De la diversité des blogs littéraires…

Quand les blogs littéraires sont apparus, puis se sont multipliés, beaucoup y ont vu d’une part une démocratisation de la critique littéraire et d’autre part une ouverture vers d’autres éditeurs, d’autres littératures. Enfin, on allait entendre parler d’autres livres que ceux chroniqués dans la presse ! Enfin d’autres auteurs que ceux qui passent à la télé !

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Et c’est en partie vrai. Il y a de nombreux petits éditeurs dénicheurs de talents que j’ai découverts grâce à des blogueurs eux-mêmes curieux. C’est un plaisir de suivre leurs conseils et les petits sentiers aventureux loin des grandes autoroutes de l’industrie du livre.

Pourtant, en cette rentrée littéraire 2016 plus particulièrement, j’ai un net sentiment d’uniformisation. Ça a commencé par un, deux, trois billets de blogs sur Petit pays. Puis Une chanson douce, puis Police. Tous largement relayés dans les médias traditionnels.

Le 20 novembre dernier, j’ai fait un copié-collé à partir du site Babelio et de son opération « Et si on lisait ensemble« . Il s’agit de chroniquer toute la rentrée littéraire : belle idée. Trois mois après le lancement de cette opération, voici les titres les plus chroniqués :

Liste Babélio au 20/11/2016 des livres de la rentrée littéraire 2016 les plus chroniqués
Liste Babelio au 20/11/2016 des livres de la rentrée littéraire 2016 les plus chroniqués

On constate que les livres les plus chroniqués sur Babelio (et donc sur les blogs, même si tous les chroniqueurs de ce site communautaire ne sont pas tous blogueurs) sont ceux qui ont été le plus largement médiatisés en cette rentrée.

Serions-nous donc en train de reproduire à l’échelle des blogs, le moutonisme propre aux médias traditionnels ? Alors qu’on reproche (moi la première !) à François Busnel d’inviter dans son émission des auteurs qui ont déjà pignon sur rue, on reproduit dans ces espaces a priori libres et personnels le même mouvement qui nous pousse vers le connu, le confortable. Il me semble que la diversité de la blogosphère littéraire disparaît peu à peu.

Je vois deux raisons principales à cette uniformisation :

  • Quelques blogueurs curieux d’actualité littéraire lisent dès leur sortie les titres que certains médias ont déjà désigné comme les favoris de la rentrée. Ils partagent leur enthousiasme (et publient même parfois leur chronique avant parution, pour être sûrs d’être les premiers sur le coup…), qui vient gonfler celui des journalistes qui lisent eux aussi ce qu’on leur a recommandé. Articles journalistiques et chroniques de blogs donnent envie aux blogueurs qui les lisent et voilà que la machine s’emballe sur quelques titres phares, les mêmes partout.
  • Certains éditeurs envoient des services de presse à de nombreux blogueurs, en particulier au moment de la rentrée. Ceux-ci les chroniquent pendant qu’ils sont d’actualité d’où une impression d’avalanche de billets autour d’un même titre quand on suit beaucoup de blogs. On se souvient de l’opération En attendant Bojangles organisée pour la rentrée littéraire de janvier 2016 par les éditions Finitude : les médias traditionnels ET les blogueurs ayant largement été arrosés de services de presse, on n’a plus entendu parler que de ce feel good book savamment marketé. Pour ma part, au bout de quinze jours, je ne voulais plus croiser sa route…

Finalement, alors que le nombre de blogs littéraires ne cesse d’augmenter, l’éclectisme est en chute libre. Il reste bien sûr des blogs qui se moquent des prix, des saisons littéraires et de l’actualité. Il me semble cependant qu’ils sont rares (et donc précieux !). Je comprends tout à fait qu’on soit tenté de lire le roman dont tout le monde parle, c’est une bonne chose de se faire son propre avis.  Mais systématiser la démarche m’ennuie.

Découvrez les foisonnants catalogues des petits éditeur en participant à l’opération Un mois, un éditeur

Pour exprimer l’inverse de ce que je viens d’écrire (parce qu’il ne s’agit pas ici d’une analyse mais d’éléments de réflexion), on trouve peu sur les blogs d’auteurs représentatifs d’une autre tendance : les hyper médiatisés. De Guillaume Musso et Marc Levy d’un côté à Philippe Sollers et Christine Angot de l’autre, ils sont globalement peu présents. Les deux derniers ont depuis longtemps phagocyté les médias traditionnels : quel supplément littéraire ne parlerait pas du dernier Sollers ? A quelle émission de France Culture Christine Angot ne serait-elle pas invitée ? De même, quel programme télé n’aurait pas son encart pour le dernier Musso ? Chacun son bac à sable, son marketing institutionnalisé. Pourtant, ils n’envahissent pas les blogs littéraires. Trop élitistes pour les uns, trop populaires pour les autres ? Je ne sais mais je crois que le blogueur littéraire se situe au large centre d’une nébuleuse qui privilégie le romanesque traditionnel (dans la forme et le style) et les grands éditeurs.

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Les dix principaux groupes français d’édition. Chiffre d’affaires 2014 en millions d’euros. – © LIVRES HEBDO 2015

 

On peut faire confiance à Albin Michel pour dénicher le prochain grand auteur américain qui fera l’unanimité ; à Gallmeister pour proposer le meilleur du nature writing ; à GalliGraSeuil pour formater le prochain prix Goncourt/Fémina ; à Actes Sud pour continuer à passer pour une petite maison d’édition provinciale. Et c’est bien ainsi. Ils font leur boulot, et le font bien. Pour la curiosité et l’audace à l’évidence, il faut souvent aller voir ailleurs.

De la diversité des blogs littéraires

Les blogs littéraires formaient jadis une gentille forêt où il faisait bon vagabonder (je vous parle là d’une époque qui remonte à huit ou dix ans) ; aujourd’hui, c’est une jungle. Qui nécessite une machette. La mienne élague pour se tracer un chemin vers ces blogs qui traitent d’autres livres (d’autres critères président également à cet élagage : exit les blogs qui chroniquent des livres avant leur publication, ceux qui plagient plus ou moins subtilement d’autres blogueurs ou les sites d’éditeurs, ceux qui n’autorisent pas les commentaires, ceux qui usent de gifs aussi animés qu’horripilants, ceux qui ne chroniquent que des nouveautés bankables. Oui, je suis intolérante).

Voilà qu’il reste quand même à ce jour 132 blogs dans le dossier « Blogs » de mon Inoreader (mon agrégateur de flux RSS). C’est beaucoup je crois, mais pas encore assez pour couvrir toute la rentrée. D’ailleurs, si vous êtes membres de Babelio (ce qui n’est pas mon cas car je ne souhaite pas que mon travail serve à enrichir d’autres que moi. Oui, je suis égoïste), le site signale que le défi rentrée littéraire n’est pas terminé : 30% des titres restent à chroniquer ! Et que vois-je en fin de liste, parmi les titres les moins chroniqués de la rentrée sur Babelio (une chronique chacun) : Le contortionniste de Craig Clevenger (Le Nouvel Attila) et Le testament du bonheur de Robert Colonna d’Istria (Le Rocher) ! Allons bon, je n’ai pas été assez persuasive, lisez ces livres, il se passe j’en suis sûre au moins autant de choses dans la tête de Daniel Fletcher alias Erik Bishop alias Steven Edward alias John Dolan Vincent  que dans celle de la nounou de Leïla Slimani !

Si vous êtes arrivés à la fin de cet interminable billet, autant vous inviter à Lire le monde avec moi et à découvrir un petit éditeur chaque mois : ouvrons nos horizons de lecture, ils sont vastes et même infinis !

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154 commentaires sur “De la diversité des blogs littéraires…

  1. Tu n’as pas tort, je ne sais pas dans quelle catégorie je me situe, sans doute dans la mouvance globale que tu décris. Il y a de nombreux livres que j’ai lus bien après le battage ( Bojangles ) , d’autres que j’ai lus et d’autres peu ( Une singularité nue, Illska – on en a parlé, mais il n’a pas été très lu, je crois – ), d’autres très lu (Yaak Valley Montana ). Après, il y a le fait ( je parle de ce qui me concerne, hein ! ) que selon où on vit, on a accès à une belle médiathèque ( à savoir belle signifie riche ), ici ce n’est pas le cas, le fond adulte est pauvre et consensuel ) et pour les petits éditeurs, j’approuve, mais parfois, 22 € pour 150 pages ( sur du beau papier, oui, avec un beau design, oui, mais…) ça peut faire hésiter ( je pense à des éditeurs comme la Fosse aux Ours, par exemple ). Je suis sur Babelio, mais à part ma bibliothèque, il n’y a pas grand chose, j’oublie toujours de relayer mes pauvres chroniques !!!
    Ensuite, je n’entends pas renoncer, parce que tout le monde en parle, aux auteurs que j’aime, qui me font plaisir quand je les lis, qui me font du bien. Mais tu as plutôt raison, oui…

    • Sandrine

      Ton authenticité et ta sincérité font de ton blog une des perles de ma longue liste. Je ne suis pas toujours dans ta mouvance, mais lire tes billets est quand même un plaisir car ils sont personnels et originaux. Sincères, je crois que c’est l’adjectif qui pour tes chroniques me vient à l’esprit.
      Et tu sais, il y a beaucoup de blogueurs qui n’achètent plus (ou très peu) de livres : nombreux sont ceux qui estiment qu’il est normal que les éditeurs les leur envoient…

      • Merci, c’est sympa, et c’est vrai que je tiens à être sincère, et que je ne vais pas louer un livre que je trouve nul. parfois moyen mais pas nul. J’achète des livres, bien sûr ! J’adore les librairies, et j’achète ! Après, c’est vrai que selon où on se trouve, on a accès à une diversité ou pas ( là, c’est pour les médiathèques ). Je ne chronique pas tout ce que je lis, aussi, et je ne participe pas aux challenges parce que je n’aime pas la contrainte( mon côté mauvaise tête ! ) et je manque aussi de confiance en moi, peur de ne pas assurer, et puis j’ai à faire aussi hors lecture…Bref, tant que j’ai du plaisir de lire, d’écrire et d’échanger…le reste…;)

  2. keisha

    (bon, commentaire qui risque d’être bavard, pfff)
    J’aime bien ton ressenti d’ancienne des blogs, ah l’époque où on pouvait connaître en gros tous les blogs existant (ceux parlant de l ivres, j’entends), maintenant j’en découvre très souvent (et des très intéressants, hélas pour mon temps libre)
    Comme toi j’avoue soupirer au n ième billet sur le même bouquin, au point d’hésiter à parler du slimani, mais franchement je me voyais mal passer sous silence 14 juillet qui m’a tant plu sous prétexte qu’il vient de sortir fraîchement. On est coincé, ma bonne dame! ^_^ On est humain, et curieux, alors, les nouveautés mises sous le nez par la bibli de R. qui a fait très fort cette année, que faire? J’ai beau demander de moins en moins de SP (l’argument : ils seront un jour à la bibli), quand même les nouveautés sont sur le blog.
    Alors la solution , merci à toi! Participer à un mois un éditeur, qui jusque là m’a valu de jolies découvertes. je te demande juste d’annoncer le nom assez en avance pour que j’aie le loisir d’aller à R et de lire le bouquin emprunté.
    Lire le monde aussi c’est bien, même si là c’est vraiment au hasard pour moi.
    Le challenge Lire sous la contrainte est pas mal non plus, il descend ma pAL, et permet des découvertes. cela reste ludique.
    Je suppose que mon blogounet est rescapé de ta liste, prochainement dans le cadre du Lire sous la contrainte je parlerai d’un bouquin bourré de maths (light et abordables) et comme je disais à Aifelle ‘j’aurai du mal à convaincre, sur ce coup là’
    ^_^
    J’aime beaucoup le blog Lectures sans frontières, dernièrement elle m’a convaincue de lire Le cornet acoustique, encore un truc de derrière les fagotiers…
    Les deux livres cités en fin de billet : oui, mais faut les trouver!!!

    Bref, on trouve quand même des blogs avec des livres peu vus ailleurs, qui poursuivent leur petit bonhomme de chemin… (j’ai des noms!)
    J’aime beaucoup aussi participer au mois belge, qui oblige pareillement à élargir ses horizons (j’ai déjà des idées pour le prochain)
    Bon dimanche!

    • Sandrine

      Keisha, ton blog fait partie des « à part » (presque une catégorie à toi toute seule !) : capable de faire un billet sur le plus obscur bouquin du Lot 49 puis sur un feel good book sauce chick lit : du jamais vu ailleurs ! Alors en matière d’éclectisme, je crois que tu pourrais donner des leçons à tout le monde : ne change rien 🙂

  3. Ma découverte des blogs est moins ancienne que toi et je suis encore sous le charme de tous ces billets qui donnent envie. Mais je sais aussi que tant sur de tentations tue la tentation… Je mets toujours mes billets sur Babelio car c’est par eux que j’ai découvert la blogosphere mais je ne réponds plus aux sollicitations de Masse Critique car finalement je préfère cheminer seule à travers mes choix qui sont guidés par les blogs que j’aime et mon club de lecture. J’ai lu avec intérêt ton billet. Et je pense qu’il ne tient qu’à nous de garder notre personnalité.

    • Sandrine

      J’aimerais bien avoir près de chez moi un club de lecture comme le tien, avec de vrais gens pour discuter. La blogosphère littéraire en tient lieu, et c’est bien. Avant, nous gros lecteurs, on était comme des extraterrestres, limite un peu cinglés et asociaux de lire comme ça tout le temps. Grâce aux blogs, on a révélé au monde et à nous-mêmes que nous étions très très nombreux !

  4. Voici un article qui va lancer un pavé dans la mare.
    Je suis quotidiennement les réseaux sociaux et je me laisse facilement tenter quand plusieurs posts me disent qu’un livre est à lire. Effectivement, ce sont des nouveautés, des têtes d’affiche ( souvent pas toujours comme Bojangles ou Petit pays). Je participe donc à cette mouvance qui alimente d’une chronique supplémentaire le flot du déjà-lu.
    Mais je ne regrette aucunement d’avoir lu Bojangles ou Petit Pays.
    Oui, j’aime lire les nouveautés littéraires, surtout celles des auteurs qui m’ont déjà transportée avec un precédent roman. Je ne raterai pas un roman de Laurent Gaudé par exemple.
    Je tente de faire une place aux petits éditeurs ( Libfly avec La voie des Indés est une très bonne source) ou ou auteurs non mediatisés qui me sollicitent mais devant la masse de nouveautés qui me tentent ce n’est pas toujours facile.
    Avec Lire le monde, j’ouvre les frontières avec curiosité.
    Participer à des jurys, des clubs de lecture permet aussi d’ouvrir des horizons.
    Je me sens donc bien concernée par ton article mais j’évite de me poser des questions sur ce que je dois ou non publier. Je lis ce qui me tente et je partage.

    • Sandrine

      Merci Jostein de me répondre en ces termes (sans te fâcher !). Tu comprends bien que je n’ai rien contre les blogs qui chroniquent l’actualité littéraire et bien sûr, j’imagine que ces blogueurs le font avec plaisir. C’est juste que je trouve triste que finalement, avec toutes les possibilités qui sont aujourd’hui les nôtres, on lise finalement tous un peu la même chose…
      J’imagine que c’est propre aussi au cinéma par exemple : on va voir le film dont on parle, c’est sûrement bien et on pourra en parler avec d’autres… et pour les films c’est pire, car ils disparaissent vite des écrans, tandis qu’au moins un livre reste.
      Je suis ton blog, bien sûr tu es dans ma liste et parfois tes choix me donnent envie de voyager 😉

  5. Tu as raison, mais tu oublies un paramètre, si je puis me permettre : alors pour ma part, oui, j’ai aussi envie de lire les romans mainstream, pas tous mais enfin, il y en a qui attisent ma curiosité et si je les lis, j’en parle. Mais j’essaie aussi de lire des trucs moins vus, y compris chez les grands éditeurs qui publient de très bons romans dont on ne parle pas, ou chez les petits. Disons que j’essaie de varier.
    Et c’est là que ça se corse : les articles sur les romans dont personne n’a entendu parler, ils font moitié moins de visites et souvent 0 commentaires, ce qui est finalement un peu décourageant. Cela ne m’empêche pas de le faire évidemment, mais les faits sont là : les lecteurs ne s’intéressent pas aux livres dont ils n’ont pas entendu parler avant.
    Après il faudrait voir si c’est juste chez moi ou si c’est général !

    • Sandrine

      Oh rassure-toi : c’est partout pareil ! Ce mois-ci, j’ai lu deux textes édités chez La Dernière goutte, l’éditeur choisi pour ce mois-ci. L’un a obtenu un commentaire, le second trois. Le nombre de visites, je ne sais pas mais je ne me fais pas d’illusions. Donc oui : c’est un chouïa décourageant mais au final, je suis moi satisfaite de les avoir lus et de parler de cet éditeur sur mon blog parce que j’aime ce qu’il fait.
      Et je suis tout à fait d’accord avec toi :  » les lecteurs ne s’intéressent pas aux livres dont ils n’ont pas entendu parler avant », c’est bien ce qui me désole…

  6. tu as raison, c’est vrai que l’appel de la nouveauté ou l’envie de se faire son avis sur le livre dont tout le monde parle, quitte à être déçue, est parfois plus fort que de tenter de dénicher une pépite passée inaperçue, et c’est dommage!

    • Sandrine

      Je me déçois moi-même quand je cède aussi et qu’au final, le livre n’était si ébouriffant que ça. J’ai chez moi tellement de livres achetés parfois depuis longtemps qui sont certainement mieux… Leur seul défaut est de ne plus être d’actualité…

  7. Très intéressant billet comme tu sais les faire et sujet qui m’intéresse énormément, tu t’en doutes ! Je recense 109 blogs dans mon agrégateur, un tri a dû être fait, je suis assez exigeante sur le contenu, et m’agace aussi de voir la même chose partout. En même temps, je ne m’interdis pas de lire un roman qui me tente parce qu’on l’a vu ou qu’on le voit, ou qu’on va le voir partout !
    Je partage, tu le sais, ton goût pour les lectures qui emmènent dans des pays divers et variés, et pour les auteurs connus ou méconnus de ces pays. J’ai un peu plus de mal avec les petits éditeurs, que mes bibliothèques n’achètent pas forcément, et qui éditent des romans parfois un peu trop « pointus » pour moi. J’ai une super librairie à Lyon qui met en avant tous les éditeurs et les livres un peu moins médiatisés, c’est « Le bal des ardents », si on veut sortir des sentiers battus, c’est là qu’il faut aller ! Mes éditeurs favoris restent donc plutôt ceux « du milieu », ni en tête de gondoles, ni trop confidentiels.
    Bref, il faudrait une longue discussion autour d’un café, il y a trop à dire ! 🙂

    • Sandrine

      Ah, j’en voudrais bien une librairie comme celle-là… Je vais à Tours parfois et je peux faire trois librairies dans la journée, aussi pour le plaisir il est vrai de parler avec des libraires passionnés, passionnants et qui sont plus que des commerçants.
      Sur la blogo, il y a aussi des libraires (comme Charybde par exemple) et eux sont vraiment très méritants : ils écrivent des chroniques tout en sachant bien que s’ils donnent envie, une grande majorité des lecteurs du blog n’achètera pas le livre chez eux, tout simplement parce que leur librairie est trop éloignée. Dans mes pérégrinations à travers la France, j’en ai souvent rencontré de très intéressants, et pas forcément dans de grandes structures.

  8. Nathalie

    Mais coooooomme je suis d’accord (commentaire très constructif). J’avoue aussi que je note avec intérêt l’orthographe de « phagocyter » je pensais que c’était un mot de la famille de fagot, je viens d’apprendre un truc.

    • Sandrine

      Ah j’aime bien ce mot, pour sa sonorité et sa résistance à la facilité. C’est comme dithyrambique ou rédhibitoire : sauvons (aussi) les mots de l’uniformisation 😀

  9. Bonjour,

    Je suis partiellement en accord avec cet article. L’amplificateur médiatique fonctionnera toujours et vu la masse des blogs l’effet restera ainsi perceptible.
    En revanche, j’ai noté que sur l’opération Babelio, 459 livres de la rentrée ont reçu au moins une critique et très souvent bien davantage. Et surtout qu’il manque un nombre assez conséquent de livres de petites structures ou de la littérature de genre. Alors certes, une uniformisation partielle des blogs en résonance avec les média est un constat, mais je découvre de nombreux blogs intéressants.

    Ensuite, si les blogopotes que l’on fréquente encensent un bouquin, il y a de fortes chances que je souhaite le lire, au-delà des médias, n’y-t-il pas une effet de bouche à oreille ?
    Bref, un article qui pousse à la réflexion, je vais regarder cela de plus près!

    • Sandrine

      Avec ton blog spécialisé littératures de l’Imaginaire (et avec Mes Imaginaires du coup), on est dans un contexte totalement différent. On y traite de livres qui n’ont quasi aucune visibilité dans la presse traditionnelle. Hormis quelques titres souvent dus à des auteurs dont c’est l’unique incursion dans le genre, ils n’ont droit à aucun article, aucune télé, aucune radio.
      Ils intéressent beaucoup moins le public (la fréquentation de Mes Imaginaires est environ 4 à 5 fois inférieure à celle de Tête de lecture) et donc ce phénomène de bouche à oreille dont tu parles très justement est une aubaine. Car ces romans émanent en plus majoritairement de petites voire très petites structures. Si cinq blogs parlent du même roman de SF qui vient de sortir franchement, ça n’encombre pas mon cerveau et ne rassasie pas mon envie. Je crois que quand on est dans des littératures de niches comme celle-là, on ne parle jamais trop des livres. Bon, sauf de Station Eleven mais ceci est un avis tout à fait personnel 😀

      • Je connais ton point de vue sur Station Eleven!
        Je me devais de donner mon grain de sel pour les littératures de l’imaginaire.

        🙂

  10. Article très intéressant – et tu n’as pas tort. Je me sens toutefois moyennement concernée, car je ne précipite pas sur les livres de la rentrée littéraire et je n’ai aucun partenariat.

    • Sandrine

      Les blogueurs qui n’ont aucun partenariat avec aucun éditeur sont de plus en plus rares. On murmure même que certains ouvrent leurs blogs pour obtenir des services de presse…

  11. Syl.

    Bonjour, Nathalie a relayé sur FB cet article. Elle a bien fait.
    (Commentaire beaucoup plus constructif que le précédent !!!)

  12. Syl.

    (celui de Nathalie)

    • Sandrine

      Tu as raison : je crois bien que Nathalie est la seule à consacrer son blog (très majoritairement) aux classiques de la littérature.

  13. Je te rejoins sur le virage « moutonnier » de la blogosphère littéraire. Manque de curiosité, d’ouverture peut-être. Besoin de se rassurer, d’appartenir au clan de « ceux qui… ». Pilonnage marketing à travers les services de presse, les grands messes de rentrée littéraire. Influence du capitalisme qui tend à vouloir que le livre ne soit qu’un produit comme un autre… Heureusement, il y a des auteurs, des maisons, des blogs qui résistent. C’est la diversité, la vraie richesse. On l’oublie, et ça ne touche pas que le monde des livres…

    • Sandrine

      A l’évidence, la diversité n’est pas bonne que pour les gènes 🙂 Quand on achète un livre, on sait bien que le livre est un produit, mais surtout, on espère que ce ne sera pas un produit comme un autre, on espère qu’il nous touchera, nous bouleversera peut-être ou au moins laissera une marque en nous… non vraiment pas un produit comme un autre 😉

  14. Je réalise que je suis très binaire comme personne. En tant que lectrice de blogs, je préfère ces derniers temps les « slow », ceux qui ne lisent pas trop selon l’actu, juste en piochant dans leur biblio perso ou leur médiathèque, avec un SP de temps en temps qui reflète une réelle envie. On ressent moins de frénésie et de surenchère, c’est reposant.
    Bien sûr je suis toujours (d’un oeil j’avoue, depuis que je ne blogue plus et suis en panne de lecture je suis moins assidue) des blogs qui font un peu d’actu (il faut bien se tenir au courant) et j’aime bien découvrir quelque chose d’original à l’occasion, qui n’a pas trop fait parler, qui change.
    Mais en tant que lectrice qui achète extrêmement peu (en tout cas comparé à avant), j’avoue me concentrer sur ce qui fait parler. Bien sûr je ne me fie pas qu’aux avis, mais plus on parle d’un titre et plus il y a de chance que je le remarque et finisse par l’acheter s’il me plaît. Par exemple de la rentrée je retiens Yaak Valley, Voici venir les rêveurs et Petit Pays. Je ne suis pas à l’abri de suivre une recommandation de mes libraires qui n’a rien à voir, et si c’est du petit éditeur j’en suis ravie, mais déjà je n’achète presque plus en GF (budget + place), donc raté pour pas mal de petits éditeurs, et si je le fais je me limite beaucoup (cette année 1 Mirobole en GF, un cadeau en plus, c’est tout…).
    Je n’aime pas trop en être là mais on calcule toujours un risque en tant que lecteur. Surtout en budget restreint et avec une forte difficulté à se plonger dans un livre (ces 15 derniers jours j’ai dû lire 30 pages).
    Après, si je parlais en tant que blogueuse je regretterais comme toi l’uniformisation, et je pense que perso j’essayerais un peu de lire et chroniquer un peu de petits éditeurs, parce qu’en tant que blogueuse je me sentais engagée. En pratique, comme on ne peut pas tout lire, je ne suis pas sure que j’y serais arrivée vraiment j’avoue. Mais c’est clair que comme toi j’ai senti un changement dans la blogo s’amorcer peu de temps après avoir ouvert mon blog, et ça ne s’arrange pas vraiment.

