L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa de Romain Puértolas

L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IkéaL’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa, certainement le titre le plus long de cette rentrée littéraire 2013, une façon comme une autre pour un premier roman et pour Romain Puértolas de sortir du lot. Et puis il rappelle Les fabuleuses aventures d’un indien malchanceux qui devint milliardaire, autre titre à rallonge pour un roman 100% indien celui-là et qui à l’image de celui dont il est question ici véhicule l’idée que dans la vie, tout est possible, voire que tout finit bien. Ce qui fut le cas avec le roman de Vikas Swarup qui devint à l’écran Slumdog Millionaire.

Tout commence donc avec un fakir en provenance du Rajasthan, Ajatashatru Lavash Patel. Il a obtenu des pauvres habitants de son village qu’ils se cotisent pour lui permettre un aller-retour Paris dans le but d’acheter un « lit à clous, le modèle Kisifrötsipik spécial fakir en petit pin suédois véritable, avec hauteur des clous (inoxydables) ajustable, couleur rouge puma ». Ajatashatru est un illusionniste professionnel qui a passé les trente-huit premières années de sa vie à arnaquer les gens, à leur faire croire n’importe quoi pour qu’ils lui donnent de l’argent. Une façon comme une autre de s’en sortir.

Mais au cours de son périple de neuf jours qui le conduira de France en Grande-Bretagne (dans une armoire Ikéa donc) puis à Barcelonne, Rome (qu’il quitte en montgolfière) et Tripoli, notre fakir va rencontrer tout un tas de gens qui vont l’aider et ainsi donner prise aux remords : lui, l’arnaqueur, profite de la générosité de tous sans jamais faire le bien en retour. Et ça, c’est mal. En tout cas, ça le met mal à l’aise. Surtout depuis qu’il a trouvé l’amour à la cantine de l’Ikéa de Thiais et qu’il s’est découvert une vocation d’écrivain, coincé dans la soute d’un avion à l’intérieur d’une malle Vuitton.

Et le récit truculent et improbable qui avait commencé laisse alors place à un conte moral revendiqué et légèrement ennuyeux.

Finalement, le monde n’était pas fait que d’arnaqueurs, de tricheurs et de charognes. Et ces derniers jours, les rencontres lui avaient enseigné qu’il y avait bien meilleur profit que de prendre frauduleusement aux gens, celui de donner et de faire le bien autour de soi. S’il l’avait entendu de la bouche de quelqu’un d’autre, il aurait trouvé cela mielleux, dégoulinants de bons sentiments, démago au possible. Mais c’était tellement vrai.

Mouais. Pour ma part, en littérature, je préfère les arnaqueurs aux saints, les contes m’ennuient. Celui-ci se montre assez loufoque pour retenir l’attention et même faire sourire. Romain Puértolas s’amuse avec des noms improbables aux consonances indiennes, crée des personnages stéréotypés tout droit sortis des films de Gérard Oury ou Jean Girault (la série « Le gendarme ») et fait s’accumuler les situations les plus rocambolesques. Dommage donc que lextraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa finisse trop bien.

Romain Puértolas sur Tête de lecture

 

L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa

Romain Puértolas
Le Dilettante, 2013
ISBN : 978-2-84263-776-7 – 252 pages –  19 €

 

..

..

..

..

Pour recevoir chaque dimanche la liste des articles publiés dans la semaine sur Tête de lecture

30 commentaires sur “L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa de Romain Puértolas

  1. ça semble vraiment bien loufoque… en poche ou à la bibliothèque, dirons-nous dans notre grande sagesse ! 😉

  2. Ahhhh, les titres à rallonge….

    • le problème, c’est qu’on les oublie en partie…

  3. Parfois…rarement, je choisis un livre à cause du titre mais pas pour un conte morale indien écrit par un franco-espagnol.
    Le Papou

    • C’est le côté moral qui m’a le plus gênée, le titre est quand même drôle.

  4. zut alors, ça partait bien pourtant !

  5. Le fakir, comme l’armoire dans laquelle il est enfermé, ne tient pas la route alors… 😉

    • C’est un roman sympathique et léger, qui prend malheureusement à mes yeux le virage du conte moral alors que la satire s’annonçait mieux. Mais c’est un roman original en ce qu’il tranche avec la production éditoriale française actuelle (pas vraiment branchée rigolade).

  6. Je ne sais plus qui en parlait sur FB mais un tel titre ne pouvait qu’attiser ma sympathie.:) Il annonce bien la couleur en tout cas. Ça devrait me plaire – encore que maintenant je me méfie de ces livres qui s’annoncent loufoques et qui en font trop – mais je le sens mieux pour un été en lecture légère.

    • C’est loufoque, ça pas de doute, après, chacun sa limite pour savoir ou se trouve le « trop »…

  7. ça ne me tente pas vraiment… pourtant le titre est amusant.

  8. Que serait la vie sans les blogs!
    c’est certain que j’aurais acheté ce livre rien que pour le titre et comme toi j’aurais été déçue
    .. s’il arrive dans ma bibliothèque qui rouvrira en Octobre ou décembre ou … à la trinité!!!
    je le lirai peut-être
    Luocine

    • J’espère quand même ne pas te faire passer à côté d’un plaisant moment de lecture. S’il ne me convient pas tout du long, ce roman est quand même rafraîchissant.

  9. ça a l’air bien marrant, je le note !
    bonne journée.

    • Oui, c’est souvent drôle, j’espère que tu passeras un bon moment de lecture.

  10. Je le lis en ce moment. Pour l’instant j’aime mais j’ai peur que cela s’essouffle un peu. On verra. Bonne journée.

  11. j’en avais entendu parler, tu me fais renoncer, la morale m’ennuie également.

  12. Celui là je le trouve super étrange comme livre. J’aime le loufoque mais bien dosé. Ici, ça me semble trop ! Après à voir .. (j’ai pas mal de préjugés sur ce livre c’est pas bien ^^)

    • C’est un livre qui se veut tape à l’oeil (par son titre, sa couverture) donc forcément, il fait naître des a priori…

  13. Pas fan non plus des contes moraux.

    • les cruels sont tellement plus réjouissants 🙂

  14. Je suis en pleine lecture de ce titre et j’ai un peu le même ressenti que toi pour l’instant : mouaid, tout ça pour ça. Beaucoup de tapage pour un petit roman sympathique mais sans plus. J’en attendais bien plus en irrévérence ou en humour.

    • Franchement, quand je l’ai lu cet été, j’étais bien loin de me douter du succès qu’il allait remporter… que je ne comprends d’ailleurs pas : drôle au début, puis vraiment répétitif…

  15. clairosbcur.j

    oui ! bof! sans plus.c gentillet. Bref ,on peut le lire mais pas l’acheter. Beaucoup de bruit pour rien!

    • Rien d’inoubliable en effet. Fait partie de ces romans « feel good » qui sur le moment remportent beaucoup de succès.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *