Il faut qu’on parle de Kevin de Lionel Shriver

Une femme, Eva, écrit des lettres à son mari. Depuis deux ans, leur fils est emprisonné pour avoir, à trois jours de ses seize ans, tué onze personnes, dont huit lycéens. Il avait froidement tout organisé de longue date et ne manifeste absolument aucun remords, bien au contraire, il se prend pour une sorte de héros. Tous les quinze jours, Eva lui rend visite. Pourtant, dans les lettres qu’elle écrit à son mari, elle entreprend d’expliquer qu’elle n’a jamais pu aimer son fils et elle s’interroge : est-ce cette absence d’amour maternel qui a fait de lui un monstre ?

Je suis extrêmement partagée sur cette lecture. Les points positifs sont nombreux : le portrait qu’Eva fait d’elle-même, la construction très ambiguë de Kevin tout en opposition dès le jour même de sa naissance, le personnage du père et surtout, la terrible image de l’Amérique.

C’est le point de départ qui me parait biaisé : Lionel Shriver fait le portrait d’une femme non aimante dont le fils se révélera être un monstre. Donc, malgré les autres pistes qui peuvent se dessiner (la société, le père raté, le caractère même de l’enfant), il est clair dès le départ que c’est un procès à charge : voilà madame quel enfant vous risquez d’avoir si vous êtes une mauvaise mère. Et pas mauvaise mère au sens de manque d’attention ou d’argent, ni même d’intérêt, car Eva a fait beaucoup d’efforts pour passer pour une bonne mère, pour faire comme si, pour que son enfant s’attache à elle, au moins en apparence. Mais ce n’étaient que des efforts, rien de sincères, et ça mesdames, vos enfants ne vous le pardonneront pas !

« Je n’aurais pas dû le prendre personnellement, mais comment faire autrement ? Ce n’était pas le lait maternel qu’il refusait, c’était sa mère. En fait, j’ai fini par être convaincue que notre petit paquet de bonheur m’avait démasquée. Les tout-petits ont beaucoup d’intuition, parce que c’est à peu près tout ce qu’ils ont. J’étais sûre et certaine qu’il percevait un raidissement symptomatique de mes bras quand je le prenais. Et non moins certaine qu’il savait détecter dans la subtile pointe d’exaspération de ma voix, quand je roucoulais et babillais, que ni le roucoulement ni le babil ne m’étaient naturels, et que son oreille précoce était capable d’isoler dans ce flot ininterrompu d’onomatopées charmeuses un sarcasme insidieux et compulsif. De plus, depuis que j’avais lu – pardon, que tu avais lu – qu’il était important de sourire aux nourrissons pour obtenir un sourire en retour, je souriais, souriais, souriais, jusqu’à en avoir mal dans le visage, sauf que lorsque j’avais mal, je suis sûre qu’il le percevait.« 

Évidemment, on imagine mal Kevin en bébé modèle, en enfant radieux, en adolescent épanoui. Non, Kevin est comme il se doit apathique, fourbe, méchant et surtout redoutablement intelligent. Il arrive à diviser ses parents, faisant croire à son père qu’il est un gosse gentil, c’est juste que maman ne l’aime pas… Ce père est pathétique à force de vouloir correspondre à l’incarnation du modèle social et familial républicain, le père ouvert qui discute, qui a lu tous les livres pour comprendre et gérer toutes les crises. Mais si ce personnage nous semble ridicule, c’est parce qu’on sait qu’il a tort depuis le début, et qu’Eva elle, a raison. Qu’elle a compris son fils, qu’elle avait raison de s’inquiéter, et que donc, malgré son absence d’amour maternel, elle avait tout bon…

Le portrait de femme est pourtant très réussi et le style de Lionel Shriver très efficace. Cette Eva semble tour à tour libérée, égoïste, intelligente, amoureuse, généreuse, courageuse, froide, cynique au point d’en être effrayante. Son cynisme vient bien sûr du fait qu’elle sait comment tout ça va finir, mais aussi du regard qu’elle porte sur les Etats-Unis qui pour ne pas être original n’en est pas moins glaçant. Car les jeunes meurtriers qui gangrènent le pays ne sont pas de jeunes Noirs drogués du Bronx, pas du tout. Ce sont des fils de bonne famille qui ont argent, éducation et parents.