    • Sandrine

      Je n’ai pas voulu employer le mot « surenchère » parce que certains peuvent le prendre péjorativement alors que c’est en effet une sorte de mouvement à l’oeuvre sur la blogosphère littéraire. Mais j’imagine qu’il en va de même dans le secteur de la musique, du cinéma ou autre : être le premier à parler du livre/disque/film dont on parle. Pour m’être un peu penchée sur les SERP Google, je peux affirmer qu’il ne sert absolument à rien pour un blogueur d’être le premier à parler du livre qui fera l’actu de la rentrée littéraire : tous les médias traditionnels en parleront et passeront avant dans les résultats de recherche car ils pèsent plus lourd en nombre de visites. Par contre, être le seul à parler d’un livre place forcément tout en haut des résultats…

  15. Je serais un peu comme Kathel, si un roman dont on parle me fait quand même envie et que je tombe dessus à la bibliothèque, je le lis (j’ai beaucoup aimé Police…) (j’aurais tendance à fuir aussi ceux dont tout le monde parle, comme Kinderzimmer en son temps ou Bojangles ou Petit pays). Pour éviter la pression que je me mets toute seule, à partir de maintenant, j’ai décidé de lire et de chroniquer ce que j’ai envie de faire, je vais tester le zéro challenge, zéro mois thématique (ou presque, je tiens au Belge quand même). Je pioche dans ma PAL, je chronique des bouquins récents ou pas, et tant pis si j’ai du mal à sortir de ma zone de confort…

    • Sandrine

      J’ai lu Kinderzimmer parce que je devais animer une rencontre avec Valentine Goby. C’était le premier livre que je lisais d’elle et j’étais plutôt bien disposée puisque j’apprécie beaucoup le roman historique. Et j’ai en effet apprécié ce roman, mais renoncé à écrire un billet, un de plus après tant d’autres. Ceci dit, j’ai mauvais caractère et j’arrive vite à saturation 🙂 Mais je comprends bien qu’on puisse avoir envie de lire un livre suite à un billet, ça m’arrive à moi souvent, et heureusement sinon ça serait un peu désespérant pour les blogueurs !
      Par contre, « sortir de ma zone de confort » comme tu le dis très bien, ça me fait de plus en plus envie. Ça veut donc dire lire plus car je ne veux pas pour autant renoncer de grands américains connus ou des romans historiques. Bon, je vais tâcher de voir si je peux encore grappiller quelques heures au sommeil 😉

  16. Aaah la blogo littéraire, vaste sujet et toujours très intéressant.:-)
    Pour ma part, j’ai toujours lu selon mes envies et ma curiosité du moment, et mes envies et ma curiosité ont toujours été très diversifiées (d’où le nom de mon blog d’ailleurs^^). Ça fait 8 ans que ça dure, et même 13 si je m’en réfère à mes premiers « billets » de l’époque où les blogs n’existaient pas et qu’on échangeait sur des forums, et j’ai l’impression que je lirai toujours de la même façon, vraiment pour le plaisir (les challenges peuvent en faire partie, je suis très joueuse), malgré l’évolution des tendances bloguesques et du marché du livre.
    Il faut dire qu’avoir accès à plusieurs bib’ plutôt bien fournies aide beaucoup, en plus j’aime à y passer du temps, bénies soient les bib’, sinon je peux comprendre que la tentation peut être forte de se faire offrir des livres car l’achat de livres peut représenter un petit budget quand même quand on est un gros lecteur (ce qui ne m’empêche pas d’en acheter de temps à autre). Et je comprends aussi ce phénomène RL, être les premiers à lire un livre qui va peut-être cartonner ou qu’on va contribuer à donner envie de lire. Moi le choix du livre que je vais lire et l’envie de le lire sur le moment priment sur le plaisir d’avoir un livre entre les mains quand même alors je préfère rester en dehors du système SP.
    Je suis tout de même l’actu, histoire de me tenir informée, mais j’ai une telle PAL et LAL que de toute façon, il m’en faut beaucoup pour me tenter sur la nouveauté. Ça arrive parfois cela dit, mais je ne le vis pas comme un mal. Si l’envie de lire le livre est là, tout roule. Je tiens aussi mon blog davantage comme un espace mémo de mes lectures, pas vraiment comme un espace promotion où il faudrait mettre en avant ci ou ça. Je ne note même pas le nom de l’éditeur haha !
    Je suis très peu de blogs aussi, je crois qu’ils se comptent sur les doigts des deux mains, parce que c’est vrai que des blogs avec une personnalité propre, qui parlent de façon sincère et intéressante de livres, il y en a peu au final. Mais ça m’arrange aussi parce que ça peut vite être chronophage tout ça.;-)

    • Sandrine

      Moi aussi j’aime la rentrée littéraire. Parce que c’est un moment d’ébullition, j’ai l’impression que tout le monde parle de livres; Alors qu’en fait non : c’est mon monde qui parle de livres, celui de ma bulle bloguesque, de mon petit réseau facebook, mais dans la vraie vie, c’est différent. Dans la vraie vie on parle de primaires à droite et de vieux chauves menteurs qui se marchent dessus pour attraper la queue du singe. Ils sont à plaindre : ils ne savent pas qu’ils sont plus éphémères que la littérature qu’ils ignorent car dans quelques années, ils auront disparu des radars alors que sur ton blog ou sur un autre, je pourrai entendre parler d’un roman paru il y a 30, 50 ou même 150 ans !!!

  17. Voilà qui remet les choses en place haha. Je me situe complètement dans la masse générale même si j’essaye de plus en plus de diversifier mes horizons notamment grâce à Lire le monde et en y participant parfois. J’aimerai beaucoup découvrir plus de maisons ou d’auteurs mais :
    1/ pas évident dans toute cette masse généraliste de s’y retrouver. Peut-être ne suis pas assez douée ou n’ai-je pas les bons réflexes
    2/ en librairie rare sont les « petites » maisons d’éditions mises en avant ou les auteurs moins connus
    3/ je rejoins L’irreguliere, les titres & auteurs les moins connus qui sont chroniqués ne sont pas ceux qui apportent le plus de visibilité même si on ne fait pas cela uniquement pour cela mais soyons honnête c’est quand même une certaine récompense que de voir l’internaute voguer sur son blog et laissez un petit commentaire.

    En tout cas si tu as d’autres bons plans pour repérer les petites pépites moins mises en avant, je suis preneuse.

