Le chemin des âmes de Joseph Boyden

Le chemin des âmesIl ne me paraît même pas nécessaire de rappeler l’engouement suscité par ce livre tant il a été apprécié. Engouement qui m’a laissé penser que j’allais l’apprécier moi aussi. En théorie. Car dans les faits, ce fut un grand ennui qui me valut de jeter l’éponge page 290. Je pourrais reprendre un à un les arguments des uns et des autres en faveur de ce texte, et les retourner à l’inverse pour expliciter ma déception, mais ce serait fastidieux et vain. Résumons d’abord.

Deux jeunes Indiens canadiens sont envoyés sur le front en France et en Belgique pendant la Première Guerre mondiale. Ils sont amis depuis l’enfance. L’un, Xavier le narrateur, est assez réservé, l’autre, Elijah, est fanfaron et sûr de lui, attitude accentuée par son goût puis sa dépendance à la morphine. C’est alors qu’il rentre de la guerre, unijambiste, transporté par sa vieille tante en canoë, que Xavier se souvient de son enfance avec Elijah mort sur le front, et de la guerre. Ces souvenirs sont entrecoupés d’épisodes de la vie de la tante qui elle aussi se souvient de sa vie de femme indienne libre dans les bois.

Les chapitres concernant la vie de Niska, femme indienne, m’ont intéressée, car ils racontent la vie d’une femme qui a refusé d’obéir à la loi des Blancs et choisi de se réfugier dans une réserve.

Ce sont les chapitres dédiés à Xavier et Elijah qui ont eu raison de mon intérêt, en particulier ceux de la guerre : les embuscades, le plaisir de tuer et les faits d’armes, les descriptions minutieuses de chaque avancée, les nuits de veille, la boue, les poux… point trop n’en faut, je me lasse. J’attendais une réflexion sur la pertinence (ou pas bien sûr) de la présence dans les tranchées européennes de peuples si lointains et si étrangers au conflit ; sur la notion d’engagement ; sur la valeur de la liberté et de la solidarité. Rien de tout ça n’est venu, en tout cas pas avant la page 290.

Peut-être ce livre est-il trop documenté, trop anecdotique pour avoir une âme, en tout cas, j’ai lu des livres bien plus forts sur l’identité indienne et je suis déçue.

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Le chemin des âmes

Joseph Boyden traduit de l’anglais par Hugues Leroy
Albin Michel, 2008
ISBN : 9782226186676 – 400 pages – 22,80 €

Three-Day Road, parution au Canada : 2004

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60 commentaires sur “Le chemin des âmes de Joseph Boyden

  1. Bonjour Ys,
    Il va falloir que je recherche les raisons de l’engagement des indiens dans l’armée canadienne. Tout ce que je peux dire pour le moment c’est que l’engagement de La Grande-Bretagne entrainait automatiquement celui de ses possession.
    Je ne me souviens d’ailleurs pas si on indique le nom de la tribu, peut-être des Métis ?

    • Les deux héros sont cree (je ne connaissais pas cette tribu).

  2. Quelques infos rapides (vive internet)
    Pendant les deux premières années de la guerre, le Canada compta sur un système volontaire de recrutement militaire. Il n’adopta une politique de conscription, ou service obligatoire, qu’après un long et difficile débat politique en 1917.
    On peut donc supposer que Xavier et Elijah se sont engagés pour la solde.

    Le Papou

    • Oui, c’est possible, mais j’aurais aimé en savoir plus sur leurs motivations, ce n’est quand même pas rien de traverser ainsi l’Atlantique pour risquer sans vie dans des conditions aussi terribles, surtout après tout le mal que les Blancs qui s’affrontent ont fait aux Indiens…

  3. Ah mince, çà a été un coup de coeur pour moi. Il faut dire que je l’ai lu pour la guerre de 14 et pas spécialement pour l’identité indienne qui est venue en plus.