Alors au final, malgré la violente critique sociale à laquelle se livre Lionel Shriver qui pourrait tendre à travers ce portrait un miroir terrible au pays en l’obligeant à se regarder dedans, elle préfère inculper la mère en expliquant cette violence incompréhensible par une déficience maternelle.
Avant lecture, je me posais cette question : est-ce une démonstration pseudo psychanalytique qui montre que parce que la mère n’a pas aimé son enfant, elle en a fait un monstre ?  Je pense malheureusement que si, même s’il faut y mettre des nuances. Parce qu’en plus, Lionel Shriver ne convoque pas d’autres causes souvent invoquées dans le cas d’enfants tueurs : le père de Kevin ne détient pas d’armes à feu (d’ailleurs, ce n’est pas par ce moyen qu’il tue ses victimes), ne joue pas à des jeux vidéo violents et n’est pas victimes de brimades de la part de ses camarades de classe. Non. Si Kevin est intrinsèquement mauvais c’est parce que sa mère ne l’a jamais aimé. C’est un peu court…

 

Il faut qu’on parle de Kevin

Lionel Shriver traduite de l’anglais par Françoise Cartano
J’ai Lu, 2009
ISBN : 978-2-290-00323-7 – 606 pages – 8,40 €

We Need To Talk About Kevin, parution aux Etats-Unis : 2003

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78 commentaires sur “Il faut qu’on parle de Kevin de Lionel Shriver

  1. Je comprends ton point de vue mais pour moi c’est surtout que depuis le départ cet enfant est décrit comme « dérangé, machiavélique » (ce qui est un gros raccourci et qui facilite bien la tâche de l’auteur pour sûr), et que ce que décrit sa mère c’est surtout une énorme culpabilité… N’importe quel parent déçu par un enfant dira « mais qu’est ce que j’ai mal fait »
    La mère se met en cause mais pour moi n’est pas la cause 🙂

    • Hum… tu veux dire que l’enfant a un mauvais fond au départ, je pense… il y a certainement de ça aussi, qu’il est naturellement mauvais, mais quand même, elle décrit assez la période pré-natale pour supposer que là aussi, elle y est pour quelque chose… Mais je comprends ce que tu veux dire.

  2. Je garde un grand souvenir de ce livre très marquant, et auquel j’avais d’ailleurs consécré un billet.

    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec ton analyse. Je ne crois pas qu’on puisse dire que c’est une « démonstration pseudo psychanalytique », car ce serait très incomplet. Je ne pense pas non plus que le thème principal soit qu’une mère qui n’est pas aimante aura un fils monstrueux. Shriver est plus subtile que ça, et s’attache beaucoup au contexte dans lequel le lien d’amour mère-enfant ne parvient pas à se créer. Et pourtant, dans toute la haine de Kevin, quel lien incroyablement fort !

    Mais j’arrête là, car je vois bien que je n’arrive pas à bien m’exprimer, et que j’aurais trop à dire !

    • J’ai rajouté un lien vers ton billet, tout à fait clair. Je n’ai pas pu m’empêcher de voir dans ce texte une démonstration. Certes servie avec un sens aigu du romanesque et le bagage psychologique adéquat, mais une démonstration tout de même… Mais je vois que ton billet date de 2007 et que ce livre est toujours présent à ton esprit… il est marquant, c’est certain…

  3. Je l’ai dans ma pile depuis une demi-éternité, j’étais tentée mais après ton billet, je ne le suis plus du tout du tout, même si tu es partagée. J’ai l’impression qu’on va nous faire la morale tout le long et je n’ai plus vraiment envie, en fait. Weird.

