Le monde libre de David Bezmozgis

David Bezmozgis fait partie de ces jeunes auteurs nord-américains repérés par le New Yorker parmi les « 20 Under 40 » qui se distinguent. Jeune auteur donc, canadien celui-là, aux origines lettonnes, c’est-à-dire soviétiques. Le Monde libre raconte l’histoire d’une famille, les Krasnansky, qui pourrait être la sienne,  qui vient de quitter Riga pour le monde libre. La destination initiale est Chicago (via Vienne et Rome), mais rien ne se passe comme prévu, si ce n’est le séjour à Rome où chacun attend son visa pour ailleurs. Pourquoi par Israel qui accueille bien sûr à bras ouverts les émigrés juifs de tous pays ? Mais l’état de guerre et l’incertitude au Moyen Orient poussent la famille à opter pour le Canada. Il va falloir attendre de longs mois, s’installer, trouver du travail…

Ce sont ces six mois-là que raconte David Bezmozgis dans ce premier roman, et effectivement, il est long, très long ce semestre. Tellement long que j’ai jeté l’éponge page 224, désespérant de m’intéresser à la situation d’aucun des membres de la famille. La narration se concentre essentiellement sur Samuil, communiste, vétéran de l’Armée rouge contraint de partir avec sa femme Emma et ses deux fils et leur famille : Karl et Rosa, avec leur fils Yury et Zhenya, et Alec et Polina, dont on suit aussi les parcours depuis l’adolescence jusqu’au départ pour Rome.

Même si le roman se déroule en 1978, peut-être ce monde-là est-il trop loin de moi pour que je m’y intéresse. En tout cas, David Bezmozgis n’a pas su m’attacher au sort de ces exilés, pas plus dans leur séjour romain que dans leur vie en Lettonie durant l’occupation soviétique qui fait l’objet de nombreux flash-back. On comprend que ces trois générations de Juifs russes n’envisagent pas l’exil de la même façon, qu’il est, où qu’il mène, un échec pour Samuil, alors qu’il est une chance pour ses insouciants petits-enfants.

Malgré l’accumulation de détails, d’anecdotes à l’origine très certainement autobiographiques, mon attention puis mon intérêt s’en sont allés. Je reprocherai à ce livre ce que je reproche souvent à la littérature française contemporaine : ne pas savoir s’éloigner de son cas personnel, de sa communauté, pour atteindre le général, voire l’universel de l’humain. J’ai pu être touchée par le sort de Noirs, de prisonniers, de SDF, de miséreux de tous pays et de toutes cultures, mais cette famille Krasnansky m’a laissé indifférente.

 

Le monde libre

David Bezmozgis traduit de l’anglais par Elisabeth Peellaert
Belfond, 2012
ISBN : 978-2-7144-5033-3 – 407 pages – 22 €

The Free World, parution au Canada :

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22 commentaires sur “Le monde libre de David Bezmozgis

  1. Dommage. Le thème de départ était intéressant.

    • Sandrine

      Je me suis fait la même réflexion.

  2. J’ai quand même envie de le lire ( j’ai lu un autre avis et j’ai envie de me faire ma propre opinion)

    • Sandrine

      Bien sûr, rien de tel que de se faire son propre avis.

  3. Dommage, en effet ! La couverture est tout de même très originale !

    • Sandrine

      Elle donne envie, c’est certain, mais je suis restée sur le quai…

  4. Tu ne me donnes pas envie de le découvrir, si il est lent comme tu le décris.

    • Sandrine

      Je l’ai ressenti ainsi.

  5. Déjà que c’est un pavé, si en plus il t’es tombé des mains, je passe sans aucun regret.

    • Sandrine

      C’est le seul livre de cette rentrée que j’ai abandonné. Je n’en aurais pas parlé sur ce blog si je n’avais été tenue par le partenariat avec la librairie Dialogues.

  6. En voici un qui n’encombrera ni ma pal, ni mon petit carnet de futurs achats…

    • Sandrine

      A mon avis, il y a de bien meilleurs titres en cette rentrée.

  7. Dommage…
    Quant à moi, je vais le noter, comme quoi un avis « négatif » peut attirer les lecteurs et susciter l’envie de lire le livre quand même !

    • Sandrine

      Bien sûr. Le thème me plaisait vraiment, et j’avais envie de découvrir ce jeune auteur, je comprends bien que d’autres en ait envie aussi. Je n’ai pas été séduite, mais j’espère que d’autres accrocheront.

  8. Oh la la, si TOI tu n’as pas réussi à finir le bouquin, comment peut-on envisager un seconde MOI, je puisse le lire un jour ? Merci de m’avoir épargné autant de temps (précieux). Bises

    • Sandrine

      Ça n’est pas illisible, juste ennuyeux à mes yeux…

  9. La ruelle bleue

    Je partage ton avis. C’est un des rares livres que je n’ai pas réussi à finir cet été tant l’ennui a été grand !

    • Sandrine

      Vrai ? Ça me soulage un peu car je m’en suis voulu de cet abandon, notamment en raison du partenariat…

  10. Je ne sais pas, malgré ton abandon, tu réussis à me tenter. Comme quoi ! Les longueurs ne me font pas peur en général, la lenteur non plus. La comparaison avec les français, par contre, …

    • Sandrine

      Il faut le tenter alors, car le sujet est vraiment original… je suis encore désolée de ne pas avoir accroché…

  11. Je n’ai pas aimé non plus, j’ai trouvé le style très cinématographique : ca ferait sans doute un bon film, mais en livre, ca devient rapidement d’une platitude ennuyeuse. Par contre, euh, des origines « lettones » ne sont pas synonymes de « soviétiques » : la Lettonie n’est pas la Russie, ni par la langue ni par la culture. Les pays baltes (et encore pour l’Estonie, le qualificatif de « balte » ne fait pas l’unanimité) sont des pays complètement à part, même s’ils ont fait partie de l’Union Soviétique. Je chipote sûrement un peu, mais bon.

    • Sandrine

      Ma formulation prête à confusion, c’est vrai. j’ai écrit « soviétique » parce que le pays était occupé alors, c’est tout.

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