    • Je crois bien que tu mets le doigts sur le problème : moi, je m’attendais à lire un livre sur les Amérindiens…

  4. Je reconnais que c’est un livre qui est arrivé au bon moment pour moi car cela aurait pu ne pas me plaire non plus. Je crois que les Indiens qui se sont retrouvés dans les tranchées pendant la Grande Guerre n’ont pas eu le temps de se poser la question de ce qu’ils faisaient là et de philosopher sur le sujet … l’auteur nous fait juste ressentir ce qu’ils ont vécu et qui forcément a influencé ce qu’ils sont ensuite devenus. Mais je ne voyais pas ce roman comme un livre sur l’identité indienne, juste sur une période de la vie de certains !

    • C’est l’auteur qui je crois aurait dû éclairer les raisons de cet engagement puisqu’il traitait du sujet…. s’il ne les connais pas ces raisons, il aurait pu les supposer, en choisir une pour chacun des héros et les expliciter… c’est ce que j’attendais pour ma part, mais j’ai certainement tort de ne pas me laisser porter et d’attendre quelque chose de précis.

  5. Ah tiens, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire quand j’ai lu qu’un indien pouvait se prénommer Xavier. C’est un peu comme Jean-Jacques l’Inuit, ou Micheline la Pakistanaise… :))

    • Un des personnages y fait allusion, mais l’auteur ne donne pas d’explication, c’est d’ailleurs rageant… (je me souviens que dans une série de bit lit américaine, un vampire s’appelle Jean-Claude : sexy, non ?).

  6. keisha

    Je me sens moins seule ce matin, après ton billet et celui de mango. Car j’avais abandonné bien avant, vers la page 50, trop de tranchées je suppose…
    Quant à l’implication du canada dans la première guerre mondiale, la décision a été prise, mais pas sans vifs débats, si j’ai bien compris ce que racontait mon guide québécois lors de mon dernier voyage

    • 50 ?! Tu ne lui as vraiment pas laissé beaucoup de chance… je suis indulgente finalement…

  7. J’ai été « laminée » quand j’ai osé dire que ce roman ne n’avait pas touchée plus que ça. Je suis donc ravie de lire ton billet.

    • Les blogueurs sont impitoyables…

  8. Des avis très partagés sur ce livre !

    • Ça n’est pas plus mal… pour ma part, je n’avais encore lu que du bien et en lisant, je me sentais comme une extraterrestre, une sans coeur encore une fois…. mais voilà que ceux (celles) qui n’ont pas aimé sortent du bois 😉

  9. kathel

    Cela me peine toujours un peu qu’un de mes coups de coeur ne provoque qu’ennui chez les autres ! Non, je comprends, mais je peux te dire que quand je l’ai lu, je n’en attendais rien de spécial et c’est donc l’association des thèmes très forts qui m’a séduite… Je en sais pas si je suis claire !

    • C’est pareil pour moi, quand un livre m’a beaucoup plu et que quelqu’un ne l’a pas apprécié, j’ai souvent du mal à comprendre, limite si je ne casse pas une tonne de cailloux avant d’écrire mon commentaire 🙂

  10. Je suis allée jusqu’au bout mais j’avoue ne pas avoir compris le pourquoi de tant d’engouement pour ce livre. Je me sens moins seule moi aussi 🙂

    • La blogosphère étant de plus en plus vaste, impossible de rester seule dans son coin 😉

  11. Qu’est ce que j’ai aimé ce bouquin qui associe la noirceur, l’oppression des tranchées à la nature et les grands espaces canadiens. Et puis, cette confrontation du jeune qui revient de la guerre avec sa grand-mère qui a vécu elle aussi des événements tragiques et s’y est opposé est somptueux. Un livre qui m’a marqué, je m’en souviens encore et pourtant, j’ai lu beaucoup de puis.

    • Moi qui n’aime pas la nature dans les romans, j’aurais même apprécié les grands espaces s’il n’y avait pas eu toutes ces descriptions à n’en plus finir sur la guerre… Si j’avais eu envie d’un livre sur le sujet, j’aurais été cherché dans les classique du genre…

  12. Voilà un débat intéressant…
    L’avis favorable de certains ne fait pas forcément un bon livre, je comprends que l’accumulation de détail puisse mener à l’overdose, pourtant, à part quelques exceptions, on attend encore ici l’équivalent, à savoir un débat sur l’engagement des troupes coloniales dans la grande guerre, surtout envisagé d’un point de vue subjectif… nous avons encore à nous poser des questions.
    Mais cela n’en fait pas forcément un bon livre.

