Il était un capitaine de Bertrand Solet

Voici ce qu’on peut appeler sans se tromper un classique de la littérature jeunesse. J’ai lu en son temps Il était un capitaine, et le relis aujourd’hui à la faveur de l’option « Histoire des Arts » qui me réjouit (ce qui n’est bien sûr pas le cas des élèves concernés, ceux de 3e). Il s’agit ici d’étudier les rapports entre l’Etat (la justice) et la littérature (Zola). Une bonne occasion aussi pour les élèves de découvrir cette affaire Dreyfus grâce à un livre didactique mais qui simplifie heureusement la société et la politique d’une période qui n’est plus étudiée. Ceci dit, ce livre est paru pour la première fois en 1972 et les élèves qui avaient alors quatorze ans en savaient bien plus sur l’antisémitisme en France et la colonisation que ceux qui ont quatorze ans aujourd’hui. Quelques explications préalables ne seront donc certainement pas de trop, avant lecture.

Pour faciliter la compréhension, Bertrand Solet choisit de mêler Histoire et fiction. Ainsi le héros est-il un jeune journaliste, Maxime Dumas, né d’une mère juive. Il est d’abord, comme beaucoup, persuadé de la culpabilité du capitaine Dreyfus. Puis l’obstination et la contestation des dreyfusards (dont Zola) sèmeront en lui le doute. Mais c’est seul qu’il comprendra l’antisémitisme des Français. Il est en effet amoureux de son aristocratique cousine, elle-même promise à un militaire. Les parents de la belle ne manqueront pas de lui faire sentir qu’un demi-juif n’est plus le bienvenu dans leur salon. Ils parviendront même à le faire envoyer à Madagascar, histoire de l’éloigner, où il expérimentera de très près la colonisation en marche et la grandeur de l’armée française…

Bertrand Solet plonge son lecteur dans une époque bouillonnante et surtout fervente. Les journaux, comme on le voit grâce au jeune Maxime, média très fortement politisé et engagé, sont en ébullition : ils font et défont l’opinion. Les gens s’expriment, s’écharpent, meurent pour leurs idées. Bref, les gens pensent, réfléchissent et en sont fiers. Tout le contraire d’aujourd’hui où réfléchir c’est ringard, prise de tête.

Un roman donc toujours recommandable sur le sujet, qui peut initier d’intéressantes réflexions sur l’engagement et la figure de l’intellectuel.

 

Il était un capitaine

Bertrand Solet
Hachette Jeunesse (Le Livre de Poche Jeunesse n°11), 1993 (première édition 1972)
ISBN : 2-01-020842-0 – 246 pages

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7 commentaires sur “Il était un capitaine de Bertrand Solet

  1. je l’ai lu et oublié .. mais je l’offrirai sûrement à mon petit fils
    Luocine

    • Sandrine

      Quand on a choisi de travailler sur la position de Zola dans cette affaire, ce titre m’est venu aussitôt. Par contre, une relecture s’imposait…

  2. Un classique jeunesse que je ne connais pas (faut dire qu’en 1972 je n’étais pas encore né^^).

    • Sandrine

      Et moi à peine 😉 disons que je savais marcher mais encore lire !

  3. Encore une classique que je ne connais pas du tout… quelle surprise! Mais je suis curieuse hein!

    • Sandrine

      Un classique jeunesse, on n’a pas forcément les mêmes de chaque côté de l’Atlantique, d’autant plus que celui-ci est très lié à une période de l’Histoire de France et cette trop fameuse affaire Dreyfus.

  4. Sandra

    Bonjour,
    Je dois lire ce livre pour demain, mais je n’es pas compris le livre, y’aurais t-il quelqu’un pour m’expliquer bien le livre avant 20h sachant qu’il est 12h52 s’il vous plait ? 🙂
    Merci d’avance

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