Ursúa de William Ospina

Ursúa de William OspinaDans ce roman, son premier traduit en France, William Ospina choisit comme personnage principal un conquistador espagnol qui a réellement existé. Ce titre n’est que le premier volume d’une trilogie dont le second, Le pays de la cannelle, est déjà paru.

C’est en 1545, alors qu’il n’a pas encore vingt ans, que Pedro Ursúa est nommé gouverneur de la province de Santafé. Tout plein des louables intentions de son oncle (nommé pour faire appliquer les Nouvelles Lois envers les Indiens), le jeune conquistador se montre bientôt aussi acharné destructeur d’autochtones que tous les Espagnols qui l’ont précédé.

J’ai été bien déçue par cette lecture, au point d’abandonner aux alentours de la page 240. J’espérais un récit haut en couleur, plein de cris, de rage, de lutte et de folie, quelque chose dans la veine du magnifique film de Werner Herzog, Aguirre la colère de Dieu. Mais le lecteur ne suit pas Ursúa dans son périple, bien au contraire. Un narrateur, mi Indien mi Européen, qui a fait une partie de la route avec lui, raconte son histoire mais en la truffant de dizaines et dizaines de digressions concernant d’autres personnages, d’autres batailles et d’autres lieux, au point d’en noyer l’intérêt du lecteur. On voit passer Pizarro, Atahualpa, Charles Quint… mais Ursúa reste très flou, il apparait de loin en loin sans qu’on puisse jamais véritablement le cerner.

J’ai pourtant aimé le style d’Ospina, foisonnant, énumératif et parfois aussi dense que la forêt colombienne. Les patronymes espagnols à rallonge y chantent leur pays et se mêlent à ceux des autochtones, comme les hommes l’ont fait eux aussi. J’étais prête à me perdre avec ces conquistadors sanguinaires, mais c’est mon intérêt qui s’est perdu.

 
Ursúa

William Ospina traduit de l’espagnol par Claude Bleton
Seuil (Points P2425), 2010
ISBN : 978-2-7578-1871-8 – 361 pages – 8 €

Ursúa, publication en Colombie : 2005

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32 commentaires sur “Ursúa de William Ospina

  1. Que d’os, que de sang!
    Ces conquistadors sont épouvantables. Cela me reppelle les exactions commises par nos croisés en d’autres temps, ces montagnes de crânes laissés au nom du christ bien sûr.
    Je rejette ensemble toutes les religions monothéistes, totalitaires, maintenues par la terreur et les massacres.

    • Jésus devait être un brave type plein de bonnes intentions, malheureusement, il a été mal compris, c’est le moins qu’on puisse dire… les religions ne sont pas ma tasse de thé non plus, c’est la haine de l’autre qui les pousse, et de beaux discours qui les justifient. Les mots et les actes ne sont pas en accord, et je déteste toute forme d’hypocrisie…

  2. J’ai connu la même déception avec son dernire roman « Le pays de la cannelle ». ALors que tout était là pour créer un bon récit d’aventures bien documenté, le soufflet est retombé lamentablement… Dommage.

    • Il vaut peut-être mieux que je ne la tente pas…

  3. keisha

    De la colombienne pas assez pure alors?
    Je sors!
    (mais j’ai maintenant une LAL spéciale « en direct de chez Ys)(soupirs)

    • J’espère que tu ne la regretteras pas ! J’ai cherché dans deux bib (dont la mienne) le livre de Padura pour le lire avec toi, mais pas trouvé, zut…

  4. Stockholm

    Bravo pour le choix de vos lectures, mais j’ai honte de ne connaître pratiquement aucun de vos auteurs récents. Par contre quelle galerie de couvertures, ces pauvres auteurs ne sont pas aidés! c’est important une couverture mais là, Ursúa, c’est stop, Halte là, passe ton chemin!
    Pourquoi écrire si petit et en réserve le point de vue de Marquez, illisible! Pocket a honte? Pauvre William. Et si le livre n’est pas bon, alors…

    • Moi aussi j’ai découvert la plupart de ces auteurs grâce aux Belles Étrangères, c’est une bonne occasion. Quant à l’emballage, il n’est pas toujours réussi, mais ça vaut quand même la peine d’aller voir à l’intérieur parfois.

  5. Dommage. La couverture est jolie, en tout cas !

    • Elle fleure bon l’aventure, mais n’en tient pas les promesses…

  6. kathel

    Ce roman ne viendra pas remplacer mon dernier colombien noté… (qui sont deux !)

  7. Dommage en effet, ça m’avait l’air assez prometteur. Je garde plutôt tes dernières recommandations sud-américaines au chaud.

  8. Ton avis aurait pu être le mien vu que j’ai aussi abandonné ce livre alors que j’ai beaucoup aimé « Le pays de la cannelle » (je te laisse le lien de mon avis sur le T2 : http://boulimielivresque.blogspot.com/2010/08/le-pays-de-la-cannelle.html). J’ai « vu » que Hélène n’avait pas accroché à ce 2ème tome mais je pense que tu devrais peut-être le tenter. Si ça te dit, je te le prête. Ca éviterait un éventuel achat si tu risques de l’abandonner par la suite. Quoi qu’il en soit, il me tarde de lire le dernier tome.

    • Je ne crois pas que je le tenterai tout de suite, il y a d’autres Colombiens qui m’ont donné envie de continuer avec eux. Merci quand même pour cette aimable proposition.

  9. vu ton avis mitigé et le nombre de livres à lire, je ne vais pas le noter celui-là !

    • Tu as raison, il y en de bien meilleurs me semble-t-il.

  10. Hathaway

    C’est dommage, le sujet aurait pu donner un livre très fort !

    • J’ai été d’autant plus déçue que je m’attendais à quelque chose de vraiment beaucoup plus fort et foisonnant…

  11. Tu as quand même attendu 240 pages avant d’abandonner ? Waouh, j’admire la performance ! Personnellement, je ne tiens jamais aussi longtemps quand un livre ne réussit pas à garder mon attention ! Mouarf !

    • J’attendais qu’elle démarre cette histoire, j’y ai cru un bout de temps en effet, et puis j’ai abandonné, à regret.

  12. Bonjour, Donc ma rencontre avec l’Amérique du Sud ne sera pas avec ce livre. Pourtant la couverture me plaisait beaucoup.

  13. Mais je constate que le rythme de publication s’est envolé !

    • Oui, tu constates bien : tous les deux jours pour les Belles Étrangères au lieu de tous les trois jours… c’est parce que j’ai beaucoup de billets prêts derrière, que j’en avais 6 pour les Colombiens et en publiant tous les deux jours j’inscrivais exactement mes billets dans la manifestation.

  14. Rien à faire, une période qui ne me tente pas, où que ce soit dans le monde ! Si en plus, tu as abandonnée, j’oublie vite.

    • Moi j’aime bien cette période au contraire, pleine de bruits et de fureur…

  15. Lorsqu’on lit des auteurs sud américains, on s’attend effectivement à saturation magique de bruits et de couleurs, de mouvement…

  16. Voilà un titre que j’avais noté depuis bien longtemps mais savoir que c’est le premier volet d’une trilogie et que l’ennuie me guette me fais renoncer… pour le moment !! 😉

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