlignage qui m’a beaucoup irrité, loin de la finesse, de la subtilité de Lehane… ou de la finesse et de la subtilité à laquelle Scorcese lui-même est habitué (car quand même, pour du Scorcese, soit donc le plus grand cinéaste vivant, c’est quand même assez mineur). Je me suis même demandé si le spectateur n’ayant pas lu le livre ne pouvait pas deviner assez facilement la fin, beaucoup moins finement amenée (enfin il me semble) que dans le roman où on est tellement embarqué, on y croit tellement… que la fin est un coup de massue (je n’ai vu personne tressaillir de surprise dans la salle ^^). Surlignage, surlignage. A l’image de la musique martiale et omniprésente. Ou les séquences oniriques, je n’ai pas pu m’empêcher de les trouver lourdingues et d’imaginer ce qu’un Lynch aurait fait des mêmes idées. Là on aurait eu du malaise, de la fantaisie dans la noirceur…

    Bon, je dis ça, mais ce n’est pas non plus un mauvais film. C’est bien joué, bien écrit, bien filmé… Juste : il m’a laissé un goût assez étrange. Comme un manque d’épaisseur alors que tout (scénario, talent des comédiens, un véritable génie du cinéma aux commandes…) concordait à ce que le résultat soit vertigineux.

    • Lors des toutes premières minutes du film, j’ai vraiment eu peur à cause de cette musique effrayante… surlignage oui vraiment, parce que c’était comme si on montrait du doigt quelque chose que le film tout seul ne pouvait pas montrer. Et puis j’ai été emporté par les acteurs, et j’essayais de repérer chaque détail (ah, Chuck qui a du mal à sortir son arme !). je n’ai pas particulièrement aimé les scènes de souvenir, sauf la guerre, (celle des cendres ne me plait pas du tout) et je n’ai pas trouvé le jeu de Michelle Williams particulièrement transcendant (comme je l’ai lu ici et là). Et bien sûr, ma grande déception va à la scène qui explique tout et donne un sens à ce que Lehane s’est appliqué avec brio à brouiller.

    • Peut-être que le « surlignage » dont tu parles tiens surtout au fait que Scorcese choisit de faire un film très années 50… en tout c’est l’effet que cela m’a fait. Et du coup, le résultat n’est pas très subtil en effet. N’ayant pas lu le livre, j’ai été très surprise à la fin, même si certaines scènes (dont celle de la grotte) m’avaient mis à la puce à l’oreille. Ce n’est pas son meilleur film, mais c’est quand même du bon je trouve.

  2. Il faut vraiment que je le voie, ce film… ATTENTION, SPOILERS!!!
    En fait dès, l’intro, je me doutais qu’il y avait un truc, à cause d’une petite omission de rien du tout… je trouvais l’idée de la folie assez grosse mais qui collait, quand même, à l’exception d’un truc… mais faudrait que je relise le roman pour ça. Et je trouvais également trop grosse aussi la coïncidence pour croire vraiment à la manipulation et c’est ce qui a fait l’intérêt du roman, pour moi. L’ambiguïté, que j’ai réalisée en relisant des bouts, tellement j’étais certaine de mon coup pour l’autre thèse dès le départ. Je me demande vraiment si le film va réussir à recréer tout ça… mais ton avis me donne vraiment le goût de tenter le coup… en DVD parce que pas question que je voie ce truc traduit!!!

    • Il est certain que c’est un livre à lire plusieurs fois, pour mettre en lumière toute les questions de la lecture précédente, c’est magistral ! C’est triste que tu ne puisses pas voir les films en v.o., je dirais même que c’est de la tyrannie à ce niveau-là… En tout cas tu es prévenue : Scorsese nous livre son interprétation du livre, à laquelle ma foi on n’est pas obligés d’adhérer.

  3. Alors là c’est étrange parce que je n’ai pas du tout la même interprétation, pour moi Scorsese a tranché à la fin et Léo est bien fou. J’aurais préféré justement qu’il ne tranche pas (mais finalement chacun voit ce qu’il veut lol) ou alors j’aurais opté pour la théorie du complot. Ce que je reproche à l’histoire c’est de sortir des sentiers battus, de trop en sortir, je voulais voir un polar de Lehane et je me suis sentie spoliée, même si le film est bon.

    • J’ai du mal m’exprimer encore une fois… oui Scorsese tranche en faveur de la folie et c’est bien ce que je lui reproche…

  4. emmyne

    Alors, si l’on colle à la thèse de la manipulation, comment expliques-tu le personnage de Chuck, manipulé ou manipulateur, voir les deux…?

    • Manipulation donc Daniels pas fou et Chuck manipulateur (je mets à plat pour qu’on soit bien d’accord) : il prend la place d’un collègue, ou passe pour un collègue, c’est lui qui lui fait prendre des médocs, fumer des trucs, qui lui dit qu’il se sent mal, qu’il ne va pas bien, et qu’il aurait bien besoin d’un médecin… pour le rendre fou… évidemment, il ne sait pas tenir une arme puisqu’il est médecin… et à la fin il se dévoile.
      J’ai beaucoup plus de mal avec Rachel Solando en fait (la patiente ET la psychiatre) parce que s’il n’est pas fou, la psy existe bien mais la patiente qui porte l’anagramme du nom de sa femme, c’est plus compliqué…

      • La femme qu’il a rencontrée en tant que  » Rachel » s’appelle en fait Emily, et c’est la femme du docteur Sheehan ( qui s’est fait passer pour Chuck).
        Elle est infirmière ou psychiatre. Elle aussi a joué la comédie,a feint d’être cette patiente psychopathe que Teddy ( Andrew) a inventé.

        Le nom que Teddy ( Andrew) lui a donné est l’anagramme du nom de sa propre femme ( Dolorès Laedis) et ce prénom de Rachel est aussi celui de sa fillette que Teddy ( Andrew) a perdue parce que Dolorès l’a tuée dans un accès de folie. Dans le film, on voit souvent cette fillette dire à Teddy ( Andrew) pourquoi ne m’as-tu pas sauvée? C’est lui qui
        hallucine ces scènes…

        Si Teddy est fou, plusieurs membre du personnel hospitalier ont joué son jeu ( Sheehan et Emily en tout cas) et ils l’ont si bien joué qu’ils ont aggravé son état.

        S’il n’est pas fou… eh bien, maintenant que j’ai vu le film, je ne pourrais plus argumenter en faveur de cette hypothèse.

        C’est Lehane qui nous a manipulé, et Scorsese remets les choses dans l’ordre, en toute honnêteté!

        • oui, j’avais bien saisi quels personnages jouaient la comédie en cas de folie de Teddy, ce qui me gène c’est s’il ne l’est pas, car dans ce cas, il est bien marshal et il est envoyé sur l’île (par ses supérieurs je suppose) pour rechercher une femme disparue qui s’appelle Rachel Solando, c’est-à-dire qu’elle porte l’anagramme du nom de sa femme et qu’il connait avant d’arriver sur l’île ; de même s’il n’est pas fou, il cherche sur l’île un type qui porte l’anagramme de son nom. Ça fait beaucoup de coïncidences…
          Et je ne suis pas d’accord avec toi, la démarche de Scorsese (remettre les choses dans l’ordre comme tu dis), ne me semble pas honnête, elle donne à voir une interprétation, ce qui est nettement moins riche.

    • karine

      ce qui est étrange aussi c’est que à un moment …bien avant qu’on lui fasse comprendre qu’il est aliéné il voit sa femme à plusieurs reprises et elle dégouline d’eau….étrange pour une femme qui a péri dans les flammes…de plus dans une scène elle arbore cette blessure par balle avant de s’évanouir en cendre est très révélatrice…..

  5. Je n’ai pas lu le roman, en revanche la BD oui. Je connais donc la fin. J’étais partie pour ne pas voir le film et depuis sa sortie je lis d’assez bonnes critiques ici ou là. Je pense que je vais me laisser tenter… Et ce, même si je connais déjà la fin.

    • Je n’ai rien lu avant de voir le film, je ne voulais surtout pas savoir si Scorsese prenait parti. Je te conseille de le voir, c’est un bon film malgré les réserves.

  6. Un film que j’ai bien apprécié également. Par contre les souvenirs de guerre m’ont un peu dérangée mais je suppose que c’est normal, qui ne serait pas gêné par de telles images? La fin est beaucoup moins ambigue que le livre mais j’aime bien. Par contre dans la globalité, j’ai totalement retrouvé l’atmosphère du livre.

    • La tension est tout de suite palpable (même sans la musique tonitruante, ça aurait été possible), et tout va crescendo, ce qui est prenant pour le spectateur. Je ne sais pas si l’atmosphère du livre y est, elle est plus subtile je pense, mais si on le voit en tant qu’adaptation, le doute et l’inquiétude sont les compagnons constants du spectateur.

  7. J’ai lu le livre mais pas encore vu le film.
    D’ailleurs, en passant, je ne vois pas trop où est l’ambiguïté dans le livre: pour moi, Teddy est fou, il rêve plusieurs fois de ses enfants avant même la discussion finale, et son souvenir de sa dernière discussion avec sa compagne montre que c’est une femme très dérangée. Ces souvenirs (qui reviennent dès le début du bouquin) sont incompréhensibles si Teddy n’est pas Laedys.
    Mais … cela n’empêche pas de dire que ce qui se fait sur cette île, bien que légal, est atroce : Teddy/Laedys va se faire lobotomiser si il reste dans son délire. Rien que ça montre l’inhumanité de ses gardiens.