    • Je ne suis pas déçue de l’avoir lu, au contraire car c’est un livre intéressant. C’est ce qu’il signifie qui me gène…

  4. Je ne l’ai pas lu, je le ferai peut-être, je crois avoir bien saisi ton interrogation devant ce roman. Mais tous les enfants mal ou pas aimés ne deviennent pas des tueurs pour autant .. il y a certainement beaucoup d’autres facteurs qui entrent en ligne de compte, et puis l’être humain garde en grande partie ses mystères, on ne peut pas tout expliquer.

    • 100% d’accord, mais là, le but de la romancière est de décrire cet enfant tueur depuis avant sa naissance, non pas le sort des enfants mal aimés. Du coup, elle ne peut pas en faire un enfant modèle, ce personnage est destiné à être un enfant renfermé, désagréable, sournois… d’où justement mes retenues sur ce livre. C’est l’angle qu’elle a choisi qui ne me convient pas, il est évident, prévisible alors que oui, d’autres facteurs auraient été à prendre en compte.

  5. kathel

    Mon billet est plutôt ancien, mais ce dont je me souviens c’est que j’ai eu l’impression que la question était ouverte et que le roman n’était pas entièrement à charge contre la mère… Elle culpabilise, c’est certain, mais la responsabilité du père m’a paru au moins égale à celle de la mère… Et puis la personnalité de Kevin qui n’est pas que le fait de ses parents. Bref, chacun a sa lecture, mais en tout cas, quel sujet !

    • Oh oui vraiment, quel sujet ! On en a parlé à table tous ensemble (mes enfants sont adolescents, quelle conversation autour du jambon purée !) car il soulève bien des interrogations. C’est une plaie ouverte en Amérique où les enfants tueurs sont les plus nombreux (du fait des armes à feu, mais ici, ça n’est pas du tout en cause).

  6. je ne sais dire si je serai tentée de le lire ou pas…

    • Si le point de vue adopté par l’auteur ne me convainc pas, ce livre a au moins le mérite d’engendrer la réflexion…

  7. keisha

    Une lecture pas oubliée, après des années. L’auto accusation de la mère m’agaçait aussi, si tous les gamins mal aimés devenaient des monstres, ça se saurait.

  8. je ne suis pas vraiment tentée par ce type d’histoire, un enfant tueur me dérange toujours très fort, même si je sais que cela existe – et puis je n’aime pas le sous-entendu = c’est la faute à sa manman !
    je ne sais que penser de ce genre d’histoire, c’est pour cela sûrement que je me sens pratiquement « agressée » par ce thème – donc un livre à ne pas noter, malgré ton intéressant billet

    • Si je n’avais été fortement incitée par Brize lors d’un certain week-end bruxellois, il est probable que je n’aurais jamais lu ce livre, car le thème ne m’attire pas plus que ça (je n’ai jamais regardé de films sur le sujet, par exemple). Au final, tout ça me parait simpliste, mais je ne regrette pas ma lecture.

  9. Bonjour Ys ! Cela fait très longtemps que j’ai envie de lire ce livre. Ton billet et les commentaires qui suivent me convainquent de me procurer le livre au plus vite !

    • Je suis certaine qu’il t’intéressera et j’ai hâte de connaître ton avis dessus.

  10. Mince, je l’ai acheté il n’y a pas longtemps, suite à l’enthousiasme de Brize lors de notre week-end et vu les billets positifs. Ton billet me glace ! Bon, je vais encore le laisser dormir quelque temps, j’ai de quoi lire.
    HS : D’ailleurs, j’ai acheté « Just Kids » 😉

    • Décidément, Brize est terriblement influente : c’est elle qui m’a fait acheter ce livre à Cook & Book ! Et je n’ai pas encore craque pour Just Kids mais ça fait trois jours que j’ai « Because the Night » en tête, c’est un signe…

  11. Ton billet m’intrigue fortement et me pousse à noter ce livre, comme quoi un avis mitigé ne dissuade pas toujours les lecteurs (c’est même complètement l’inverse dans mon cas ;))

    • Mon billet rend compte de ma déception face à la façon dont l’auteur aborde ce problème, mais je ne veux dissuader personne de le lire, bien au contraire même, parce qu’il a été la source de bien des questions et même des conversations en famille, ce qui n’est pas si souvent.