    • Sandrine

      Il y a en effet une quantité hallucinante de livres qui paraissent : il est impossible de tout repérer. J’essaie, via les lettres d’info des éditeurs (surtout les petits) d’être informée de parutions n’ayant pas forcément beaucoup de visibilité mais c’est très loin d’être exhaustif.
      Pour les librairies, il me semble que dans certaines, on rencontre des libraires qui ont à coeur de donner une visibilité aux petits éditeurs. J’en connais deux trois dont c’est le credo. Mais pas dans mon département dont la plus grande ville compte 47 000 habitants… Il est absolument certain que nous ne sommes pas tous égaux devant l’accès à la culture selon le lieu où on habite 🙁

  18. Un billet réellement très intéressant ! Vous exprimez de manière presque scientifique mon sentiment sur la blogosphère que je ne fréquente quasiment pas (à l’exception de un ou deux blogs, comme le votre qui propose une majorité de bouquins et d’écrivains que je ne connais même pas ! Et qui ne me tentent pas non plus d’ailleurs, mais au moins j’’en retire la satisfaction d’avoir été informé de leur existence grâce à vous…) car lorsque j’ai tenté de m’y intéresser il m’a semblé y voir chroniqués les mêmes livres partout… et pour ainsi dire dans les mêmes termes.

    • Sandrine

      Eh bien je suis très flattée d’être parmi les happy few : merci. Moi aussi je lis pas mal de billets pour le plaisir de les lire ou par curiosité, pour être informée, tout en sachant que je ne lirai pas les livres concernés. Comme dans un club de lecture où on laisserait trainer ses oreilles juste parce qu’il est plaisant d’entendre parler de livres…

  19. Pour avoir changé, elle a changé, la blogo! J’ai beaucoup trop de blogs dans mon agrégateur… résultat, je n’y vais plus. Je ne regarde que « mes indispensables » (petite catégorie… des blogs qui datent et qui devient de plus en plus petite car ils disparaissent)… et les billets que je vois sur FB. Je sais, c’est mal. Mais j’ai un problème de gestion du temps/travail/loisirs, je pense! Je ne lis vraiment plus beaucoup depuis le voyage…

    J’avoue très peu me questionner sur mon contenu. Je lis ce dont j’ai envie. Beaucoup d’albums parce que ça me sert aussi pour le boulot et que j’aime parler d’albums, beaucoup de québécois et beaucoup de vieux trucs… parce que je veux vider la pile. J’achète de moins en moins, question de place… et j’emprunte. Comme je ne lis presque pas les blogs, je ne sais trop ce qui est relayé partout. Mais je ne résiste souvent pas aux romans d’auteurs que j’aime, qu’ils soient connus ou non. Et bon, je reste loin d’un critique hein… beaucoup plus dans le ressenti que dans le côté analyse, je suis hyper bon public… bref, une lectrice « ordinaire »!

    Ceci dit, quand je lis des blogs, c’est pour découvrir. Du coup, j’aime rencontrer des livres que je ne connais pas déjà… ou comparer mes avis pour les livres que j’ai déjà lus. Je n’ai RIEN lu de la rentrée de cette année… sauf Petit Pays, qui était dans ma boîte quand je suis arrivée de voyage. Surprise!

    Ceci dit, tu la partagerais, ta liste de blogs? Peut-être que ça me redonnerait envie d’en lire davantage!

    • Sandrine

      Ah mais non, tu n’es pas une lectrice ordinaire, en tout cas pas une blogueuse ordinaire ! Je me suis pris parfois des fous rires en lisant tes billets, que j’en ai fait lire certains à mon mari qui se demandait pourquoi je riais tant. Ton blog est tout sauf commun, on sent chez toi aussi une vraie authenticité et c’est bien pour ça que je te suis depuis toutes ces longues années, même si nous ne lisons pas les mêmes choses. C’est un plaisir de te lire toi.
      Quand à une liste de blogs, c’est assez délicat en fait. J’ai bien pensé à laisser quelques liens sur ce billet, mais c’était difficile de faire par exemple le partage entre des blogs qui ont un ton différent parce que personnel (comme toi, Keisha, L’Irrégulière ou A Girl par exemple) et d’autres qui sont résolument tournés vers des lectures et des éditeurs radicalement différents. Ils ont souvent un ton moins détendu, plus sérieux que ceux que je viens de citer par exemple. C’est autre chose, plus intellectuel (sans vouloir vexer personne)… Bon, je réfléchis à voir comment présenter ça éventuellement…

    • Comme Karine ! Je ne parcours quasi plus les blogs, je ne lis que ce qui me tente ou ce que me conseillent mes proches. C’est dommage car les blogs étaient un lieu d’ouverture pour moi il y a quelques années. Aujourd’hui, beaucoup moins…

      • Sandrine

        Moi j’aimais bien quand tu arpentais la blogo. Ton nom et ton blog restent liés à mon tout premier swap, du temps où la poignée de blogueuses que nous étions s’envoyait des livres et des douceurs dans des colis concoctés avec attention. C’était en 2008 😉

  20. Analyse très fine comme d habitude.. La question de fond reste : pourquoi bogue t on ? Si certains bloguent uniquement pour partager leurs goûts – goûts qui peuvent être d’ailleurs consensuels – d autres le font pour la notoriété le nombre de visites/ commentaires, d’autres pour encore d’autres raisons. .. personnellement je n’ai pas beaucoup de visiteurs en chroniquant peu les livres en vue mais peu m’importe car je blogue juste pour partager mes coups de coeur. Ça me suffit. Et merci pour tes belles initiatives.

    • Sandrine

      Je crois que comme toi, beaucoup de gens bloguent avec sincérité et par plaisir du partage. Quand on blogue pour la notoriété ou quelque chose de semblable, ça ne dure pas très longtemps, je pense, d’autant plus que ça ne rapporte rien d’autre que des livres : ça n’est pas très lucratif… Derrière les blogueurs qui ne chroniquent que l’actu, j’ai souvent envie de savoir quels sont les goûts de départ, qui est vraiment la personne derrière la vitrine (enfin dans le meilleur des cas bien sûr, c’est-à-dire quand j’apprécie les chroniques)…

  21. Je pense plus ou moins comme toi, en tant qu’ancienne aussi (même si PatiVore est récent) 😉 Il y a tant de blogs maintenant qu’il est impossible de tous les suivre ! Et tous ne sont pas de qualité mais parmi ceux de qualité, le temps manque tout de même… J’ai l’impression de me situer entre les deux tendances car je suis assez éclectique. En tout cas, je n’ai pas aimé Bojangles, je n’ai pas lu Petit pays ou Chanson douce… Par contre, je lis pour le groupe (restreint) 68 premières fois et l’avantage est que les livres sont des premiers romans (après, c’est sûr que certains font une actualité monstre mais je crois qu’on ne peut y échapper pour quelques titres/auteurs). Je continue de méditer sur cette évolution de la blogosphère littéraire et… tu me fais penser que je dois publier ma note de lecture des éditions Dernière goutte avant la fin du mois ! Bonne continuation à toi.

