Le carnet noir de Ian Rankin

Le carnet noir de Ian RankinSi L’étrangleur d’Edimbourg fut la première enquête de John Rebus, Le carnet noir n’est pas la deuxième. Il s’est en effet passé quelques événements dans la vie personnelle de l’inspecteur, mais rien qui ne rende cette nouvelle enquête incompréhensible.

Quand s’ouvre le roman, Rebus retrouve son frère Michael qui sort de prison et n’a plus de toit. Il décide de le loger chez ses locataires étudiants, dans son ancien appartement d’Arden Street, où il squatte bientôt le canapé du salon car il s’est fait jeter par son amie qui n’en peut plus de lui et de son métier. Voilà pour le background personnel. L’enquête tourne elle autour d’un mystérieux carnet noir tenu par un de ses jeunes collègues qui s’est fait assommer à l’arrière d’un pub. Rebus déchiffre tant bien que mal les notes codées et ressort une enquête vieille de cinq ans concernant l’incendie de l’hôtel Central d’Edimbourg. Devenu à l’époque le lieu de toutes les perditions, l’hôtel a brûlé en une nuit sans que l’on connaisse les raisons de l’incendie mais laissant dans ses cendres le cadavre méconnaissable d’un homme mort assassiné par balle.

Alors qu’il a d’autres enquêtes bien plus officielles à traiter, Rebus s’attache à cette vieille affaire parce qu’elle va peut-être enfin lui permettre de faire tomber le Gros Gerry, une ordure vivante qui trafique de tout et s’arrange toujours pour que d’autres aillent en prison à sa place. Mais son supérieur entend faire tomber le Gros Gerry pour une affaire de prêt usuraire qui va demander des jours et des jours de surveillance. Rebus entend bien mener sa barque à sa façon mais cette fois, il va tant s’éloigner des limites de la loi écossaise qu’il sera suspendu de ses fonctions. Il sera aussi personnellement menacé et attaqué, bref, une enquête complexe et dangereuse qui n’arrange en rien sa vie personnelle.

Cette deuxième enquête de John Rebus que je lis n’est pas plus trépidante que la première. Rebus n’a rien d’un homme d’action, il est plutôt à ranger du coté des cérébraux (ça n’est certainement pas pour rien si son jeune collègue s’appelle Holmes et son supérieur Watson). C’est un hargneux méthodique, qui cultive ses rancœurs et ses inimitiés et ne met aucune frontière entre son boulot et sa vie personnelle, d’où la ruine de sa vie sentimentale.

C’est encore une fois l’occasion de se promener dans la capitale écossaise, loin de la version touristique, mais au cœur vivant et quotidien de la ville, à travers ses pubs notamment. Dommage que le Heartbreak Café dédié à Elvis ferme à la fin du livre, je l’aurais volontiers cherché.

Ian Rankin sur Tête de lecture

 

Le carnet noir

Ian Rankin traduit de l’anglais par Michèle et Frédéric Witta
Gallimard (Folio Policier n° 155), 2008
ISBN : 978-2-07-041078- 464 pages – 8,70 €

The Black Book, parution en Grande-Bretagne : 1993

Pour recevoir le dimanche des nouvelles de Tête de lecture…

Le carnet noir de Ian Rankin

44 commentaires sur “Le carnet noir de Ian Rankin

  1. J’aime bien cet enquêteur, mais c’est vrai que je préfère ce genre de policiers au plus musclés. Est-ce que tu l’as lu en étant sur place ? Cela a-t-il donné un autre relief à ta lecture?

    1. J’étais du côté d’Inverness quand je l’ai lu, et n’avais pas encore vu Edimbourgh (c’est parfois compliqué, les programmations !). Après, quand je l’ai visité, j’ai retrouvé beaucoup d’endroits évoqués dans le livre, dont ce Cowgate, sur la photo. Au prochain Ian Rankin, je « verrai » les lieux (et verserai une larmes en regardant mes photos…).

    1. Oh la la oui, il faut réparer ça : Rebus n’arrête pas d’arpenter les rues de la ville, les pubs, les embouteillages, les petits coins à l’écart des touristes, c’est très plaisant.

  2. Je n’ai lu qu’une seule enquête de Rébus et j’en ai une autre dans ma PAL : j’aime bien justement ce genre d’enquêtes plus cérébrales que technologiques !

    1. Bienvenue ici ! Oui, avec Rebus, c’est la matière grise avant tout, l’introspection et les frictions avec la hiérarchie car il a ses méthodes bien à lui et il est obstiné.

    1. Non, tu n’as pas écrit tout à fait la même chose :-), mais j’étais plus mitigée sur L’étrangleur d’Edimbourg, j’ai préféré celui-là.

  3. Le résumé me fait penser à un jeu d’ordi auquel je jouais il y a quelques années… Je ne me souviens plus du nom… Je ne pense pas le lire, il n’a pas l’air indispensable même si l’histoire se déroule dans cette ville que j’aimerais découvrir! Par contre j’adore la photo, elle est très belle !

    1. Pas indispensable, non, mais peu de livres le sont vraiment. On passe quand même un bon moment policier, à se perdre dans ces rues toutes plus belles les unes que les autres.

    1. Comment ne pas admirer cette magnifique ville en effet : chaque rue, chaque recoin est un plaisir, il doit faire bon y vivre, malgré le temps et les touristes que nous sommes.

  4. Je l’ai ramené dans mes valises… Yapuka le lire !! J’avais bien aimé la colline des chagrins… Bref, je les lis dans le désordre !

    1. C’est sûr que ça n’est bien pratique pour suivre les déboires de la vie personnelle de Rebus, m’enfin on comprend quand même, grosso modo.

  5. Bon, ce titre m’intéresse aussi bien sûr, mais il faudra que je continue avec le deuxième volet des aventures de Rebus, soit Le Fond de l’enfer si j’en crois mon amie Wikipédia !
    C’est vrai que ces romans sont plutôt « calmes » (bon, je généralise totalement puisque j’en ai lu un seul), mais c’est pas plus mal, ça a du bon parfois. J’ai bien envie de connaître un peu mieux le personnage de Rebus !

    1. J’aime bien lire le premier d’abord, mais ensuite, j’essaie de voir ce que chacun a préféré comme titre. Je sais que je ne les lirai pas tous, autant prendre les meilleurs.

  6. Je pense que je lirai tous ses livres petit à petit, juste pour l’ambiance, juste pour l’Ecosse, et parce que j’aime bien Rebus. Rankin c’est à lire quand on veut un roman qui se lit vit, un roman pas trop lourd, et qu’Edinbourgh nous manque 🙂

  7. Bonjour Ys, J Rebus et Rankin: j’aime beaucoup. J’espère visiter Edimbourg un jour pour aller sur les lieux où se passe ces histoires. Et dans un autre ordre d’idée, vérifier si 44 Scotland Street existe (A McCall Smith). Bonne journée.

  8. Je n’ai pas encore lu cet auteur. Il faudrait que je tente. L’inspecteur, vu ce que tu en dis, me fait penser à l’Adamsberg de Vargas. Il est dans la même veine non ?

Les commentaires sont fermés.

Retour en haut
Send this to a friend
Bonjour,
voici un article à lire sur Tête de lecture : http://yspaddaden.com/2010/08/15/le-carnet-noir-ian-rankin/