    En ce qui concerne di Caprio : va voir ses autres films, c’est un excellent acteur, peut-être le meilleur de sa génération ! Il faut oublier l’image du beau gosse, pour découvrir un type vraiment très très doué.

    • eh eh, j’aime beaucoup ta phrase : « D’ailleurs, en passant, je ne vois pas trop où est l’ambiguïté dans le livre: pour moi, Teddy est fou ». Ben oui, chacun est certain de son interprétation… avec mon mari, nous sommes irréconciliables sur le sujet, chacun étant sûr d’avoir raison, et c’est bien ça qui est très fort.
      Et je tâcherai de me rattraper sur DiCaprio !

  8. valérie

    Zut, j’ai lu un commentaire que je n’aurais pas du lire, moi qui ne conais pas encore l’histoire. J’ai hâte de voir ce film, peut-être demain. Et contrairement à toi, je n’ai aucun doute, Di Caprio sra parfait, comme toujours.

    • Ah la la, curieuse 🙂 Avant de voir le film, je me suis interdit de lire tout billet dessus !

  9. Pas vu le film (me suis déjà fait tirer l’oreille pour lire le livre) mais, pour le livre, je penche pour la thèse de la folie. moi qui n’aime pas les fins ouvertes (et indécises) je n’ai pas eu l’impression que la fin de Shutter island était vraiment ouverte. pendant la lecture j’ai oscillé d’une théorie à l’autre (manipulation, folie) mais celle de la folie me parait plus cohérente à cause des détails que tu mentionnes. pour le film j’ai un peu peur des images justement. le livre était déjà assez dur et je ne pense pas supporter la mise en image sans faire des cauchemars 😉 En tout cas tu fais bien de recentrer de ce qui est de Martin Scorsese et de Denis Lehane 🙂
    DiCaprio bonifie avec le temps (depuis gangs of new york il incarne des personnages beaucoup plus consistants).

    • Les images vraiment difficiles sont celles des patients enfermés à plusieurs dans des cellules et bien sûr, celles des camps de la mort, mais ils sont filmés de façon tellement esthétisante que les images et les couleurs sont belles alors que ce qu’elles montrent sont atroces.

  10. tout à fait d’accord, c’est l’adaptation qui est excellente… ensuite, on adhère ou pas à ce surlignage comme le dit Thomas, qui m’aurait peut-être dérangée sur un autre film, qui sait… Pour moi c’est un parti pris grossissant, mais bien fait. En revanche, pas d’accord avec toi sur l’interprétation de Michelle Williams (mais que je l’ai aimée, je l’ai dit quinze fois ;;))
    Et tout ça m’a amenée à commander le livre, que j’avais emprunté l’an dernier. Pour l’avoir et le relire.

    • Ah oui, ça donne envie de le relire ce livre, il est presque envoutant, j’ai l’impression à chaque lecture d’y découvrir quelque chose.

      • Delphine

        Juste pour dire, j’ai vu le film et j’ai tout simplement « adoré » cette ambiguïté à la fin, même si je penche pour la « folie ». Mais je vais surtout acheter le livre vous m’avez donné trop envie de le lire, j’adore cet univers un peu noir, oppressant… Merci pour tous ces commentaires.

        • Je suis tout à fait ravie de constater que même en ayant vu le film, les spectateurs ont envie de lire le livre. Et ils ne seront pas déçus.

  11. Je n’y vois pas vraiment d’ambiguïté non plus, pour moi il est clairement fou, et tout est encore à refaire puisqu’il oublie toujours tout, il est dans le déni complet. En tout cas, j’ai trouvé le livre encore plus époustouflant !

    • Je sens bien que les partisans de la manipulation sont de moins en moins nombreux… surtout après le film. Tout reste pourtant possible à mes yeux..

  12. Comme pour d’autres, la fin du livre m’a semblé claire et Teddy est fou. Le détail qui fait que je ne reste pas dans le doute, c’est le nom de celui qu’il est censé rechercher. L’anagramme du nom de sa femme et de Rachel Solando, à la limite pourquoi pas, s’il est manipulé on peut facilement donner n’importe quel nom à n’importe qui… Mais pour Laeddys, c’est un nom que Teddy lui-même connaît et tient pour sûr, donc…

    • oui, c’est le détail qui me trouble le plus… il doit pourtant bien y avoir une solution en faveur de la manipulation malgré cette anagramme puisque tout le reste peut se lire dans les deux sens… je n’ai pas fini de chercher…

  13. maeve

    J’ai été littéralement fascinée par le film ! Si on aime ce qui « dérange », oui, on est servi. Sinon, mieux vaut passer son chemin 🙂
    Mais je n’ai pas lu le livre.

    • Tu ne pourras alors n’être que conquise car le livre est beaucoup plus subtil, il n’offre pas de thèse claire en faveur de la folie, tout est beaucoup moins tranché.

  14. Je suis étonnée de découvrir que l’interprétation donnée au livre puisse varier : pour moi, ça ne faisait pas un pli (= je partage complètement l’avis de ton mari).
    Je crois que je vais faire comme Amanda et acheter le roman, lu il y a quelques années en bibliothèque, pour le relire un de ces jours (mais je suis certaine malgré tout de ne pas changer d’avis : pour moi, c’était très clair !).

    • Pourquoi ne pourrait-il pas être manipulé ? On lui colle un faux collègue, qui le drogue et lui fait croire qu’il perd la tête, il interroge des patients dans le cadre de son enquête dont une lui dit de fuir, il rencontre une psy en cavale qui lui explique qu’il est l’objet de manipulations et qu’on se livre à Shutter Island aux horreur qu’il envisage et c’est pour ça qu’on le manipule, pour qu’il ne dévoile pas le pot aux roses. Sa femme est morte brûlée, il n’a jamais eu d’enfants, il cherche un pyromane qui a été interné sur l’île et il veut lui faire la peau. Ce qu’il voit, c’est Scorsese qui choisit de nous le montrer parce qu’il penche pour la folie. Le seul problème qui ne colle pas, c’est l’histoire des anagrammes…

  15. Toujours peur d’être déçu..

    • Par Scorsese ? Tu ne risques pas grand-chose quand même…

  16. J’ai bien sur adoré le film, même si je ne verrais pas des films de ce genre tous les jours car c’est tout de même glauque. En attendant, je t’invite à venir sur mon blog aujourd’hui, il y a une « surprise » !

  17. Pas encore vu le film car pas encore lu le livre et je préfère lire avant de voir ;-)) mais j’ai hâte déjà de faire la lecture.

    • Je ne peux que t’encourager à d’abord lire le livre.

  18. J’hésite entre voir le film d’abord et lire le roman ensuite ou le contraire. J’ai vu la bande-annonce au ciné et je dois avouer que (pour une fois) j’ai envie de voir le film avant avec des yeux neufs, sans connaître l’histoire mais en même temps j’hésite parce qu’à ce moment là, c’est le roman que je vais lire en sachant déjà le dénouement. Dilemme…

    • Voir ma réponse ci dessous : si tu veux bénéficier du meilleur d’abord, lis le livre, tu pourras mieux apprécier les choix de Scorsese et être d’accord, ou pas…

  19. Pour moi, Scorcese ne tranche à la fin qu’en apparence : il nous montre que le personnage est fou… Pourtant, les derniers mots de Di Caprio sont très ambigus, et cette image finale sur le phare permet de se demander s’il n’y a pas réellement des expériences sur l’île et une manipulation du flic (qui peut quand même avoir tué sa femme).

    • Ah merci, j’avais l’impression d’être la seule borgne au royaume des aveugles 🙂

  20. Je partage totalement ton analyse au début du billet : quelques scènes coupées (dont celle de la tentative de fuite en ferry), un poids plus important accordé au traumatisme lié à la guerre (peut-être est-il un peu noyé dans la densité du roman).
    Pour le reste, je n’ai jamais eu de doute quant à la fin de l’histoire de Lehane/ Celui qui est manipulé, dans cette histoire, c’est le lecteur, qui prend pour véridique une situation qui est démentie point par point à la fin. C’est vrai que Scorsese appuie volontairement sur certains passages (ses visions, des détails dans les regards, notamment de Chuck), mais j’ai trouvé l’ensemble très réussi. Une bien belle adaptation !

    • En tout cas, ça n’est pas clair pour tout le monde. Voici un petit florilège des recherches Google qui ont amené les internautes sur mon blog hier et aujourd’hui : « dans shutter island leonardo est-il fou ; shutter island interprétations ; teddy daniels fou ou pas? »
      Pour moi, Lehane ne dément rien du tout point par point, tous les événements peuvent s’interpréter de deux façons différentes, sauf ces fichues anagrammes… mais s’il y a une solution, je la trouverai, je n’ai pas fini de cogiter !

  21. N’ayant pas lu le livre, je suis allée voir ce film très confiante! Et j’ai vraiment apprécié. Le spectateur est mal à l’aise pendant tout le film mais j’ai trouvé que la fin était sans équivoque (ce qui ne semble pas être le cas dans le livre). En tout cas, ce fut un très bon moment de cinéma!