    • Sandrine

      Bientôt, entre lire les blogs et lire des livres, il va falloir choisir : les deux activités sont presque quasi aussi chronophages !

      • Tout à fait !
        Ma note de lecture pour La dernière goutte sera en ligne le 30 novembre 🙂

  22. Une Comete

    Pour ma part j’avoue une grande curiosité pour les récentes parutions une passion pour François Busnel et j’adore découvrir des titres des rentrées littéraires des années précédentes que j’aurais pu louper. Le but étant le plaisir sans jugement ! Chacun fait ce qui lui plaît 😉

    • Sandrine

      Je pense que les blogueurs bloguent avant tout par plaisir et tu as raison, chacun trouve le sien là où il peut et où il veut. Je ne critique la démarche de personne car il est très simple de tout simplement ne plus suivre un blog qui ne plaît plus. C’est plutôt l’évolution d’ensemble que j’envisage : je trouve aujourd’hui qu’il est difficile de trouver des blogs qui s’intéressent à des livres peu médiatisés. Mais bien sûr, quand on s’intéresse essentiellement à l’actualité littéraire, on nage dans le bonheur sur la blogo, et c’est tant mieux !

  23. Une Comete

    Et Petit Pays est une merveille ! Si si si

    • Sandrine

      Tu sais, j’envisage bientôt de lire Room d’Emma Donoghue. Je l’avais acheté à sa sortie car le sujet m’intéressait, et je ne l’ai pas lu tout de suite. Puis il y a eu une déferlante bloguesque autour de ce roman (de taille plus modeste que celle d’aujourd’hui car c’était je crois en 2011 ou 2012) et je n’ai plus eu du tout envie de le lire (mon mauvais caractère ne date pas d’hier…).
      Il faut donc bien trois ou quatre ans pour me remettre : j’espère donc pouvoir déguster tranquillement le Gaël Faye d’ici 2020 🙂

  24. Pourquoi taper encore sur les blogueurs ? Mon commentaire est à contre-courant des précédents, mais j’ai un peu envie de dire « chacun fait comme il veut ».
    Mais pour argumenter un peu mon point de vue quand même, je voudrais rappeler que les billets qui sortent le jour de la sortie d’un roman ou avant même sa sortie ne sont pas imposés par les éditeurs. En général, on a le choix de ce qu’on veut lire, même si on reçoit des services presses. C’est mon cas et j’ai choisi Petit Pays parmi d’autres. Si j’ai eu la même idée que beaucoup de journalistes, c’est peut-être que le roman est vraiment bon, pas forcément que je suis un mouton. Evidemment, quand on regarde au moment de la rentrée littéraire, on obtient ce résultat mais si on faisait la même observation au mois de mars ou avril, ce serait sans doute bien différent. Et de nombreux blogueurs ne vont pas sur Babelio. Il y a un biais dû à l’actualité et les blogueurs qui lisent sont pour beaucoup passionnés par les livres, et donc forcément intéressés par la rentrée littéraire.
    Bon, c’était ma minute grincheuse. Mais oui, la blogo change, la société change, et elle changera encore… ou disparaitra pour être remplacée par booktube ou je ne sais quelle autre nouveauté.

    • Pour te rassurer Estelle, je suis aussi de ton avis, d’ailleurs j’attendais dans la liste des commentaires celui qui saurait exprimer ce que je ressens, et je constate avec plaisir que c’est le tien 😉 ! Je suis lasse de cette nostalgie des premières années des blogs, comme tu le dis tout change et c’est bien aussi de suivre le changement et de ne pas rester fixer sur un temps qui n’existe plus, cela ne signifie pas nécessairement que c’était mieux avant, d’après moi. Il faut aussi tenir compte du fait que les SP au début des blogs étaient encore balbutiants. J’avoue ne lire les romans de la Rentrée littéraire que grâce aux SP, et je m’en réjouis, c’est l’occasion de suivre la littérature contemporaine, de combler ma curiosité qui est mon moteur principal. Je chronique ce que je lis sans penser si le roman a déjà été chroniqué 10 fois avant moi, chaque chronique donne un avis et peut permettre aux lecteurs des blogs de peaufiner son envie de le lire ou pas. La gageure est aussi, face à un roman souvent chroniqué, de l’aborder sous un angle nouveau, pas toujours facile, mais intéressant.

    • Sandrine

      Je ne tape par sur les blogueurs Estelle, enfin je n’ai pas eu cette impression mais si tu le ressens comme ça c’est que je me suis mal exprimée. Les blogueurs sont mes compagnons depuis des années, j’en apprécie un grand nombre, pour certains dans la vraie vie aussi.
      Je trouve que la blogosphère est une chance pour nous grands lecteurs, pour nous tous quels que soient nos goûts. On se construit tous notre petite liste de blogs avec ceux qu’on aime, souvent ceux qui nous ressemblent.
      Je ne veux pas que les gens ne lisent plus Slimani ou Gaël Faye : je suis ravie que les gens lisent. Ce que je dis ici, c’est que malgré la diversité qui nous est offerte grâce à l’édition française aujourd’hui, nous lisons souvent les mêmes livres et j’essaie de comprendre pourquoi (pour quelles raisons) et comment (par quels mécanismes).
      Je reçois aussi parfois des services de presse (très peu pour Tête de lecture et jamais de petits éditeurs que je tiens à faire vivre par mes modestes achats), mais je suis contente de m’être grandement détachée de ce système. On ne m’enlèvera pas de la tête qu’un service de presse n’est jamais, JAMAIS un cadeau, aussi gentille que soit l’attachée de presse qui l’envoie.
      Et je crois avoir chroniqué une vingtaine de titres de la rentrée littéraire, donc oui, elle m’intéresse, j’en frétille généralement dès juin en bavant d’envie sur mon Livres Hebdo. Oui, je suis d’accord avec toi Estelle : nous sommes des passionnés !