    • Mais oui bien sûr. En lisant, j’avais aussi en tête un livre lu il y a peu (billet pas encore publié, mais ça viendra) : Galadio de Didier Daeninckx qui raconte la vie d’un jeune métis né d’une mère allemande et d’un père Africain engagé dans les troupes coloniales françaises pendant la Deuxième Guerre mondiale. Voilà qui est intéressant et qui en plus du romanesque donne au lecteur des infos et des sujets de réflexion. C’est ce qui manque ici, je trouve.

  13. Inutile que je développe ici combien tu me brises le cœur ;-).
    Dans ce qui a été un vrai (et rare) coup de cœur, j’ai aimé tout ce que tu as détesté : la description minutieuse et sans concession des tranchées, le traumatisme des soldats, les pauses plus « poétiques » quand on revient sur les événements liés à la grand-mère…
    Je n’avais pas appréhendé ce récit comme un roman sur les amérindiens mais comme un récit de guerre dont certains protagonistes s’avèrent être des amérindiens. Et en ce sens, je n’ai pas été déçu.
    D’ailleurs, rien que pour le fait de rappeler que les troupes alliées comptaient des Native Americans dans leurs rangs (ce qu’on a tendance à ignorer/occulter, comme chez nous avec les soldats issus des colonies), ce roman vaut la peine qu’on s’y intéresse.
    Enfin, parce que je pense que Boyden peut tout de même te plaire, si tu n’es pas allergique aux nouvelles, tu devrais trouver ce que tu cherchais sur la vie des Amérindiens dans « Là-haut, vers le nord ».

    • Merci pour ce conseil. J’ignorais que des Amérindiens s’étaient engagés durant la Seconde Guerre mondiale et j’aurais justement aimé en savoir plus sur leurs motivations. Je crois que c’est mon principal grief contre ce livre…

  14. Ah, voilà qui aiguise fortement ma curiosité…
    Ce livre est dans ma PAL depuis un bon moment, et c’est vrai que je n’en avais lu jusqu’à présent que des avis favorables.
    Peut-être vais-je faire un dernier ajout à la pile qui attend d’entrer (de force) dans ma valise !!

    • Aïe, ces maudites valises non extensibles 🙂

  15. Ce n’est jamais agréable d’être aussi nettement déçue par un livre dont on n’avait entendu que des louanges jusqu’alors. C’est pourquoi,quand j’ai appris que tu éprouvais la même réaction, je me suis réjouie en me sentant moins seule. Je crois que je l’aurais sans doute apprécié sans cette succession de détails et de descriptions militaires dont je ne suis pas friandes. Par instants je me croyais presque dans la lecture de la revue « Jeux et Stratégie » chère à mon fils. J’ai tendance à penser comme In Cold Blog l’a écrit que ce livre devrait plaire davantage aux hommes , ce que confirme un autre commentaire précisant que les élèves masculins aimaient précisément beaucoup ce livre pour ces détails mêmes.

    • Moi aussi, ton ennui m’a soulagée… Je ne connais pas cette revue, mais sûr, elle ne serait pas ma tasse de thé ! Masculin ce livre, je ne sais, bien des blogueuses semblent avoir apprécié aussi. En tout cas, je ne m’attendais pas à ça, à tous ces détails qui ont eu raison de ma patience…

  16. emmyne

    Ouf, trois fois ouf, ce roman n’a pas passé la pré-sélection malgré moult hésitations… -).
    ( pour la part, je pense que je vais me laisser tenter. Un jour. )

    • Tu as un flair du tonnerre, meilleur que le mien !

