B.P. 9 de Jack O’Connell

B.P. 9 de Jack O'ConnellAprès une lecture tout à fait réjouissante quoique sombre de Dans les limbes, j’avais envie de retrouver Jack O’Connell et sa ville de Quinsigamond, quelque part sur la côte est. Dans B.P. 9 l’histoire est beaucoup moins intimiste cette fois puisqu’on suit principalement une femme flic, Lenore.

Le maire Welby a décidé de mettre les forces de police sur les traces du mystérieux jargon, une nouvelle drogue qui semble avoir été mise au point par deux scientifiques qu’on a retrouvé assassinés. Et dont le meurtre a été maquillé en crime puis suicide par les chefs. Il s’avère bientôt que des comprimés de jargon circulent déjà et qu’un trafic se met en place.

Parmi les trafiquants, les collègues de travail d’Ike, le frère de Lenore. Il travaille au service des Postes, se fait maltraiter par ses collègues, ceux-là même qui tentent de s’acoquiner avec les vrais méchants de Bangkok Park. Bientôt, Ike trouve sur le comptoir du guichet des paquets vraiment écœurants, grouillant, anonymement adressés à la boîte postale 9, la fameuse B.P. 9. Une mauvaise blague de plus de ses collègues ? Un avertissement sur lequel il serait malencontreusement tombé ? Il n’en dit pourtant rien à sa sœur qui doit à contre-cœur faire équipe avec un universitaire d’origine asiatique spécialiste du langage.

Une enquête sur la drogue, même tout à fait nouvelle, n’est pas très originale. Ça n’est d’ailleurs pas tant l’enquête qui prime que le personnage de Lenore, cette femme flic tout à fait atypique, vraiment pas dans les cadres, qui fait son boulot à la brigade des stups tout en étant elle-même consommatrice. La ville de Quinsigamond se met ici en place et servira de cadre à tous les autres livres de O’Connell qui d’ailleurs fera par la suite de moins en moins policier pour faire de plus en plus psychologique. On sent que l’auteur a besoin de mettre en place un contexte, des personnages (même s’ils ne sont pas récurrents, ils font la ville), une situation sociale pas loin du désespoir version post industrielle.

Ceci dit, je n’ai pas été convaincue par B.P. 9, l’intrigue me semble trop diluée et les capacités de cette drogue (entre autres sur le langage) pas assez développées. Intrigue et personnages ne sont pas assez serrés, les digressions trop longues par rapport à leur utilité. Certains personnages restent dans l’ombre, mais peut-être les retrouvera-t-on plus tard, car pour ma part, je n’abandonne pas l’auteur sur cette petite déception.

 

B.P. 9

Jack O’Connell traduit de l’anglais par Gérard de Chergé
Rivages/noir, 2007
ISBN : 978-2-86930-892-3 – 481 pages – 10.40 €

Box nine, publication aux Etats-Unis : 1992

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B.P. 9 de Jack O’Connell

8 commentaires sur “B.P. 9 de Jack O’Connell

  1. Bonjour Ys,
    C’est dommage, l’idée de départ me semblait intéressante.
    Une chance que nous avons d’autres choix !
    Merci pour cette chronique.

  2. Du coup, je me demande s’il ne vaut pas mieux que je commence par celui-ci pour ensuite monter en puissance avec un titre encore meilleur 🙂 Font-ils partie d’une série ?

  3. Je ne crois pas avoir déjà lu Jack O’Connell. Tu as un titre en particulier à me conseiller ? (en général, la collection Rivages/Noir ne me déçoit pas)

Les commentaires sont fermés.

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Bonjour,
voici un article à lire sur Tête de lecture : http://yspaddaden.com/2011/05/23/b-p-9-jack-oconnell/