    • Ravie que tu aies apprécié. Moi j’ai beaucoup aimé l’interprétation de DiCaprio et je suis contente de revoir mon jugement, totalement à l’emporte-pièce.

  22. Je survole très vite ton article. J’ai été époustouflé par le livre, c’est…monumental, on ne sait même plus comment on s’appelle à la fin, une vraie claque. Alors forcément, le film était pour moi un vrai sujet d’inquiétude. Je suis contente de voir qu’un Shutter addict l’a aimé. Maintenant, j’irai le voir!

    • Tu as raison, j’ai fait comme toi, il vaut mieux ne rien lire avant. Reviens-nous donner ton avis !

  23. Je n’ai pas lu le livre. J’ai vu le film aujourd’hui que j’ai trouvé époustouflant. Je suis surprise de voir tant de commentaires sûrs de la folie. Je trouve que la dernière réplique du film ouvre des perspectives qui pourraient continuer à nous captiver encore un bon moment et la folie n’est pas la seule voie. Pour l’anagramme, je ne vois qu’une solution, contacter Lehanne ! Je ne suis pas fan de Di Caprio, mais là je l’ai trouvé excellent et bien sûr j’ai maintenant envie de lire le roman.

    • Ah, une deuxième sceptique ! Scorsese laisse une toute petite porte ouverte pour la manipulation à la fin, mais Lehane la laisse béante et je suis comme toi, surprise que tant de lecteurs penchent du côté de la folie.

  24. J’ai vu ce film que j’ai beaucoup aimé. Je pensais que du coup je ne prendrai pas trop de plaisir à lire le livre vu que je connaissais l’histoire, mais finalement ton avis laisse entendre que le roman est sensiblement différent, alors je m’y plongerai peut être !!

    • Je pense que tu y prendras plaisir aussi car c’est un livre parfait ! Et bien plus subtil que le film.

  25. Hathaway

    J’ai aimé le film et j’ai adoré Di Caprio, ce genre de rôle lui va tellement mieux !! J’ai pour ma part un ressenti différent vis à vis de la fin (enfin l’histoire entière) du livre et du film parce qu’à mes yeux, Teddy est réellement fou et tout le désespoir de cette oeuvre est que la folie humaine ne peut être sauvée…

    • La version « il est fou » est absolument triste, ce type va se faire charcuté parce qu’il est passé à côté de son dernier espoir de guérison… s’il n’est pas fou, il finit aussi mal, mais c’est moins tragique…

  26. Eligriv

    J’ai vu le film et j’ai épluché tous les éléments que j’ai trouvé. Je pense aussi que tout s’explique dans les deux sens, exepté l’anagramme de andrew. Je me demandais si andrew n’avait pas un autre nom, un pseudo ou quoi. Je pensais avoir entendu dans le film quelque chose comme Samy, mais je m’en rappelle plus ! Il faut que je retourne le voir, mais j’aimerai savoir si quelqu’un se rappelle de quelque chose comme ça ou si je deviens fou aussi :D.

    • Je ne crois pas qu’Andrew ait d’autre nom, c’est rageant… Teddy s’appelle en réalité Edward, donc ça colle avec l’anagramme… si vous trouvez LA solution, je suis preneuse !!

  27. Marie L.

    Pas encore vu le film donc je ne lis pas trop ton billet… Désolée.

    • Reviens après surtout me dire ce que tu en as pensé !

  28. Pas encore vu le film mais moi je ne retiens qu’une chose :
    « lisez Shutter Island » 😀

    • C’est mon cri de guerre !

  29. Bonjour Ys, si le film avait duré 1h50 (au lieu de 2H15) avec les flash back en moins, le film aurait été un chef d’oeuvre. Ce n’est pas le cas. En revanche, je viens d’acheter la BD adapté du roman, cela n’a pas l’air mal. Bonne après-midi.

    • Je ne se suis pas ennuyée une minute pendant le film tant j’étais attentive à tous les détails (qui n’y sont pas d’ailleurs, Scorsese a écourté). J’ai trouvé la BD très bien.

  30. Et bien et bien c’est à nous rendre fous tout ça !
    Bon en fait j’ai vu le film et pas lu le livre !
    Le film est bon du grand cinéma et ça m’a perturbé moi de croire en cette folie oui on avait bien envie de croire en ce complot et d’ailleurs j’ai du en reparler avec mon mari pour lui demander comment lui interprétait cette fin …
    Le film m’a donné envie de lire le livre et ce n’est pas si souvent que c’est dans ce sens (du moins pour moi)
    Pourquoi et bien pour voir comment est traitée l’histoire et comment l’auteur ballade son lecteur dans les méandres de cette histoire de … fous
    En tout cas chapeau bas à Di Caprio vraiment il incarne à la perfection ce personnage !

    • Il est des livres comme ça qui se lisent et se relisent pour comprendre justement comment l’auteur a fait pour nous emberlificoter à ce point. Il y en a d’autres comme ça, La méprise de Nabokov, Le meurtre de Roger Ackroyd d’Agatha Christie me viennent tout de suite à l’esprit…

  31. Je n’ai pas vu le film, et cela ne risque pas de changer: j’ai été incroyablement ennuyé par le roman. Quelle déception que cette lecture!

    • Tiens, un extra terrestre 🙂

  32. C’est vrai que les humains sont majoritaires sur notre planète mais il y a également quelques ET qui se cachent lol.

  33. Comme de toutes façons en ce moment je n’ai pas le temps d’aller au ciné, je commencerai forcément par le livre ! 😉

  34. Pierre

    Pour ma part, je trouve que Scorsese est bcp moins tranchant qu’on ne le croît sur une des 2 possibilités qu’offre cette histoire. Perso, en sortant de la salle, je ne savais tjrs pas la « solution ». Je pense que l’histoire des enfants noyés par leur mère affecte tellement le spectateur qu’on est prêt à gober voir préférer cette version et à ne plus faire attention aux dernières images/paroles du film. La force de cette histoire c’est que peu importe l’option choisie, chaque parti aura son lot de preuves pour étayer et démonter une version!!!

    Après 1/4h de film, j’avais compris qu’on aboutirait au fait que l’acteur principale de l’histoire est fou. Donc, je n’ai vraiment eu AUCUNE surprise sur les explications dans le phare. Ce qui m’a agréablement surpris, c’est que 5 min plus tard je ne connaissais tt simplement pas la fin « réelle » de l’intrigue. Ca ne devenait plus simplement une histoire de complot originale mais du 2ième degré bien poussé!!!

    Vous l’aurez peut-être compris, je penche pour la thèse du complot mais j’admets que tous mes arguments peuvent être contrebalancés en faveur de l’autre thèse. Il dit à Chuck qu’il était marié mais que sa femme est morte qu’après avoir fumé une cigarette présentée par Chuck. Vu qu’il est malade, on peut même imaginer qu’il a été drogué plus tôt encore qu’avec la cigarette. Pq insiste-t-on uniquement sur la perte de sa femme et de sa fille alors qu’il a perdu 2 garçons aussi? Même à la fin qd il se voit sortir les corps des enfants de l’eau, il se jette sur sa fille comme si il n’avait perdu qu’un seul enfant (et qu’on vienne pas me dire que c’est pcq un père est plus proche de sa fille que de ses gamins) Pcq l’histoire qu’on lui fait gober se réfère à son traumatisme de la guerre, voir la petite fille dans les bras de sa mère, 2 corps qui sont gelés et qu’il aurait certainement pu sauver en libérant le camp plus tôt. La psychiatre dans la grotte donne me semble-t-il toutes les clés de l’énigme…

    LA LOI DES 4 est donc facilement explicable : Teddy vient pour la disparition de la patiente Rachel. Il leur suffit de trouver un anagramme qui donnera un prénom féminin et de faire croire à Teddy qu’il est marié à cette femme…Pour Andrew Laeddis, c’est pareil. Invention à partir du nom du marshall pour pouvoir étayer qu’il est fou!!! A moins que je ne me trompe, le visage des personnages factices tel que Chuck et la patiente disparue sont en fait le psychiatre et la femme de ce dernier mais qd est-il d’Andrew Laeddis??? et de Rachel dans sa grotte? Je ne vois aucune correspondance de ces personnages qlqe part? Si il avait été fou et qu’en fait le visage d’Andrew Laeddis n’est autre que celui d’un patient d’une cellule proche de la sienne, et pareil pour Rachel mais on ne les voit nulle part d’autre, une fois son esprit à la normale!!!

    • Le problème c’est que Teddy connaît le nom de Laeddis et de Rachel avant d’arriver sur l’île (j’ai vérifié dans le livre) et donc avant d’être manipulé. Il sait qu’il vient sur l’île chercher un Rachel Solando, donc une femme qui porte l’anagramme du nom de la sienne (qui est morte brulée).
      Qu’est-ce qu’on cogite avec ce bouquin… je crois que je n’ai jamais lu un livre ayant suscité autant d’interrogations et créé des partisans aussi radicaux d’une thèse ou de l’autre.

  35. Pour ma part j’ai toujours été partisane de la thèse de la folie de Teddy, qui me paraissait assez claire dans le roman de Lehane et d’autant plsu dans le film de Scorses… Quoiqu’il en soit, c’est ce qui est fantastique avec ce scénario virtuose : le doute est et sera toujours présent !