  17. Glourps ! J’ai très envie de lire ce livre depuis pas mal de temps, et l’auteur tout court. Tu douches un peu mon enthousiasme… 🙂

    • Comme ça, te voilà prévenue…

  18. J’avais bien envie de le lire mais pour une raison plus qu’étrange (quand on me connaît) il n’a jamais rejoint ma pile… Bizarrement, à la lecture de ton billet et des commentaires, j’ai davantage envie de le lire. Juste pour voir ce que moi, je vais en penser… Et si je ne m’abuse, les Cree, c’est l’orthographe anglaise des Cris, comme on les appelle ici, l’une des plus nombreuses nations autochtones ici. Mais je pense que ce roman se passe quelque part dans l’ouest, non? Et Le Papou a raison pour l’engagement. Je ne sais pas pour les premières nations mais ici, l’engagement de la Grande-Bretagne égalait l’engagement du Canada. La conscription a eu lieu en 17 (au Québec, ça n’a pas du tout été bien pris dans plusieurs milieux) alors s’ils sont partis avant, ce devait être volontaire! Mais je radote, hein! 😉

    • Non, ils ne sont pas partis avant. Je crois qu’ils sont de l’Ontario, ils vont à Toronto pour leur enrôlement, à l’est donc. Pour toi, ce genre de livre doit avoir un autre son qu’ici, je me demande s’il a eu du succès au Canada…

  19. Tu as le droit d’être déçue comme d’autres ont le droit d’avoir aimé ce roman dont j’en suis. Faut dire qu’ayant su sang amérindien dans les veines peut-être est-ce qu’il m’a touchée différemment;-)

    Tu écris et je te cite:
    «[…]mais j’aurais aimé en savoir plus sur leurs motivations, ce n’est quand même pas rien de traverser ainsi l’Atlantique pour risquer sans vie dans des conditions aussi terribles, surtout après tout le mal que les Blancs qui s’affrontent ont fait aux Indiens.»
    Tu sais, nombre de ces hommes étrangers au conflit n’avaient pas le choix et les indiens, entre autre, n’avaient rien à dire. Ils étaient obligés.
    Puis sur ces descriptions de batailles, je t’avoue que oui, par moment, elles sont longues mais elles sont nécessaires à la compréhension de ce que ressentaient Elijah et Xavier face à ces horreurs…
    Enfin c’est mon opinion et je te souhaite de trouver quelques lectures te parlant plus d’amérindiens. Quelques bons auteurs amérindiens : Sherman Alexie, Bernard Assiniwi, Mary Crow Dog, Louise Erdrich, Robert Lalonde et d’autres comme Dee Brown et Jim Fergus qui ne sont pas amérindiens mais qui écrivent fort bien sur le sujet. 😉

    Pour LVE :
    Je vous cite : «Ah tiens, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire quand j’ai lu qu’un indien pouvait se prénommer Xavier. C’est un peu comme Jean-Jacques l’Inuit, ou Micheline la Pakistanaise…»
    C’est ce qui s’est produit lorsque les tribus amérindiennes furent assimilées aux blancs dans une époque pas trop glorieuse autant au Québec, Canada qu’aux États-Unis. Les amérindiens n’avaient aucun droit. Ils devaient tout laisser derrière eux même leur langue, même leur nom….

    • Merci Suzanne pour toutes ces précisions, merci beaucoup. Ton commentaire me fait regretter que l’auteur ne nous en disent décidément pas plus. La position des Amérindiens lors de ce conflit semble être semblable à celle des Africains des colonies françaises qui ont été contraints de venir se battre en France aux côtés des Français qui occupaient leurs pays… Et nous non plus ici, on en n’entend pas beaucoup parler, pas plus à l’école qu’en littérature… Merci pour les références d’auteurs aussi, je les note précieusement. J’ai lu Sherman Alexie et aussi James Welch qui m’a énormément plu.

  20. Bien sûr James Welch 😉 Oubli bien involontaire crois-moi!

  21. Cela fait un moment que je tourne autour de ce roman sans me décider, alors que j’ai beaucoup aimé les nouvelles de « Là-haut vers le nord ». Je crains aussi de m’y ennuyer, je crois… mais le commentaire d’ICB m’a remotivée : il faudra donc que j’aille me faire ma propre opinion (mais je me connais, je ne suis pas du genre très persévérant, donc je verrai rapidement si ça passe ou non).