  12. Un livre sans doute passionnant mais éprouvant.
    Tu abordes un débat difficile quand au rôle des psychanalystes, qui depuis Bettelheim ont été vécus en accusateurs impitoyables, disant en somme « Mais madame, vous êtes la mère ! ».
    Celui qui dit qu’il y a un problème est forcément persécuteur.
    Heureusement les pratiques ont évolué, c’est un peu trop facile d’accuser quelqu’un qui ne demande que ça: les hommes ne pensent qu’à eux et à prendre le pouvoir, les femmes veulent tout arranger pour les autres… et garder le pouvoir !
    Donc, c’est pas si simple, et la relation que tu fais de ce bouquin me fait penser à ce qui se disait de l’autisme infantile précoce, à la souffrance incroyable des parents devant un bébé qui refuse tout contact, qui les ignore…
    Bref, un sujet terriblement difficile, et puis encore un peu tabou: pas facile de dire qu’avoir un enfant n’est pas forcément un bonheur absolu, qu’il y a parfois des problèmes…
    Maintenant, il y a la part de roman dans ce bouquin, un peu dramatisé, mais il est bien rare qu’une seule personne soit responsable de tout. Quelque peu manichéen, aussi.
    A lire, assurément.

    • Droopyvert, en discutant de ce livre avec mes (grandes) filles, on a justement aussi abordé le sujet de l’autisme, en soulignant la façon dont on a jadis tellement culpabilisé les parents, surtout les mères qu’on jugeait responsables de l’attitude de ces enfants : elles n’avaient pas fait leur boulot de mères correctement et le résultat leur était imputable à elles seules. C’est une dérive de la psychanalyse, un extrémisme terrible qui ne cherche qu’une cause là où il y a plus certainement un faisceau de raisons et de facteurs conjugués. C’est justement ce que je reproche à Lionel Shriver.

  13. j’ai lu ce bouquin il y a très longtemps (au début de mon blog), j’avoue que je ne me souviens pas vraiment ce que j’en avais pensé. J’avais du trouver ça assez étrange… (et après relecture du billet, en fait, ça m’avait plu.) Mais trois ans après, le seul souvenir que j’en ai est une lecture intéressante et étrange, donc !

    • Je pense que le thème bien particulier fera que je me souviendrai de ce livre, malgré mes réserves.

  14. Ah, mais je n’ai pas du tout interprété ce roman à ta manière, parce que, vu sous cet angle, je ne l’aurais pas trop apprécié non plus (malgré la forte tension narrative qui rend la lecture très prenante, je trouve) ! Pour moi, le problème vient de Kevin, de son caractère, de sa nature (contre laquelle il s’avère difficile de lutter) et ce n’est donc pas un procès à charge de la mère (Kevin n’est pas « aimable » au sens propre du terme), avec des messages lourdement amenés en corollaire. Visiblement, ce n’est que ma lecture, mais en tout cas c’est ce que j’avais ressenti.

    • Il n’est pas aimable oui, mais pourquoi ? A qui la faute ? Si l’auteur prend tant de pages à décrire le bonheur d’Eva avant qu’elle soit mère, son mal être pendant sa grossesse, ça vient bien à l’appui de toutes ces thèses qui affirment que le fœtus perçoit tout ce que ressent la mère y compris son malaise et ses réticences envers le fruit de ses entrailles… Mais bon, ce n’est aussi que mon point de vue.

  15. Pour moi, ce roman est un chef d’oeuvre, un vrai coup de poing, sur l’amour maternel, le mal (nait-on mauvais ou le devient-on ?), la culpabilite, etc. – chacun sa verite. Je rejoins l’avis de Plume, la narratrice nous donne des pistes (l’enfant n’a jamais vraiment ete comme les autres) mais nous dit-elle toute la verite ?