    • Je crois que je douterai toujours sur l’interprétation de ce livre…

  36. J’ai adoré et pourtant quand je suis allée le voir j’avais une de ces migraine!!
    Vraiment un bon film, de bons acteurs, bref, un très bon film.
    Par contre on ne peut le voir qu’une seule fois!

    • J’ai lu le livre plusieurs fois, je pense que le film peut aussi supporter plusieurs visions, mais c’est moins évident puisque le spectateur en ressort avec une vision assez clair de ce qui s’est passé.

  37. Nephtys

    Pour ma part j’ai seulement vu le film (en vostf, j’espère que des choses importantes ne m’ont pas échappé), après avoir entendu une bonne critique. Cependant cet article et ces commentaires me donnent vraiment envie de lire le livre.
    Tout le monde a l’air de penser que l’interprétation de Scorsese suggère très largement la folie de Tedd, avis que je ne partage pas. Je trouve au contraire qu’il laisse planer un énorme doute, et qu’aucune des deux possibilités n’a plus lieu d’être meilleure que l’autre. Cette double lecture fait justement tout l’intérêt du scénario, je trouve. Il est dommage d’être arrêté sur l’une ou l’autre des solutions sans même avouer que l’autre est tout autant plausible. S’il est fou on a une vision pathétique du personnage, et on se dit qu’il a raté sa dernière chance. S’il ne l’est pas réellement alors c’est un héros, mais la violence du plus fort l’a emporté sur cet être en quête de justice (comme l’a suggéré le directeur je crois, dans la voiture).
    Évidemment, je trouve la thèse de la manipulation beaucoup plus séduisante que celle de la folie. Dans le second cas (la folie), un hôpital soignant des fous dangereux est prêt à mettre en œuvre un jeu de rôle grandeur nature, et ce à plusieurs reprises, pour rendre l’esprit de manière étrange (et vaine) à un seul « patient », afin de lui éviter la lobotomie. Ce qui en soit représente beaucoup de sacrifices pour un seul homme. Je ne sais pas si c’était courant, dans les années 50, de procurer autant de soins aux fous. Peut-être que ça en aurait valut le coup si cette nouvelle technique psychiatrique s’était avérée efficace, peu coûteuse et facile à mettre en œuvre pour de nombreux patients. Tedd aurait inventé toute cette histoire étrange de tempête, d’enquête, et deviendrait de temps en temps amnésique, aurait des crises semblables à celles que l’on peu avoir sous l’effet de drogues, des hallucinations, des rêves étranges. Cette théorie est plutôt troublante, mais ça colle à peu près. L’ennuie c’est que ce serait presque trop facile et gentil.
    La seconde, plus intéressante à mon avis, consiste à penser que dans les années 50, un hôpital psychiatrique américain, plutôt isolé, mène des expériences douteuse, charcute les cerveaux de certains patients (des cobayes humains, faibles), afin de faire progresser la médecine. Dans ces années là, ça c’est fait même aux USA, il n’y a pas que les nazis, ni les japonnais sur les chinois qui on mené ce genre d’expérience, et peut-être cela se fait-il encore. Imaginez si cela devait être découvert ? Jusqu’où pourrait aller un hôpital comme celui-çi pour garder ses secrets ? Jusqu’à la manipulation extrême d’un personnage important un peu trop curieux, très probablement. On ne peut pas faire disparaître un marshal si facilement, sans que ça ne se remarque, alors pourquoi ne pas le droguer, le déclarer fou, et le persuader qu’il l’est ? Je ne sais pas si quelqu’un a lu 1984. Je l’ai lu, et certains rapprochements me poussent à préférer la thèse de la manipulation. En gros, tout est sous contrôle du gouvernement, des gens en qui on a confiance se révèlent être des acteurs à son service. Le héros est seul, on sait tout de lui. (Là on apprendrait beaucoup sur le passé de Tedd grâce à son collègue.) A la fin de 1984, le héros est emprisonné, et on ne le tue pas avant de l’avoir persuadé que la vérité est fausse, et de l’avoir fait réellement admettre une nouvelle vérité (qui est à la base fausse). Pour ce on pratique différents types d’intervention. Il est facile de manipuler un homme, de lui faire inventer de faux souvenir, lorsque l’on en a les moyens, souvent en se basant sur des faits réels mais en les transformant. Et on ignore si Tedd a subit ce types d’interventions. Mais cette histoire d’anagramme, comme tu l’as dit, est très troublante, et fait carrément pencher la balance du côté de la folie.
    Je n’ai pas réellement trouvé de réponse à ces anagrammes, seulement des suppositions ; mais aucune ne peut se vérifier. Une chose de sure au moins, c’est que c’est trop gros pour n’être qu’une coïncidence. On a put choisir le nom de la patiente spécialement pour le marshal, en s’étant informé au préalable de son passé. Mais dans ce cas, il y a un problème au niveau de la psychiatre dans la grotte, qui s’est échappée mystérieusement et qui est sensée être « gentille », sauf si, elle aussi, fait parti du complot. Ensuite, vient Laeddis, l’étrange pyromane que l’on ne rencontre que dans les rêves de Tedd. Là, le problème c’est que Tedd connait son nom sans qu’il n’y ait eu d’interaction avec l’hôpital. Peut-être, inconsciemment s’est-il rendu compte de l’anagramme entre la patiente à retrouver et sa femme. Il aurait ensuite recréé un anagramme, et éventuellement une fausse histoire, soit parce qu’il a réellement un grain, soit à cause de la drogue et de manipulations dont on ne se serait pas rendu compte (par exemple des choses qu’on lui chuchoterait durant son sommeil). Bon, dans tous les cas, on ne peut faire que des suppositions.

    Pour résumer, les motivations de l’hôpital seraient plus « crédibles » si Tedd était manipulé plutôt que s’il était fou. Et ainsi on pourrait faire n’importe quoi pour l’empêcher de révéler la cruelle vérité. Quant au faits, indépendamment de cela, tendraient à faire pencher la balance du côté de la folie.

    Faudrait que je lise le livre, peut-être m’apprendra-t’il plus de choses. Quant au film, les scènes scènes les plus belles sont surement dans les camps de concentration. Je me souviens d’un plan magnifique, terrible et esthétique, avec un mur de briques aux deux tiers, et un entassement de cadavres dans la neige. Les acteurs étaient bon. J’aime bien DiCaprio. Il était excellent dès ses débuts (comme par exemple dans le rôle d’un malade mental, dans « What’s eating Gilbert Grape »).
    J’aime bien ton blog.
    Et excuse-moi pour cet affreux pavé.

    • Merci beaucoup pour ce « pavé » ! Je suis toujours partisan de la thèse de la manipulation, beaucoup plus séduisante et retorse. Beaucoup de gens sont sûrs d’eux à l’issue du film, oui, mais beaucoup s’interrogent aussi et cherchent des réponses sur Internet. Heureusement, il n’y en a pas de plus valables que d’autres. En tout cas, merci de me faire partager tes réflexions, je crois que nous en sommes à peu près au même point : on n’a pas fini de cogiter !

  38. Galax

    N’ayant pas lu le livre, je me fonde uniquement sur le film que j’ai vu hier. Dans les 2 thèses qui ‘affrontent (complot/folie), je trouve que celle du complot est la plus séduisante en tant qu’histoire. Il semble en effet un peu lourd de se dire (thèse folie) qu’autant de personnes se seraient mobilisées pour mettre en place ce ‘jeu de role grandeur nature’ pour tenter ne de guérir qu’un seul patient, surtout en mettant d’autres fous à contribution, dont on peut douter qu’ils puissent tenir leur role sans déraper parfois ! La thèse du complot où un marshall tente de dénoncer les attrocités commises dans un asile, et en est empêché par le personnel qui tente de le faire passer pour fou est donc plus réaliste. Malheureusement le fime écarte assez nettement cette éventuailté. Les anagrammes déjà largement évoqués ici sont un élément ‘inexplicable’ dans l’hypothèse complot, mais c’est surtout le comportement de Tedd à la fin qui impose la thèse folie. En effet quelle que soit la thèse choisie, il est clair que Chuck n’est pas marshall mais psychiatre, et s’il y a complot, Tedd sait cela parfaitement après la révélation du phare. Il est alors incompréhensible qu’il s’entête et n’essaye pas de ‘jouer le jeu’ auprès de Chuck pour éviter la lobotomie.
    L’explication finale est à mon avis la suivante : Tedd est Laeddis, il a tué sa femme qui avait noyé ses 3 enfants, il réalise tout cela, se sent responsable de n’avoir pu aider sa femme et par la meme sauver ses enfants. Il sort donc du denie total dans lequel il était tout le long du film, mais il réalise qu’il ne pourra pas vivre avec ce souvenir car il se considére comme un monstre, et ‘choisit’ donc de se faire lobotomiser (en faisant croire qu’il est toujours dans le denie et que la méthode douce n’a pas fonctionné), mourir en homme bien plutot que de vivre comme un monstre.

