Les Anges de New York de R J Ellory

Les Anges de New YorkFrank Parrish est flic à New York, au commissariat du 126e district, South Brooklyn. C’est une forte tête qui a du mal avec la procédure et se trouve en sursit : demi salaire, plus de permis de conduire et l’obligation de voir une psy tous les jours. S’il n’a pas encore été tout simplement viré, c’est sans doute parce qu’il est le fils de John Parrish, le grand John Parrish, un de ceux qu’on appelait les Anges de New York. Lourd passé pour Frank qui sait qui était réellement son père.

Nouvelle enquête pour Frank Parrish et nouvel équipier. On comprend que le précédent est mort sur le terrain. Il va falloir aussi rendre quotidiennement visite à Marie, la psy, et Frank décide de donner dans l’ironie, histoire de ne pas trop se dévoiler. Quoi dire en effet ? Qu’il boit seul le soir jusqu’à l’ivresse ? Qu’il est divorcé avec deux grands enfants loin de lui, que la seule tendresse qu’on lui prodigue vient d’une prostituée de luxe qui la joue gratis pour lui ? Et surtout qu’il est hanté par le souvenir de son père, flic corrompu qui a tellement bien su cacher son jeu qu’il a été le plus décoré du commissariat ?

C’est sur son travail que Frank va se concentrer, sur cette fille découverte étranglée dans une chambre sordide, et sur une autre, puis une autre. Il parvient à faire le lien entre plusieurs adolescentes découvertes mortes ces deux dernières années et les services pour l’enfance et l’Agence d’adoption du comté. Toutes des adolescentes jolies, blondes, adoptées. Bientôt, Frank est persuadé de connaître le coupable, absolument certain. Mais son intime conviction ne se fonde sur aucune preuve et pour en trouver, il va falloir sortir des clous…

Avec ce type qui enquête sur des meurtres de jeunes filles, on n’est pas loin de Seul le silence, ce formidable roman qui nous a fait découvrir Ellory. Mais on est ici à New York et Frank Parrish est loin d’avoir les coudées franches dans son enquête. Ses supérieurs ne le lâchent pas, les rendez-vous quotidiens avec la psy lui coutent un temps précieux. Il n’a ni envie de parler, ni besoin de sortir de l’alcool. Il s’est construit une bonne carapace dont il ne veut pas sortir.

Quatrième roman de R.J. Ellory que je lis, le premier auquel je n’attribue pas de coup de coeur. Non que ce ne soit pas un bon roman, mais je le trouve un peu moins original que les autres. Le personnage de Frank Parrish est bien incarné, blessé à souhait, fragile sous l’armure et le cynisme, mais il fait partie de cette grande famille des flics brisés et solitaires qu’on connait bien. Il vit sous la constante férule de ce père plus présent que s’il n’avait pas été assassiné. Ecrasé, Frank Parrish cherche à donner le meilleur de lui-même car il est avant tout soucieux de justice. Les crimes sordides auxquels il est confronté le poussent à se surpasser, d’autant plus qu’il s’inquiète pour sa propre fille. Le bourru qui se socialise, le sûr de lui dont les certitudes craquent, on a déjà vu mais la version Ellory vaut largement lecture.

R.J. Ellory sur Tête de lecture

Logo anniversaireC’est l’anniversaire de ce talentueux écrivain britannique : il a 50 ans aujourd’hui, et encore de nombreux romans à écrire !

 

Les Anges de New York

Roger Jon Ellory traduit de l’anglais par Fabrice Pointeau
Sonatine, 2012
ISBN : 978-2-35584-110-1 – 553 pages – 22,30 €

Saints of New York, parution en Grande-Bretagne : 2010

 

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22 commentaires sur “Les Anges de New York de R J Ellory

  1. Beaucoup disent que ce n’est pas le meilleur, alors il attend sagement dans ma PAL. Ellory écrit beaucoup, j’aime bien mais je n’arrive plus à suivre.