    • A lire tous vos commentaires, je vois bien que ce livre est sujet à diverses interprétations. Personnellement, je l’ai trouvé très orienté mais je vois qu’on peut le lire autrement…

  16. Halala, Ys. Tu ne serais pas un peu têtue? 😉
    Note, moi non plus, je ne démords pas de mon point de vue : à mon sens, la mère se demande tout au long du livre si elle est responsable de ce qu’est devenu son fils, mais en dépit même de ce qu’elle raconte de sa grossesse et de la période d’incertitude qui la précède, « Il faut qu’on parle de Kevin » n’est pas pour moi une démonstration qui prouve la culpabilité de la mère. Eva traite de cette éventualité – quelle mère ne serait pas tentée de le faire? – mais ce livre demeure pour moi sans réponse…
    Je suis triste que tu n’aies pas aimé autant que nous autres 🙁

    • Je suis même assez bornée à dire vrai, mais lire vos commentaires contribue à élargir mon horizon ! J’avais encore en tête ton billet enthousiaste quand j’ai acheté ce livre et je ne regrette pas du tout ma lecture même si elle ne rejoint pas la tienne. Rien que pour les discussions qu’elle provoque, c’est une lecture très intéressante.

  17. En tout cas, ça a l’air d’un livre qui ne laisse pas indifférent…

  18. Bon, je n’ai pas lu tous les commentaires! Même si on te l’a déjà objecté, je tiens à souligner mon avis: la richesse de ce roman est son ambiguïté: qui est le monstre? Kevin ou sa mère? Son père est-il coupable de n’avoir rien vu? N’y a t-il pas des dizaines, des centaines de famille, avec une mère mal aimante, un père un peu niais et un fils dur et sociopathe (je m’entends, « sociopathe » recouvre un large vérité!), qui ne finissent pas ainsi…?

    Bref, L. SHRIVER, plus que de défendre une thèse, ou d’essayer d’expliquer, se contente de raconter et d’éveiller notre attention, aux signes qui peuvent conduire au drame…

    • On peut au moins lui savoir gré de n’avoir pas multiplier les causes (mère mal aimante, pratique de jeux vidéo violents, arme à feu à la maison…). Mais par contre, je ne le trouve pas ambigu du tout ce roman, je lui trouve même des accents terriblement démonstratifs… d’où mes réserves…

  19. Tes réserves ne me donnent pas envie de découvrir ce livre!

    • Comme tu peux le lire dans ces commentaires, il a aussi été apprécié.

  20. Rien à voir, mais tout près de chez moi, il y a aussi un Cook and Book !

    • Euh, je crois donc que j’étais près de chez toi, puisque c’est du Cook & Book de Bruxelles dont je parle, j’y étais début octobre. Quelle librairie vraiment, un vrai bonheur et ça doit être difficile de vivre juste à côté, sauf avec un gros porte-monnaie !

  21. Je trouve ta théorie intéressante et j’ai beaucoup aimé lire ton article. Par contre je ne suis pas certaine d’avoir finalement très envie de lire ce roman. Je l’avais en tête depuis qu’il avait été si présent sur les blogs mais j’avoue que si je n’ai jamais eu envie de le lire à la minute, ton avis me refroidit encore un peu plus. Je ne suis pas sûre qu’il me plaise…

    • c’est un livre à lire je crois, non pas au niveau littéraire mais pour toutes les théories qu’il met en oeuvre, à plus ou moins bon escient (et ravie de te vir de retour !).

  22. Dans l’extrait que tu cites, la mère dit qu’elle s’efforçait de babiller et de roucouler et que cela sonnait faux. Je la comprends! je n’ai jamais aimé le « parler bébé »( je trouve que ça abêtit l’enfant pour ne pas parler des adultes qui s’y prêtent), et je me suis toujours adressée à mes enfants petits, d’une façon naturelle.

    A part ça, le livre m’intéresse beaucoup pour son sujet, je ne suis pas sûre qu’il soit traité d’une façon qui me convienne, mais je le note tout de même.