    • A la fin, qu’il soit fou ou pas, Teddy sait que Chuck est médecin. S’il n’est pas fou, il sait qu’il a perdu, qu’il va se faire charcuter, qu’il n’a plus rien à tenter. S’il dit à Chuck : »ok doc, je m’appelle Laeddis, t’as gagné, c’était bien ton jeu », il s’avoue fou alors qu’il ne l’est pas, il restera enfermé pour la vie et les autres auront gagné au point de le faire avouer qu’il est fou. S’il n’est pas fou et dit à Chuck ce qu’il lui dit (en gros : « vous ne m’avez pas eu les gars, je sais qui je suis et je garde la tête haute même si j’ai perdu ») il subit un sort auquel de toute façon il ne peut échapper parce que les autres sont plus forts mais au moins, il ne s’avoue pas vaincu.
      C’est aussi une interprétation possible, me semble-t-il…

      • Galax

        Oui à ceci près qu’il ne parle jamais à Chuck comme à un medecin, mais toujours comme à son equipier, ce qui est etrange s’il est parfaitement sain d’esprit.

  39. Tomir

    Pour moi, il est clairement fou, et non manipulé. Par contre,à la fin, il est redevenu sensé et joue la folie quand il dit à Chuck, lors de la toute dernière scène : « On les aura, on est trop intelligents pour eux ». Voyant sa lobotomie arriver, il ajoute : « Vaut-il mieux vivre en monstre ou mourir en homme bon ? ». Cela signifie pour moi : « Vaut-il mieux vivre en ayant assisté à la mort de ses 3 enfants et en ayant assassiné sa femme (le » monstre » dont lui parlait le docteur allemand qui voulait le sédater, en fait, le monstre qui nait des rêves et souvenirs) ou mourir lobotomisé en ayant aucun souvenir de cet épisode horrible de sa vie, dans l’inconscience totale. Il choisit la seconde, et Chuck le voit bien, l’appelant par son nom à la fin, l’ait bouleversé, comme pour le retenir lorsqu’il se dirige vers la salle d’opération. C’est également l’interprétation qu’en ont fait les 3 personnes qui l’ont vu avec moi !

    • Galax

      Oui ca rejoint bien mon explication finale

      • Lehane peut se féliciter d’avoir créé une intrigue à ce point double. Je persiste à croire qu’il ne peut y avoir d’interprétation tranchée, même si pour ma part, je préfère la manipulation (plus retorse, et les méchants gagnent !) : s’il avait voulu nous faire comprendre que Teddy était fou, il l’aurait écrit, tout simplement. C’est ce que je trouve dommage chez Scorsese : en donnant à voir la scène du meurtre de la femme, qui n’est pas chez Lehane, il pousse vers une interprétation, la sienne, et la plus communément admise, mais qui n’est pas irréversible.

        • moi je suis ok avec Tomir sur le fait qu’à la fin il joue la folie (je parle du livre) mais la thèse du jeu de rôle m’a toujours obsédée, et le fait qu’il fasse toujours comme si chuck était un coéquipier me laisse perplexe : il doit être manipulé, forcément, par tout un hopital mais au départ, est-il sain d’esprit ? bref, j’adore ce livre (que je conseille à tout le monde) et j’ai hâte de voir le film…

  40. Je voulais lire le roman avant de voir le film de Martin Scorsese ! Je n’ai pas encore lu le roman et pas vu le film … Avec, avec toi, cela fait plusieurs avis que je lis et qui sont plutôt positifs sur ce film, même si Léonardo diCaprio n’est pas l’acteur que je préfère. Il paraît qu’il joue très bien, le bougre !! Donc, je vais me dépêcher de lire « Shutter Island » de Dennis Lehane avant de voir le film en DVD, lors de sa sortie. Sinon, je crois que je vais encore être ridicule (je sais, ça n’a jamais tué personne, surtout pas moi …).

    • Très beau programme, bravo !

  41. Bat

    Passionnant ces débats 🙂

    Personnellement je suis également très très partagé sur l’interprétation finale du film. Je pense que je préfèrerait qu’il n’y ait pas de vérité absolue car la théorie du complot me plait beaucoup, tout en étant conscient que la « folie » a certainement moins d’agument solides à son encontre (comme l’anagramme de « Laeddis ») … d’un autre coté la théorie selon laquelle Teddy est fou me semble vraiment trop facile et limite dommage pour le film -> on fait tout passer sur le coup de la folie et basta! bof bof!

    Et comme l’a déjà souligné quelqu’un je me suis aussi dit que la stratégie d’un asile de mettre en scène ce jeu de rôle grandeur nature pour soigner un seul patient me parait vraiment moins crédible que celle d’une manipulation pour cacher les expériences inhumaines qui sont pratiquées sur les patients (et d’ailleurs si rien ne m’a échappé, les lobotomies sont bel et bien pratiquées même dans le cas ou Teddy serait bien un patient fou.. d’ou encore une autre interrogation, pourquoi prendraient-ils autant de risques avec ce jeu de rôle au lieu de le lobotomiser directement, s’il est si dangereux qu’ils le prétendent..)

    En tout cas, sacré film, j’ai adoré (je n’avais pas lu le livre, je n’aime pas lire) et à la fin j’ai immédiatement été partagé entre les 2 théories d’interprétations 🙂

    • Entièrement d’accord, la solution « folie » est beaucoup moins séduisante, elle résout trop facilement les choses et ce n’est à mon avis pas l’intention de Lehane.

  42. Mitssy

    Bon je suis sortie du ciné en me posant mille questions!!! J’ai chercher sur les sites les avis des spectateurs, et 2 hypotéses se font face! Soit:
    – Teddy se fait manipuler par les medecins et par son faux coequipier car il en sait trop sur leurs experiences, il veulent donc le faire passer pour fou pour l’interner et pour ne pas le laisser fouiner dans leurs affaires
    Soit:
    – Il est reellement fou et nous sommes dans sa tete et dans « son monde » depuis le debut du film, et tout est mis en oeuvre par les medecins ( dont son faux coequipier ) pour le laisser se faire sa vision des choses dans le but qu’il se rende compte que tout ca n’est pas possible, et qu’il comprenne que lui meme a tué sa femme, qui elle meme avait tuer ses enfants etc… Il s’agit alors d’un traitement exceptionnel qui consiste a le laisser entrer pleinement dans son delire, ( les medecins servant d’acteur a son histoire imaginaire ), ainsi ils essaient de l’accompagner vers la verité pour essayer de le soigner et de lui faire prendre conscience de la realité qu’il a refouler…

    Ne sachant qu’elle hypothese choisir… j’ai donc ete chercher une interview de Martin Scorsese lui meme et donc je connais la reponse! ^^
    En fait la deuxieme hypothese est la bonne… Tout le film nous fait entrer dans la tête de Teddy a travers son delire, et le but des medecins est de le soigner en tentant de le laisser se rendre compte seul que tout ce qu’il imagine n’est pas credible…. Voila!

    Malgre que je sois fixee sur la realité du film, je reste avec quelques questions qui viennent interferées dans ce raisonnement… Surtout le passage avec la femme dans la caverne, grosse allucination je trouve… et la phrase de la fin peut etre prise a double sens:

    Mieux vaut vivre en monstre ou mourir en homme bien?

    Le sens de cette question est le suivant : Teddy ( Andrew donc ) fait semblant de rechuter car il veut etre lobotimisé afin d’oublier tout ce qu’il a vecu et surtout le fait d’avoir tuer sa femme et beaucoup de soldats pendant la guerre… Ainsi il veut redevenir un « homme bien » en oubliant tout ca plutot que de « vivre en monstre » et de devoir vivre avec toute sa vie.

    Pourtant certains l’ont prit différement ( et cela m’a mit aussi le doute ): Cette derniere phrase aurait pu vouloir faire comprendre que la machination n’a pas fonctionné et qu’il est toujours lucide mais qu’il sait qu’il ne sortira pas de cette machination et qu’il est coincé, donc il dit demande a « chuck » si il est preferable de mourir en homme bien comme lui ( di caprio ) sachant qu’il n’a rien fait de mal, ou de vivre en monstre comme « chuck » qui manipule et sert d’humains comme cobaye…

    Mais bon, puisque Scorsese dit que Teddy est fou… alors pourquoi continuer a se poser des questions!

    Bye!

    • Pourquoi continuer !? Tout simplement parce qu’il s’agit de l’interprétation de Scorsese et que ce n’est pas lui qui a écrit cette histoire mais Dennis Lehane. Or, Lehane a tout fait pour qu’à la fin de son livre, le lecteur ne puisse pas interpréter d’une façon ou d’une autre, et c’est bien ça qui est virtuose et que Scorsese tue en choisissant et en imposant son point de vue.

  43. Lambrinet

    Bonjour à tous!
    Je n’ai pas lu le livre et si la fin peut laisser deux interprétations, ma foi c’est comme ça. Par contre je trouve intéressant la fin du film qui, sans devoir trop se creuser les méninges, donne raison à la folie de Teddy. Et les réactions de bien des gens, trouvant cela facile ou indigne du roman, me font croire qu’aujourd’hui encore le monde de la folie est inacceptable et que tout ce qui y touche est tabou. Longtemps durant le film je n’ai pas remis en question la santé psychique de Teddy, me demandant comment il allait s’en tirer (j’avais envie que ce soit ainsi…); j’ai pensé ou voulu me persuader que c’était tous les autres les méchants…et en fait à la fin du film j’ai trouvé étrange d’avoir de la peine à accepter que tous le monde était gentil et que Teddy était malade….mais alors pourquoi avons nous tant de peine à accepter les maladies psychiatriques qui touchent un grand nombre d’individus, qui provoque de grandes souffrances tant pour ceux qui en souffrent que pour ceux qui les accompagnent. Tous « ces fous » que l’on garde éloignés de nos regards comme pour mieux les oublier…parce qu’ils nous font peur et nous rendent impuissants contre leur mal…exclus….C’est un beau film pour nous rappeler que nous enfermons les fous et qu’il est difficile de les soulager…nous préférons les oublier et dire que les psychiatres sont des débiles….