    • En effet, si tu as aimé son recueil de nouvelles, tu devrais le tenter, ce roman pourrait te plaire, et maintenant tu sais qu’il y est beaucoup question de guerre.

  22. Malika

    Quant à moi, j’ai carrément écrit dans mon billet que ce roman avait une âme !!! …
    J’ai vraiment été happée par la beauté de ce livre, tant par la plume que par le regard de cet auteur . C’est un roman qui parle des âmes et des différents chemins qu’elles peuvent suivre au moment du chao général avec cette narration a deux voix qui donne toute la puissance du roman … bon bref, jai adoré !!!!

    • C’est étonnant comme les avis peuvent changer d’un lecteur à l’autre, je n’ai pas du tout était sensible à cet aspect du texte, trop accablée par les détails sur les combats…

  23. ohh, moi j’ai adoré cette lecture, le sujet, les descriptions de guerre, la relation entre les amis d’enfance, l’implication des Indiens Canadiens dans la 1ere guerre mondiale, la poésie du texte et j’en passe …

    • Je me suis ennuyée pendant 290 pages, alors j’ai trouvé préférable d’arrêter…

  24. Ce roman ne m’a jamais attiré, je ne sais pas pourquoi. Je suis contente que tu dises que ça ne t’a pas plu car ça fait sortir de l’ombre pas mal de lecteurs déçus qui ne l’avaient pas dit. Car je me disais parfois que je devais passer à côté de quelque chose vu que je ne voyais que des avis positifs.

    • J’imagine que certains ne font pas de billets sur les livres qu’ils n’ont pas aimés, ou abandonnés en cours de lecture, alors quand un billet leur semble le reflet de leur propre ressenti, ils en profitent pour se manifester…

  25. Punaise, t’as le chic de détester tous mes chouchous ! Tu vas devenir un cas désespéré pour moi 😆

    • Il va falloir qu’on se réconcilie… 😉

  26. Il ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, en tout cas.

    • Je crois que je l’oublierai aussi…

  27. il dort sur mon étagère… jamais envie de m’y mettre et ce n’est pas ton billet qui va me convaincre du contraire 😉

    • Chut… laissons-le dormir…

  28. Tom

    J’ai ce roman sur ma LAL, ou plutôt ma LAA (à acheter) puisqu’il ne m’attend pas encore sur les rayonnages de ma bibliothèque.

    J’ai découvert Joseph Boyden l’année dernière lors du Festival America, et j’ai commencé en lisant Les Saisons de la solitude (Through Black Spruce) qui m’a beaucoup touché.

    Je crois qu’il ne faut pas le lire pour forcément apprendre des choses sur les Cree Ojibwe qui sont ses ancêtres du côté maternel, sinon au détour d’une page, par hasard. Il se trouve juste que ses personnages principaux sont Cree, parce que c’est l’héritage dont il a choisi de se servir, mais il ne se voit pas comme leur ambassadeur, en tout cas pas de manière active.

    Pour ce qui est du Chemin des âmes, ce que j’en ai compris et qui m’a donné envie de le lire, c’est que c’est l’histoire de deux hommes dans la guerre et, tout de même, le bouleversement particulier qu’elle représente pour eux en ce qu’elle les catapulte dans une civilisation qui n’est pas la leur.

    A noter par ailleurs le roman d’Amanda Boyden (Mme Joseph !), En attendant Babylone (Babylon Rolling), histoire très touchante d’un quartier cosmopolite de la Nouvelle-Orléans avant Katrina.

    • Oui, ce sont bien deux hommes dans la guerre, mais ce que je pensais lire c’était deux Indiens dans la guerre, et c’est pourquoi surtout j’ai été déçue. Je trouve dommage de choisir deux Indiens et de traiter le sujet pratiquement comme s’ils ne l’étaient pas, c’est incompréhensible pour moi…

      • Tom

        Je n’ai pas dû bien m’exprimer tout à l’heure : à mon avis, les personnages ne sont Indiens que parce que l’auteur l’est, mais son propos n’est pas de montrer leurs spécificités d’Indiens. Il les montre comme des hommes, un point c’est tout. Pour une littérature plus marquée de ce côté-là, il vaut mieux lire Harrison ou, dans un autre genre, Tony Hillerman ou Craig Johnson.

