Au pays de mes histoires de Michael Morpurgo

Au pays de mes histoiresAu pays de mes histoires est un parcours dans l’œuvre et dans la vie de Michael Morpurgo, soixante-dix ans aujourd’hui. Un des plus grands écrivains pour la jeunesse, un des plus généreux en tout cas. Ces textes où alternent nouvelles et propos personnels se mêlent au point qu’on ne sait plus au final ce qui appartient à la fiction ou à la réalité. Ainsi répond-il à la question : comment écrit-on des histoires ? Car peut-être la vie de Michael Morpurgo est-elle une fiction, ou peut-être a-t-il si bien fait de sa vie le matériau de ses histoires qu’il n’est plus possible de distinguer les uns des autres.

S’adressant à un jeune public, Michael Morpurgo a le souci de lui montrer combien un écrivain est un homme comme tout le monde, combien son enfance a été celle de tous les enfants : il n’a pas aimé l’école (pas du tout la pension), il n’a pas aimé qu’on le force à lire des livres ; il aimait les vacances, la mer, comme beaucoup d’enfants.

Malgré l’école et ses obligations, il a aimé lire et a cultivé une admiration sans bornes pour certains écrivains, au premier rang desquels Stevenson, qu’il tient pour le plus grand. Quand il s’est mis à écrire lui-même, il a voulu aller plus loin que le simple plaisir de distraire les enfants. Avec l’aide de sa femme, il a fondé dans le Devon une ferme à but éducatif : the Farm For City Children. Car pour lui, l’épanouissement des enfants passe par la proximité avec la nature. Ses textes sont toujours très proches des animaux, de la campagne et surtout de la mer et de ces merveilleuses îles Scilly qui lui plaisent tant.

Certains sujets souvent traités dans ses romans sont évoqués dans Au pays de mes histoires comme les relations entre les générations et la guerre. Il explique par exemple comment lui est venue l’idée d’écrire Cheval de guerre ou Soldat Peaceful. Dans une nouvelle très émouvante, « Pour Carlos, une lettre de ton père », il dit à quel point toutes les guerres sont mauvaises, comment elles manipulent les hommes : « Nous sommes comme des marionnettes qui exécutent une danse de la mort dont nos maîtres tirent les ficelles, et que les gens du monde regardent à la télévision. Ce qu’ils ignorent, c’est que ces marionnettes sont faites de chair, de sang et non de bois. La guerre, Carlos, n’a qu’un seul résultat : la souffrance. »

Même dans ces textes de quelques dix à vingt pages, Michael Morpurgo témoigne de sa grande humanité, de sa constante attention aux gens. Si les sujets qu’il traite sont souvent graves, il n’en est pas moins lui-même heureux je crois, car si les desseins des Etats, des grandes entreprises ou des dictateurs sont néfastes, il reste les individus et des gens foncièrement bons. Michael Morpurgo est un optimiste, un écrivain grand par son talent et humble dans les faits. Un homme qu’on a envie de rencontrer ; c’est presque chose faite grâce à ce beau recueil.

Michael Morpurgo sur ce blog

Les billets des lecteurs qui se sont joints à moi pour cet anniversaire.

 

Logo anniversaireAu pays de mes histoires

Michael Morpurgo traduit de l’anglais par Diane Ménard
Gallimard Jeunesse, 2007
ISBN : 301 pages – 13.50 €

Singing for Mrs Pettigrew, a Story-Maker’s Journey, parution en Grande-Bretagne : 2006

 

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19 commentaires sur “Au pays de mes histoires de Michael Morpurgo

  1. Avec cet auteur, je ne suis jamais déçue.

  2. Nadejda

    Un livre que j’ai beaucoup aimé qui nous emmène dans une belle promenade au fil de l’imaginaire de l’auteur et permet de mieux le connaître

    • J’ai eu envie de lire ce livre-là justement pour en savoir un peu plus sur lui.

  3. Merci pour cette belle idée de lecture. Morpurgo est un écrivain dans le sens le plus noble du terme…

    • C’est un homme immédiatement sympathique, les Anglais ont de la chance de l’avoir. Je ne vois pas bien à quel auteur on pourrait le comparer chez nous…

  4. On retrouve toutes ces qualités dans le beau roman que j’ai lu aujourd’hui : Loin de la ville en flammes http://desmotsetdesnotes.wordpress.com/2013/10/05/loin-de-la-ville-en-flammes/ Je suis contente d’avoir célébré cet anniversaire grâce à toi ! (j’espère être au rendez-vous pour Joye Maynard)

    • Merci pour ta participation Anne, j’en suis ravie.

  5. je crois bien que c’est grpace à toi que j’avais lu Soldat Peaceful. il faudra que je relise cet auteur aux textes si sensibles et si justes.

  6. Je le note pour plus tard mais il faut d’abord que je termine « Soldat Peaceful » (je suis en retard pour le billet anniversaire… j’imagine qu’il ne sera pas comptabilisé ici mais tant pis, ça ne change rien au fait que j’apprécie beaucoup ce roman pour le moment :))

    • Je suis bien sûr très contente que tu lises cet excellent livre, j’attends ton avis avec impatience.

  7. Je l’ai chez moi depuis super longtemps… mais je me demande s’il ne vaut mieux pas que je lise plus d’oeuvres de lui avant… qu’en penses-tu?

    • Ce livre contient lui-même de courtes histoires de Morpurgo : tu feras d’une pierre deux coups.

  8. Comment résister à Morpurgo ?!

  9. j’aime bien cet auteur et je lirai ce livre, je me demande si un enfant peut le lire?
    luocine

    • Oh oui, Morpurgo est accessible à tous les lecteurs, les jeunes d’abord…

  10. J’adore cet auteur ! Et ce livre est vraiment chouette et intéressant !

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