  44. karima

    Je souhaite juste poser une question qui sera peut-être pour vous stupide!Mais qui tracasse beaucoup de personne!!
    A la fin quand il retombe dans sa folie, fait-il une feinte car il ne peut pas vivre dans cette souffrance permanente ou est-il vraiment retombé dans sa folie?

  45. karima

    je viens de voir qu’on a répondu à cette question….

  46. jonathan

    Je viens ajouter ma pierre à l’édifice concernant ce film, sur la thèse de la folie, en effet si vous avez l’occasion de regarder le film en DVD ou divx, prêter bien attention au passage ou Teddy interroge les patients,
    Une femme lui demande un verre d’eau, on va le chercher et la elle lui écrit de courir.
    Au moment de boire le verre d’eau, on voit clairement que sa main est vide, elle n’a pas de verre d’eau dans la main, elle boit de l’air…..
    Dans cette scène, le verre est vide, à moitié vide, plein ou inexistant.
    Ce qui pour moi signifie clairement que Teddy hallucine, alors qu’on est au début du film et que les psychotropes ne sont pas censé agir (24h après l’absorption)
    De même la peur de l’eau du Marshall au début…Si tous ces enfants sont mort noyés ça peut paraitre normal!

    Par contre pour moi l’intérêt du film résulte autre part,à la fin, pour moi il est clairement guéri et choisit de faire croire qu’il est encore fou afin d’être lobotomisé.
    La question soulevé par Scorsese est, pour moi,:
    On essaye de soigner des gens fou, mais ont ils tous vraiment envie de l’être? Si ils se sont crée ce monde virtuel, ce mécanisme de défense (consciemment ou inconsciemment), a-t-on le droit de le casser?
    Attention je parle ici de certains cas comme Teddy, je ne parle pas de toutes les maladies psychiatriques.

    • Je suis tout à fait d’accord avec toi pour ce qui est du verre d’eau : très intéressante façon de nous faire comprendre les hallucinations de Teddy. Et oui, la lucidité final de Teddy peut être une interprétation, séduisante aussi et qui se tient.

  47. marcovic

    s’il etait fou, comment expliquer son coéquipier a coté de lui? il aurait fait tout le film en oarlant dans le vide? scorcese exprime bien la manipulation a travers des details (la femme qui lui ecrit RUN (fuit!!))

    • s’il est fou, son coéquipier est en fait un médecin qui participe au jeu de rôle mis en place pour le soigner. Mais je suis d’accord, il ne l’est pas !

  48. Rozyparks

    Bonsoir à tous,
    Honte sur moi, quoique lectrice fiévreuse, je n’ai pas (encore) lu le roman de Lehane.
    Et pour aggraver mon cas, je m’agrège aux hypothèses interprétatives avec quelques bons mois de retard sur la date de sortie du film. Autant dire que ce post a peu de chance d’obtenir lecture/réponse/réaction. Tant pis, je suis une pro du monologue !!
    J’avoue pour ma part que l’interprétation « politique » (= manipulation et mise hors d’état de nuire d’un fouineur dans les enfers de la raison d’état) me séduit ; il est certain que l’art du créateur (écrivain et/ou cinéaste) est d’avoir semé des indices contradictoires, du coup je ne défendrai pas ma position avec fanatisme, car au fond y crois-je à 100% ?? Non bien sûr. Disons que j’AIME y croire car bien davantage que la thèse « Andrew/Teddy = psychotique », la lecture « exécution de l’enquêteur » permet d’appuyer le contenu fictif sur des faits historiques avérés qui, ma foi, ne sont pas anodins et prêtent à réflexion :
    lors de la prise de l’Allemagne nazie, de nombreux scientifiques nazis ont été exfiltrés par les Alliés (et, parmi les Alliés, par les Américains et ceux qui allaient se ranger à leurs côtés durant la future Guerre froide). Le cas du personnage du Dr. Naehring rappelle ce fait. Ces nazis ont été donc, sciemment, soustraits aux procès de Nuremberg, afin que leurs « glorieux » savoirs (sur la « Biologie Héréditaire et d’Hygiène Raciale » du Dr Mengele, les effets des contaminations bactériologiques sur l’organisme humain, la manipulation du psychisme, la physique nucléaire etc..) nés d’expérimentations proprement infâmes puissent bénéficier à la lumineuse rationalité des pays de l’Ouest et surtout, surtout, à leur volonté de coiffer au poteau le futur grand ennemi de l’Est ; avant même la capitulation nazie et la dissolution de l’alliance américano-soviétique, les Américains s’emploient à endiguer en effet l’impérialisme stalinien et la vaste opération de récupération d’anciens nazis et de leurs méthodes intègre ce contexte. Il est certain que l’anti-communisme institutionnalisé dès 45, renforcé en 47, et sanctifié avec la création du Comité des Activités Anti-Américaines (UAC, mentionné dans le film, lors de la scène du cimetière) et son tristement célèbre MacCarthy (mentor de Nixon by the way) a joué un rôle certain dans l’accueil des exfiltrés nazis choyés par le pouvoir (postes dans les Universités, Centres de recherche de pointe…).
    Sans être paranoïaque et atteint de bouffée délirante, on peut d’ailleurs prévoir n’être pas au bout de nos surprises quant à la mise à jour des expérimentations inspirées par la « science » nazie et qui ont été pratiquées par les états dits du Monde Libre ; que l’URSS et ses satellites stalinisés, maoïsés, kim-il-sung-isés, tito-isés etc s’y soient livrés, voilà qui est admis depuis longtemps et depuis longtemps dénoncé à juste titre dans nos démocraties … mais ce qu’ont autorisé lesdites démocraties « à l’insu du plein gré » de la majorité de leurs citoyens lambda (nous), c’est pas joli joli. Qui vivra verra, mais rira pas forcément qui verra le dernier…
    Bref, tout ça pour dire que le délire de persécution manifesté par Andrew/Teddy n’est pas si délirant sur le fond ; il fait très lucidement référence à ces collusions – tenues secrètes pour raison d’état – entre services américains et vestiges bien vivaces de méthodes nazies, en l’occurrence, de théories psychiatriques qui, sans avoir été l’apanage du Nazisme (loin s’en faut!!… la « science » nazie basée sur des présupposés eugénistes n’est pas née de rien dans notre belle Europe, ne soyons pas naïfs et gardons 1 oeil ouvert sur notre passé pas si lointain), ont été cependant illustrées de façon spectaculaire par les « savants » SS dans les camps de la mort.
    Ne me faites pas dire ce que je ne veux surtout pas faire penser : Shutter Island n’est pas un roman/film stupidement « à thèse » ; le tissu fictionnel, et donc interprétatif, mêle un nombre considérable de fils. Ce que manifeste d’ailleurs la série de gloses auxquelles on se livre sans parvenir à tarir la source. Le fil « historico-politique » n’en est qu’un parmi d’autres !!

    • Eh bien un grand merci pour vous être arrêtée ici, tout ce que vous écrivez est très intéressant. Je suis d’accord avec vous, la thèse de la non folie est bien plus riche que celle de la folie. Dans ce dernier cas, tous ces médecins sont bien gentils et mettent en scène un grand jeu de rôle pour essayer de sauver le gentil Teddy qui a perdu la boule suite à la mort de sa femme. Mais dans le cas où Teddy n’est pas fou, alors il y a manipulation, et effectivement, des savants fous, réfugiés nazis qui continuent leurs petites expériences à échelle humaines sur les dingues, allons, qui va s’en offusquer ? Ben justement, ce Teddy n’a pas l’air d’accord alors il faut l’éradiquer. Ce Lehane est un vrai génie, il a su créer une intrigue d’une très grande densité. J’ai lu ce roman deux fois, et le lirai encore, je vous le conseille si ce n’est pas fait, je le trouve plus subtil que le film.

  49. On trouve quand même de nombreux indices tout au long du film sur l’hypothèse de la folie.
    En ne voyant que le premier 1/4 d’heure on voit que Scorsese nous présente un personnage complétement dans la folie et l’irréel !
    Mais la débat est loin d’être clos sur ce film.

  50. Taiji 971

    J’ai adoré ce film!
    Comme tout le monde, j’ai choisit ma thèse, et je pense que Teddy est un vrai Marshall.. Les indices qui tentent de le faire passé pour un fous sont la pour trompés. Il est envoyés dans un lieu qui à l’habitude de rendre les gens encore plus fous qu’ils ne le sont (comme Teddy qui à déja beaucoup souffert de la mort de sa fille etc..), et il en ressort complètement fous. (pas clair mais je me comprends ! 😀 ).
    C’est au fur et a mesure que les indices de sa prétendue folie arrive, car le réalisateur souhaite qu’on se rende compte que : dans un environnement hostile , on ne sais plus  » qui est qui ». On se met à soupconné tous le monde, et un climat de paranoia s’installe.
    Mais au final, je pense que le film ne tranche pas, et laisse suffisament d’indices pour les deux « thèses ».
    Et c’est peut-être ce qui est le plus beau, car cela fait des débats comme celui-ci 🙂

  51. Tori

    Plus trop d’actualité mais bon… Il me semble dans le film, qu’on commence avec 2 noms sur 4, teddy et Rachel, ensuite arrive le nom du pyromane et celui de sa femme, c’est a dire qu’on a les 4 noms UNIQUEMENT après que Teddy soit potentiellement fou (du moins il me semble) il a déjà fumé des cigarettes depuis un bout de temps/pris des medocs. Mais je suis tout de même largement partisan de la folie. D’une part car ses hallucinations le mette en garde sur sa folie et ensuite car la fin me parait bizarre, pourquoi ne pas choisir de jouer le jeux, feindre la guérison ou bien même tenter la fuite?