  29. guillaume

    Bonjour,

    Je suis assez d’accord avec le dernier commentaire. Boyden n’a pas tant voulu nous dépeindre deux indiens dans la guerre que deux hommes dans la guerre. Elijah et Xavier, à mon avis, pourraient tout aussi bien être allemands ou français, leur spécificité autochtone dans les épisodes des combats n’est guère mis en avant, mis à part quelques séquences tout de même dans lesquelles les deux protagonistes se parlent en cree pour ne pas être compris de leurs camarades « blancs » ou quand Elijah se fait une collection de scalps quand il part faire en solo un carnage de nuit dans le camp ennemi (ceci m’a fortement rappelé un épisode similaire de « Légendes d’Automne » où Brad Pitt pendant la première guerre mondiale prélève le scalp des ennemis…).
    J’ai beaucoup apprécié ce roman, l’alternance de la narration par la tante et le neveu dans deux climats différents m’a littéralement aspiré (j’ai lu les 450 pages en 3 jours), et j’ai trouvé le dénouement (l’explication du retour au pays de Xavier et non d’Elijah) d’une tristesse absolue.
    Ceux qui ont été rebutés par la description de la guerre peuvent peut-être faire un autre coup d’essai vers « Les saisons de la solitude) qui reprend le système de narration à deux voix, dont l’une en milieu urbain. Une très belle lecture aussi à mon avis, peut-être plus digeste pour vous, ne soyez pas découragés.
    Excusez-moi pour la forme de mes messages qui font un peu lettre de motivation mais je prend connaissance du site aujourd’hui de manière fortuite et j’ai tout de suite envie de mettre un commentaire.

    • Sandrine

      N’ayez crainte, je n’ai rien contre les commentaires consistants bien au contraire. Il n’est pas dire que je ne relirai pas Boyden à l’occasion, mais là effectivement, j’ai été déçue. J’attendais quelque chose (attitude souvent néfaste quand on ouvre un roman : en attendre quelque chosede précis) qui n’est pas venu.

  30. Boby

    Bonjour,

    Je débarque un peu tard mais je viens de terminer ce livre qui m’a beaucoup plu, pour les raisons similaires à celles évoquées par Guillaume. Je ne veux pas développer d’avantage les pour et les contres et surtout je conçois qu’on puisse être allergiques à certains genres. Il y a encore quelques temps, je ne supportais ni les polars, ni les romans qui traitent de la guerre et ce n’est que récemment que je m’y suis mis. Pour moi, ces histoire étaient faites pour les anciens combattant! Je crois que c’est à la lecture de « l’armée des ombres » de Joseph Kessel que j’ai change d’avis et je me demande, sans vouloir rentrer dans les cliches, si Joseph Boyden ne touche pas une sensibilité plus masculine avec ce livre qui décrit longuement la guerre..

    J’ai eu envie de lire ce livre car je suis curieux de découvrir la culture Amérindienne et je n’ai pas été déçu: On découvre un peu les peuples Créé et les Ojibwa, quelques une de leurs coutumes et traditions, leur assimilation forcée et on termine avec l’envie de vérifier, d’en savoir plus. Bien que l’auteur ne rentre pas dans les explications, il emmène le lecteur à un questionnement et ouvre la porte à plus de recherches. Je pense que Joseph Boyden est avant tout un romancier pas un historien et que du coup, pour ceux que le thème a interpellé, ce livre est une réussite.

    • Merci pour votre commentaire. Je lis beaucoup de romans sur la guerre et les traditions améridiennes m’intéressent mais curieusement, le mélange des deux ici ne m’a pas convaincue. J’ai eu une assez semblable déception avec un roman de Louise Erdrich, où il était aussi question d’Améridiens (j’ai oublié le titre), mais je n’ai pas accroché. Je crois que ce qui me rebute le plus dans ces romans, ce sont les très longues descriptions de la nature, elles m’ennuient quasi toujours…

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