    • Sandrine

      Moi non plus. Au départ, j’en lisais un par an, puis je me suis fait rattraper. Mais j’en lirai d’autres, c’est certain, car si celui-là n’est pas aussi formidable que les précédents parus en France, il est quand même très bien !

  2. Salut Sandrine, je suis fan de cet auteur aussi, et c’est son seul roman que je n’ai pas aimé. Je n’ai pas réussi à entrer dedans, tout m’a semblé surfait, trop de clichés. Depuis, il a écrit mieux et son dernier Papillon de nuit vaut, parait-il le détour. Achat prévu aujourd’hui, d’ailleurs ! BIZ

    • Sandrine

      Si je suis moins enthousiaste avec ce roman, je te trouve quand même sévère. Ceci dit, je comprends : qui aime bien châtie bien, on aime que nos auteurs préférés soient au top !

  3. Je pensais en lire un ce mois de juin, et pour ses 50 ans, mais je n’ai vraiment pas pu ! Désolée de ne pas t’avoir accompagnée… Je pense que j’emporterai Vendetta cet été.

    • Sandrine

      Vendetta est un excellent choix : bonne lecture estivale !

  4. Le seul lui de lui m’avait plu, il faudrait que j’en lise un second et tu me donnes cette envie

    • Sandrine

      Le début de ce commentaire est étrange, mais je comprends que tu as envie de poursuivre avec Ellory, c’est le principal 😉

  5. Karine Minier

    Je l’avais aimé aussi… mais mon préféré reste sans conteste seul le silence.

  6. Comme toi, si j’ai beaucoup aimé, ce n’est pas mon préféré. Tu le dis très bien, le personnage de John Parrish est bien campé, mais il est somme toute très classique et peu original. Je préfère donc « Seul le silence » ou « Vendetta ». Et j’ai acheté il y a peu « Papillon de nuit ». Que je vais commencer dans pas très longtemps je pense.

    • Sandrine

      Je vais surveiller de près les avis sur Papillon de nuit, ça sera peut-être mon prochain s’ils sont vraiment positifs…

  7. il fait partie de mes envies lecture, cet auteur. Mais comme d’hab, y’a toujours un roman qui lui pique la priorité! 😉

    • Sandrine

      Ça faisait longtemps que j’avais ce roman sur mes étagères. Avec ces rendez-vous « Anniversaires », je m’oblige à lire certains auteurs que je laisse de côté souvent pour de mauvaises raisons, des auteurs que je me promets de découvrir ou de relire. Ces anniversaires sont un bon stimulant pour moi.

  8. Un de mes préféré de cet auteur.

    • Sandrine

      Ce qui ressort des commentaires ici, c’est que les lecteurs ne lisent pas un seul romans de Ellory, qu’ils aient lu tel ou tel titre, ils y reviennent souvent…

  9. J’ai 2 (ou même 3?) Ellory dans ma PAL mais je n’en ai toujours pas ouvert un seul. Sauf erreur j’ai Vendetta et Seul le silence. Il faudrait vraiment que je m’y mette.

  10. Je me souviens avoir regretté la fin, un peu trop « happy end » par rapport au ton général du roman…
    Ceci dit, je reviens quand même à Ellory : je viens de lire « Papillon de nuit » et j’ai vraiment beaucoup aimé. Pour un premier roman, je craignais d’être déçue : c’est plutôt le contraire, il démontrait déjà un réel talent narratif !

    • Sandrine

      Décidément, ce papillon-là, il faut que je l’attrape !

  11. Un peu déçue par ce titre aussi, alors que je suis cet auteur depuis le formidable coup de coeur qu’avait été « Seul le silence », une impression de déjà lu, effectivement (même si il y a quelque chose quand même de la patte d’Ellory dans ce personnage qui refuse de se « guérir »). Le papillon, si j’ai bien compris, c’est le dernier titre sorti mais son premier écrit ? A lire si la qualité est remontante dans le temps !

    • Sandrine

      Il semblerait en effet, d’après ce que j’ai lu jusqu’à présent, qu’Ellory ait été génial tout de suite !

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