  52. bastis

    Slt, moi aussi, je suis a la bourre, mais j’ai vu le film il n’y a pas longtemps.
    Le film tend a laisser penser que di caprio est fou, car c’est la fin que la plupart comprennent.
    Mais un detail me trouble pour la these de la folie. Si tout n’est qu’un jeu de role pour le ramener a la realité. C’est un investissement plus qu’énorme. Ils font alors tout pour le sauver et non le lobotomiser. Or a la fin, « vivre en monstre ou mourrir en homme de bien » peut s’expliquer pour les 2 theses. Mais si jamais il etait fou, pour dire ca c’est qu’il est revenu a la realité, comme tout le monde l’a compris, et comme le psy l’a compris egalement.
    Or apres 2 ans d’investissements, un psychiatre qui aurait reussi un tel exploit avec l’aide d’autres personnes bien sur(docteurs, etc) sauterait de joie d’un tel exploit, et ne ferait pas comme si de rien n’etait. Il y a des failles dans tous les films du meme genre si on cherche la ptite bete. Aucune des 2 fins n’est parfaite.
    Quand aux anagrammes, Di caprio a pu apprendre les noms par des manipulateurs, meme avant le debut du film que l’on voit

  53. Mathieu

    Dans la théorie de la manipulation, et de la sugestion mentale, il n’y a qu’un seul anagramme réel. En effet le nom de la patiente disparue sur lequel il enquêtait a pu être choisie.

  54. daniel

    bonjour, je viens de voir le film. je n’avais pas lu le roman avant. et a la fin du film, j’attendais une réponse de  » manipulation ou folie », et bien pour moi, rien n’est dévoilé. Pour ma part, je penche pour la manipulation. a la fin du film, on vois le phare… puis cette scène ou le coéquipier de Teddy a du mal a enlevé son pistolet alors que cela fais 4 ans qu’il est marshall( enfin, normalement). ce qui est très fort, c’est que a chaque fois que j’avance une théorie, elle est facilement contredit. Teddy n’a qu’une fille. Dans ces délires, il ne voit que sa fille et jamais ses deux garçons. scorcesse accentue ce point quand Teddy vois ses enfants dans l’eau: il récupère avant tous sa fille et reste à ses coté par la suite. Quand Teddy interroge les patients, la patiente écrit « run » sur son calepin. Dans le phare, Teddy tremble de la main droite, preuve pour moi qu’il est drogué depuis le début, sur le bateau, ou son paquet de cigarette disparaît miraculeusement… Apres que Teddy est une affreuse migraine, il ce réveille et la, son coéquipier arrive, la première chose qu’il fait: il lui tant ces fameuses cigarettes. Puis, si Teddy est vraiment fou, pourquoi ces médecin se donnent ils tant de mal a le soigner? Teddy sais la vérité et ne doit pas sortir. je pense qu’il aurait déjà eu le droit à une lobotomie depuis deux ans. je pense que Teddy affronte une manipulation mentale mais décide de mourir a la fin car il sait qu’il ne sortira jamais comme le lui dit la femme de la grotte. Mais même avec cette interprétation, les doutes sont la. pour moi, la thèse de la folie ne tien pas debout même si les précédent commentaires laissent songeurs, à par Teddy, tous le monde d’est le début qu’il ce passe des choses sur cette île. et trop de petits indices viennent brouiller la « folie ». Manipulation pour moi même si…lol

  55. Flavien

    Moi j’essais de me persuader que Teddy est terriblement manipulé, mais aprés avoir vue le film je suis poussé a pensé qu’il est fou, et ça c’est a cause de Scorsese car on le voit bien… il est pour la folie. Autrement j’ai trouvé le film vraiment super intéressant, je l’ai reguarder deux fois d’affilé afin de bien faire l’inventaire des indices servant de preuves aux deux possibilitées. Maintenant je vais lire le livre, je vais le lire enfait non pas parceque j’aime lire mais car j’aime le cinéma, et que toute mes questions vont peut-être être résolues grace au livre… enfin… je l’espère.

  56. Iliona

    Pour moi les deux théories se valent:
    Si l’on part du principe que Laeddys existe (je veux dire, que ce n’est pas Teddy, qu’il n’est pas fou mais manipulé), on peut se dire qu’il a servi involontairement d’appat et que l’annagrame n’est qu’un hasard. Ensuite il est aussi possible que Rachel existe, je ne vois pas pourquoi elle n’existerait pas. Les médecins de l’hopital ayant eu vent de la venue de Teddy (décoré de guerre, obstiné par Laeddys, traumatisé aussi) aurait prit peur en se disant qu’il pourrait à terme réussir à tout révéler, décide de le manipuler dès le départ, envois Sheehan vers lui, ils ont des relations haut placées ça ne devait pas être dur! Chuck, au fil des jours et des découvertes de Teddy le drogue, étant donné que l’hopital teste l’effet de produit hallucinogènes sur des personnes saine d’esprit, il se peut qu’ils amènent Teddy à halluciner ses rêves! De là ils le manipulent, lui font croire qu’il est fous, etc etc, sous l’emprise des produits il finnit par y croire. Et la fin du livre signifierait qu’il n’a jamais quitté l’île, et même qu’il y est mort, puisque Sheehan en parle au passé.

    D’un autre côté la théorie de la folie révèle un certain optimisme, pour moi elle signifie que finalement les humains ne sont pas mauvais, et elle est tout aussi plausible, plus agréable en fait, que la théorie du complot.

    La toute fin m’a laissée vraiment perplexe, au début j’ai pensé qu’il avait rechuté, puisqu’il appelle Sheehan Chuck, et il partirai donc pour la lobotomie, la première théorie serait donc fausse, mais finalement on peut se dire que ce n’est qu’un prétexte pour le faire taire complètement…

    Pour résumer, je n’ai pas choisi à quelle théorie je veux adhérer, pour moi elles sont valables toutes les deux et il faudrait que je relise encore le livre une dizaine de fois surement pour me décider! Par contre j’ai bien envie de regarder le film, même si Scorsese prend parti!

  57. Pauvert

    Je suis également partisante de la manipulation. Pour moi, il y a une scène dans le film qui change tout sur le destin de Teddy : la scène où il avoue à Chuck (dans la chapelle) pourquoi il est venu enquêter à Shutter Island !
    En effet, avant son aveu, le seul objectif des dirigeants de l’hôpital psychiatrique est de s’assurer que le marshall, appelé pour enquêter sur la disparition de Rachel Solando, ne découvre pas les expériences faîtes sur le cerveau, et donc le but est qu’il parte au plus vite, ce pourquoi on lui met comme collègue le psychiatre de l’île, qui va faire en sorte de le désorienter ! Sauf qu’au moment où il avoue tout à Chuck, celui-ci ne peut plus le laisser partir, il va devoir désormais jouer à une manipulation qui va manipuler d’ailleurs aussi le spectateur ! Si vous remarquez bien, tout commence à ce moment là ! Car non seulement Chuck n’a pas le choix de lui faire croire à un complot (ce n’était pas le cas jusqu’à présent, le but était qu’il s’en aille sans avoir rien découvert), mais en plus le complot va réellement prendre forme au fur et à mesure (parfois de manière improvisée), ce qui va rendre le personnage de Chuck extrêmement ambigu et va mettre des doutes sur la théorie du complot (ce qui va perturber Teddy et le spectateur, donc bien joué de la part de Chuck). Désormais, Chuck fait en sorte d’être de son côté, l’infirmier leur donne de nouvelles cigarettes (=drogues : quand on regarde bien, les deux paquets ont une étiquette différente), Colley le drogue et parvient à le faire parler dans ses rêves, il tente de le rendre fou en lui faisant croire qu’il n’est jamais venu avec un collègue, le directeur lui fait penser qu’il est violent, et les traumatismes de la guerre et de la mort de sa femme vont peu à peu se déguiser en rêve avec l’histoire des enfants noyés. Mais, comme Colley et l’Allemand l’ont remarqué, il a un bon mécanisme de défense, et cela va le sauvé de la folie (bien qu’il va préférer « mourir en honnête homme »).
    La patiente « normale » a un rôle assez important. Elle est contrainte d’obéir aux médecins, mais elle craint que Teddy se laisse manipuler. Son rire est d’ailleurs évoquant lorsque Teddy réussit à répondre à Colley à propos du soi-disant collègue qu’il na jamais eu : « mais quel collègue ? »
    Evidemment, le soi-disant George Noyce le manipule aussi. Comment pourrait-il savoir que Teddy est l’objet d’un complot alors qu’il est enfermé, ou encore qu’il est manipulé par son collègue, que sa femme est morte, etc. Bref, il l’appelle Laeddis et rapporte tout, il fait donc partie du complot.
    La rencontre avec la vraie Rachel Solando est réelle, et c’est grâce à elle qu’on comprend un peu tout. Elle évoque tout le côté kafkaien dans lequel on est pris : il suffit d’être diagnostiqué fou pour ne plus être cru. Conséquence, le spéctateur se fait manipuler, si Teddy est diagnostiqué comme étant fou, c’est qui l’est ! Heureusement, Teddy a un bon mécanisme de défense et il ne se laisse pas faire, mais il est aussi tellement drogué qu’il va croire à ses propres hallucinations. D’ailleurs, le phare est pratiquement vide à la fin, à part pour mettre un bureau, ce qui signifie que tout a été réaménagé pour qu’il ne découvre rien. Mais il reste heureusement sceptique même à son « réveil » puisque décidément il ne se souvient pas avoir été traité depuis deux ans (à ce qu’on sache, il n’est pas alzheimer).
    Finalement, Teddy s’avoue vaincu, même s’il a été manipulé. SA PLUS GROSSE ERREUR a bien été de révéler ses intentions à Chuck, et pourtant il a été prévenu plusieurs fois qu’il devait se taire : la patiente aux yeux globuleux (lobotomisée) lui fait « chut » au début, la patiente « normale » lui écrit de s’enfuir (RUN), sa femme lui fait également « chut » de manière insistante dans un de ses rêves et le prévient plusieurs fois que ses intentions lui causeraient sa perte !
    Sa dernière phrase se veut moralisateur envers Chuck. « Vaut-il mieux vivre comme un monstre ou mourir en honnête homme ? ». En s’adressant ainsi à lui, il insinue que Chuck est un homme mal-honnête, un monstre, même s’il ne risque pas la mort (ou la lobotomie), contrairement à lui. Il n’est donc pas fou, ce qui fait la déception de Chuck et de Colley, qui ont échoué. Cependant, il se laisse vaincu, étant donné qu’il va de son propre chef rejoindre les infirmiers pour aller au phare. Il décide de « mourir en honnête homme ».
    J’avoue avoir quelques incertitudes encore, mais bon, je trouve le film meilleur si c’est la théorie du complot qui gagne !