    • Je suis tout à fait d’accord avec toi. Ma collègue de la section jeunesse parle aux enfants comme s’ils étaient des débiles mentaux, je trouve ça tout à fait déplacé…

  23. Valérie

    J’adore ce livre car il m’a valu des discussions passionnantes avec des amies ou des blogueuses qui n’avaient pas enti le parti-pris de Lionel Shriver contre la mère (d’ailleurs je sesn que l’une de mes collègues a toujoursd un léger doute). Je crois qu’on ressent ce livre différemment selon le caractère de ses enfants. Car Lionel Shriver culpabilise les mères comme personne. Cependant, ce livre m’a renversée, la fin m’a surprise, je n’en ai presque pas dormi de la nuit. Enfin bref, c’est un livre que je n’oublierai jamais et que je ne cesse de recommander (mais jamais aux femmes enceintes).

    • Oui, le livre est bien construit, tu as raison de le souligner, l’auteur surprend le lecteur à la fin. Je suis contente de constater que nous avons la même lecture de ce livre.

  24. ce fut une lecture très marquante, j’en ai d’ailleurs débattu avec Val qui m’a devancée dans les commentaires…ça ne peut laisser indifférent !

    • Qu’est-ce que j’aime ces romans autour desquels on peut discuter pendant des heures ! J’adore quand chacun apporte des arguments, défend son point de vue et finalement convainc chacun de lire pour se faire son propre avis. J’adore les livres qui font débat !

  25. Je n’ai pas lu tous les commentaires car je n’ai pas trop le temps ce soir, mais je suis ravie de voir qu’un tel livre suscite une telle réflexion.
    Bon, cela dit, je ne sais pas si j’aurais vraiment envie de lire un tel livre car d’après ce que j’ai compris il semblerait que la mère ait une grande place dans cette histoire … et j’avoue que ça me gêne ce discours ambiant qui fait des mères les principales fautives. Surtout que bon, avant la naissance je doute que tout soit signé d’avance …
    Mais tu l’auras compris, voici une intrigue qui m’intrigue tout de même.

    • Je ne crois pas que ça soit un discours ambiant, en tout cas, ça ne l’est plus. C’est un discours possible, celui de ceux qui en sont restés au freudisme pur et dur sans jamais voir au-delà…

  26. J’avais lu les 50 premières pages et j’avais abandonné tellement je m’ennuyais et tellement les idées véhiculées ne me plaisaient pas.

    • Si tu n’as pas apprécié les premières pages et pas eu envie de supporter ce genre de thèses, tu as eu raison d’arrêter ta lecture.

  27. Je viens de lire ton billet et toute la discussion qui a suivi! Que j’aime ces échanges autour d’un même livre!
    Je me pose la question: et si au lieu d’un Kevin, la jeune maman avait eu une petite Marie, par exemple, quelle sorte de monstre serait devenue celle-ci avec une mère mal aimante, une tueuse aussi ou bien cette violence est-elle réservée aux jeunes garçons? Tant de questions encore soulevées par ce sujet!
    En tout cas, pour moi,ce n’est pas le moment de lire un tel livre et je préfère me consacrer à l’espoir et à la douceur d’une nouvelle petite vie apparue il y a six jours dans mon quotidien! 🙂

    • La maman de Kevin a ensuite un autre enfant, une petite fille, avec laquelle tout se passe bien, malgré ses craintes. Ce qui pourrait amener à penser que c’est Kevin qui est mauvais, c’est vrai, sauf que cette fois, c’est le deuxième enfant, que la mère a en quelque sorte besoin de faire mieux, beaucoup mieux, et qu’enfin, c’est une fille, ce qui comme tu le soulignes, change tout.

  28. Cela fait plusieurs mois que ce livre est dans ma « liste à lire », le debat qu’il ouvre, me tente même si à la lecture de ton article je constate que le postulat de depart ne m’echante guere. Notre éducation et la relation que l’on tisse avec sa mère ne peu pas être la raison de tout, elle peut surement permettre d’analyser des breches. Même si, apres avoir beaucoup lu Stéphane Bourgoin, le constat que le rapport à la mère est un point commun à beaucoup de tueurs, meurtriers, mass-murder… est la.

    • Tu auras bien compris que je ne cherche pas à minimiser l’importance de la mère, loin de là. C’est juste la vision univoque de l’auteur qui me gène et, à mon avis, son intention d’inculper la mère.

  29. Je ne connaissais pas du tout mais je note. Il m’intéresse grandement.

    • Comme tu le constates, ce livre ne laisse pas indifférents ceux qui l’ont lu.

  30. Pas tentée car je crois que ce bouquin va me mettre en colère. C’est trop facile d’incriminer la mère ! Certes de l’amour maternel doit adoucir les être humains. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue qu’il y a tout un tas de critères : le caractère de base, la société…
    Maintenant, les mères d’enfants délinquants vont être culpabilisées, on va les regarder comme des monstres froids qui sans aucun doute uniquement fait semblant d’aimer leur enfant ?

  31. un roman difficile pour une mère, non?

    • Ah ben voilà, rien qu’en lisant mon billet, tu culpabilises déjà… 🙂

  32. Je suis d’accord avec l’auteur : « Ah bas le smauvaises mères ». Mais et les mauvais pères, alors ? Si on en parlait un peu plus…..

    • Celui du roman est surtout stupide, ça n’est pas une image très reluisante de la paternité…

  33. Je note, les thèmes me plaisent !!!

    • Je te souhaite une bonne lecture et la bienvenue ici !

  34. J’hésite! Ce n’est pas le genre de roman que j’aime d’habitude mais ton billet m’a intriguée!

    • Ah mais oui, j’espère que tu es intriguée après le mal que je me suis donné ! 🙂

  35. Isa

    Je viens de lire « Double faute » de cette auteure et franchement c’était pas terrible. Mais j’ai quand même envie de lire d’autres romans d’elle et pourquoi pas celui-ci. Il avait déjà attiré mon attention à la librairie et ton billet attise ma curiosité.

    • J’ai lu pas mal de billets sur Double faute qui ne m’ont pas donné envie, trop basé sur le tennis à mon goût. Ici, ça n’a absolument rien à voir et c’est à tenter.

  36. Cela fait très longtemps que j’ai ce livre dans ma PAL et n’arrive toujours pas à me décider… 🙁

  37. Noukette

    Visiblement, c’est une lecture choc… Je me ferais bien mon propre avis…!

    • j’espère qu’il suscitera beaucoup d’échanges et de conversations.

  38. depocheenpoche

    J’avais l’intention de le lire pour le challenge épistolaire et je suis bien contente après avoir lu ton article de l’avoir listé pour ce challenge.

    • Il s’inscrit quand même dans les marges du genre… je ne peux pas dévoiler pourquoi, mais c’est limite…

  39. Jessie

    J’ai dévoré ce livre. Tous ceux qui l’ont lu se sont probablement attardé sur le pourquoi. Je crois que ce n’est pas la bonne question, et que l’auteure essaie de véhiculer ce message, peut-être plus vers la fin. Elle aime son fils, mais pas de la façon dont les parents aiment généralement leurs enfants.
    On pourrait faire des analyses freudiennes jusqu’à la fin des temps avec ce roman, mais ça serait lui ôter ce qu’il a de si particulier.
    Le livre, il vient vous chercher jusqu’aux trippes, et c’est vrai qu’il est limite. Ce n’est pas pour tous le monde, assurément. Reste que c’est une lecture marquante.
    Quant à ceux qui décident de ne pas lire un livre ou d’écouter un film parce qu’on vous a dit que c’était mauvais…..
    Faites vous donc une idée par vous-même…..

    • C’est typiquement le genre de livre qui donne lieu à des polémiques sans fin, avec des irréconciliables… Je n’ai pas aimé le message sous-jacent, il y a manipulation, je trouve… mais tu as raison, mieux vaut se faire sa propre idée.

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