  58. Anne so

    Après avoir revu ce film pour la 2ème fois, j’arrive sur ce forum… Clairement je ris du 1er commentaire écrit dans un langage fort soutenu et non compréhensible par tous qui dit que l’évidence s’impose a lui …. je ne suis pas d’accord avec cette réponse je pense justement que le raisonnement et l’analyse sont bien subjectifs mais bon ceci étant, plutôt que de penser fin de film et scénario plutôt que de s’arrêter sur l’aspect « esthétique » de ce film en disant il est bien réalisé ou pas… si on regarde le fond du problème, à chacun son analyse et son envie de délirer sur ce film là, car personnellement il m’a invité à délirer ce film… Et je prends celui-ci comme une invitation à pousser l’analyse en laissant entre autre une fin de film perplexe.

    donc je dirais juste que cette histoire de façon écorchée certes, souligne surligne notre société actuelle et d’avant, à savoir une belle équipe (franc maçons pas franc maçons mais dans le même esprit en ts les cas) qui mène le monde, génère des guerres et autres conflits, travaillant au service du diable (si vous vous renseignement sur la franc maçonnerie par exemple vous verrez que je ne dis pas de connerie) et d’ailleurs le passage entre le directeur de l’asile et marchal qui parlent de dieu et le directeur qui explique que Dieu a crée l’homme avec violence pour faire le mal etc…. Ca rapl étrangement cette secte à la base de cette manipulation médiatique où on nous faut croire tout et son contraire… Des gens disparus car ils dérangeaient comme Kennedy boulin Coluche et bien d’autres… Clairement la fin de la manipulation dans le film prend tout son sens si l’écrivain ou le réalisateur a voulu de façon détournée parler de la société… Et oui on fait passer pour fou ou l’on fait disparaître toute personne connaissant la vérité sur des secrets hautement placés et prête à les dévoiler … Je pense qu’on fait passer des messages et en fonction de son conditionnement chacun y voit l’histoire qu’il a envie d’y voir d’où l’intelligence de ce scénario et de sa retranscription à l’écran. Et enfin pour conclure ma façon d’analyser ce film…. Je laisserai jute la dernière phrase du film qui pour moi est la base du film :
    « Qu’est-ce qu’il y a de pire pour vous ?Vivre en monstre ou mourir en homme de bien »

    • Sandrine

      Ce film engendre souvent des avis tranchés. Moi par exemple, je n’ai jamais démordu de la version « manipulation », même si le film pousse plutôt vers la folie. Alors une théorie du complot, pourquoi pas…

  59. Missmage

    Bonjour ou plutôt bonsoir,
    Tout d’abord si vous aimez les films de ce style je vous conseil Sucker Punch, vous aurez un autre bon film sur lequel méditer.
    Quand à mon interprétation, je pense que Tedd n’est pas fou. Et je ne pense pas que Chuck fasse parti du corps médical. D’après mon expérience personnelle, il y a des as de la manipulation qui peuvent vous faire croire que vous êtes fou/folle alors que au dépars vous êtes persuades que vous ne l’êtes absolument pas. Après je pense qu’en fonction des moyens d’échappatoires qui s’offre à nous ont a le choix. Dans le cas de Tedd, qu’avait il? De toutes les manières il était condamné à rester sur l’île. Ou il prétendait être  »guerris » et il restait quand même ou bien comme il l’a choisit il se fait lobotomisé. Vu les dernières phrases entre Chuck et Tedd, il me plait d’imaginer que Chuck était bien le partenaire de Tedd, et que l’on ne lui a pas laissé le choix et qu’il a été obligé de se faire passer pour psychanalyste. Je pense que effectivement Chuck et Tedd sont plus intelligents que les médecins, et qu’ils ont chacun trouvés le moyen de se sauver à leur manières. Quand a la dernière phrase de Tedd, je pense qu’elle voulait simplement dire:  » Vaut il mieux vivre alors que tout le monde croit que vous êtes un monstre ou  »mourir » intérieurement pour montrer à ces putains de psychiatres qu’ils n’ont pas réussis leur coup et que vous savez que vous êtes honnêtes » et puis la réaction de Chuck en criant  »Tedd » montre bien quelle est la vérité et je pense que par cet acte il a voulu montrer à Tedd qu’il à raison, comme pour se faire pardonner d’avoir joué ce rôle. Bref pour moi Teddy à juste dit un gros FUCK au psychiatres!!!!!

    • Sandrine

      Merci pour ce conseil. Visiblement, ce film est passé hier soir à la télé : j’ai ben cru que mon serveur allait exploser : environ 800 visites entre 22H30 et minuit environ… je suis vraiment ravie que ce film continue à interroger ceux qui le voient et j’espère, oui j’espère que ceux qui s’interrogent liront Dennis Lehane et apprécieront sa subtilité.

  60. Steph

    Je pense que les 2 thèses sont plausibles mais je préfère la thèse de la manipulation qui est bien plus Machiavélique. Pour la justifier vis-à-vis des anagrammes c’est possible si Teddy a commencé à dévoiler ses doutes sur les activités menées sur l’île avant l’incendie. Si c’est le cas (il faut que je revoie le film) alors on peut penser que la manipulation a commencé à ce moment là : le psy peut commanditer un pyromane en le faisant appeler comme il le souhaite pour faire périr la femme de Ted dans un incendie et préparer le terrain. Ensuite il lui est facile de déclarer qu’une patiente s’est échappée en la nommant encore une fois comme il le souhaite pour former des anagrammes et en propageant la rumeur que ce fameux Laedis est sur l’île pour inciter Teddy à prendre l’enquête.

    • Sandrine

      Pas mal en effet comme théorie, merci. Il va falloir que je revoie ce film moi aussi, ça commence à faire un bail…

  61. Steph

    Je viens de le regarder une seconde fois, c’est dire à quel point ça m’a travaillé !
    Malheureusement Teddy dit qu’il a commencé à enquêter après la disparition de Laeddis donc mon hypothèse ne peut pas justifier la thèse du complot. Elle reste toujours possible mais moins probable. Dommage car trouve cette thèse du complot plus intéressante notamment dans l’opposition des méthodes entre le directeur qui est partisan de la violence primaire (il aurait bien éliminé simplement le Marshall mais alors comment justifier sa mort ou sa disparition vis à vis des éventuels autorités) et le docteur Cawley qui préfère la manipulation qui est bien plus efficace (pas de justification à donner puisque le Marshall est aliéné l’affaire est classée) ; ainsi le docteur fait coup double il prouve que ses capacités de manipulation mentales sont efficace et il anéanti le Marshall sans aucune violence apparente ou disparition suspecte.
    Bon allez il y aurait encore plein d’autres choses à écrire mais je suis un peu fatigué.

    • Sandrine

      Je comprends bien que ça travaille un film comme ça, c’était pareil pour moi ! J’avais échaffaudé plein de trucs, c’étaient les noms qui me tracassaient encore pour le complot. Mais il y a plus fort que le film (qui invente des scènes, dont celle des enfants) : il y a le livre. Je l’ai lu deux fois pour ma part, avant le film, et il est d’une complexité réjouisssante.

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