  25. Ton billet met des mots sur mon ressenti depuis quelques années. Au début de mon blog puis entre 2008 et 2012 j’ai beaucoup lu et écrit de chroniques et fréquenté la « blogosphère » via divers site et forum. Très vite le « club de lecture » est devenu une course à l’échalote géante de chroniques sans saveurs, de chroniques remplies de liens afin d’impacter les stats, et de service presse. Je ne me suis plus retrouvée dans ce milieu. Aujourd’hui, après presque 2 ans d’abandon du blog, je recommence à y prendre du plaisir. Il est parfois frustrant de n’avoir aucune réaction sur la chronique d’une pépite confidentielle alors que le best-seller du moment est partout.

    • Sandrine

      Oh oui, c’est frustrant, mais n’avoir que peu de commentaires ne veut pas forcément dire qu’il n’est pas lu ou pas apprécié. Parfois, on écrit des chroniques sur des livres si différents ou hors normes qu’ils désarçonnent les internautes qui restent… sans voix, ou sans commentaire. Souvent parce qu’on sent qu’un billet a besoin de plus qu’un « super, tu donnes envie de le lire ». Je suis sûre qu’il y a des visiteurs de blogs qui ne laissent jamais de commentaires mais qui n’en apprécient pas moins les billets.

  26. Je suis assez d’accord avec toi, voir 10 billets sur le même livre peut devenir assez lourd et même si on est tenté de le lire (personnellement, je choisis mes lectures en grande partie en fonction de qui me parle du livre, j’ai des copines blogueuses dont les goûts sont proches des miens et qui me tentent). Mais au-delà du « trop vu » c’est aussi la question de « que puis-je dire de plus avec mon avis sur ce livre vu des dizaines de fois sur la blogo? » (vu que j’arrive en général après la bataille car je suis un blog qui n’intéresse pas les éditeurs malgré mon grand âge de 8 ans et quelques et même si je reçois parfois des livres de Babélio et que je reçois pas mal de livres audio en SP, on ne peut pas m’accuser de surfer sur la vague des rentrées littéraires (d’ailleurs… ma PAL est pleine de livres des rentrées littéraires des années précédentes 😉 Je crois que je leur donnerai une 2ème vie le jours où j’écrirai mes billets 😉 (heu.. je crois que là, j’ai fait une over dose de parenthèses 😉
    C’est toujours intéressant de se poser des questions! je ne me force pas à lire des livres parce qu’ils sont en vue mais pas non plus parce qu’ils sont peu en vue, j’écoute les conseils des copines (réelles ou virtuelles) et des libraires et finalement être un blog peu connu donne une certaine liberté.

    • Sandrine

      « que puis-je dire de plus avec mon avis sur ce livre vu des dizaines de fois sur la blogo? » : c’est un peu la question que je me suis posée après ma lecture de Kinderzimmer par exemple, et du coup, je n’ai rien écrit. Ce qui ne m’a pas servie puisque quand j’ai eu à animer une seconde rencontre avec Valentine Goby sur son dernier roman, je ne me souvenais pas de tout précisément (même si ce roman est assez fort pour marquer durablement). Un blog, c’est aussi pour beaucoup d’entre nous, notre mémoire, surtout après de si nombreuses années !

      • Exactement! Mon blog est avant tout mon carnet de lecture, coups de coeur et coup de griffe, et je suis ravie de le partager avec quelques lecteurs de mon blog

  27. Bonjour, je tombe sur ton article via FB, que j’ai lu (ainsi que les commentaires, dont plus de la moitié viennent de blogueuses dont je suis depuis longtemps les blogs !) fort attentivement.
    Je suis d’accord sur la forêt devenue une jungle, mais une fois qu’on s’est frayé un chemin et qu’on a trouvé un coin sympa, il est toujours aussi sympathique qu’avant 🙂 De mon côté, pas de recherche d’un nombre de visiteurs important, aucune démarche auprès des éditeurs, pas d’achat de livres, juste le plaisir de lire, souvent des romans de l’année précédente qui sont du coup dans ma médiathèque, de cuisiner, de partager. Comme un salon élargi. Et des blogs comme ça, il y en a et ce sont ceux que je fréquent. Certes ce n’est probablement pas, aujourd’hui, la majorité des blogs… Tu as bien fait d’écrire ce billet !

    • Sandrine

      Parfois, dans les moments de rushs professionnels, je me dis qu’il faut que je mette la pédale douce du côté des visites de blogs. Alors j’ai créé un autre agrégateur (un netvibes) pour ces périodes de vaches maigres qui ne contient qu’une poignée de blogs. Au bout de trois jours, je m’ennuie de tous les autres !! Petit ou grand salon, la blogosphère est en général un lieu convivial que j’aime fréquenter. C’est aussi pour ça je crois que je regrette qu’il n’existe pas plus de particularismes, plus de lieux où on fasse de vraies trouvailles plutôt que des lieux qui confirment nos envies.
      Je suis contente que tu sois passée par ici, toi qui portes un si joli prénom 🙂

      • Merci ! C’est un pseudo qui me plaît beaucoup en réalité j’ai le même prénom que toi 🙂

  28. Je suis tout à fait d’accord avec cet article. J’ai très peu lu de cette rentrée littéraire, et ceux que j’ai lus, je les ai choisis sans être influencée par les blogs, sauf un ! En revanche, les blogs comme celui de Keisha me font connaître des auteurs qu’on voit peu sur les blogs et c’est appréciable. Je prends des idées par ci par là, et c’est vrai que lire x articles sur le même roman, ça n’est pas très constructif, surtout quand ils vont tous dans le même sens. Lorsque j’ai lu En attendant Bojangles, longtemps après le tapage médiaticobloguesque, je ne l’ai pas apprécié et je suis sûre que c’est, en partie, parce que j’avais trop lu de critiques positives et le résultat n’était pas à la hauteur de l’attente !

    • Sandrine

      C’est aussi une conséquence du trop grand nombre de billets dithyrambiques : on attend beaucoup d’une roman, on place la barre finalement bien plus haut qu’il ne faudrait pour qu’il nous surprenne vraiment et qu’on l’apprécie…

  29. 132 blogs en liste, ouah, c’est beaucoup. J’avoue que vous n’êtes que cinq ou six dans ma liste. Pas par snobisme, mais parce que par vos choix vous complétez ma propre liste. En fait, j’ai la « chance » d’acheter tout mes livres et je reste un visiteur compulsif des librairies où je farfouille et hop, bonne pioche. Bien sur il y a des auteurs connus ou reconnus, mais mon choix est plus lié à mon coté « fan » de la premiere heure( la mienne) d’un auteur qu’à la necessité provoquée par les médias ( blogs compris). De temps en temps cela se croise. D’autre fois, le simple fait d’entendre trop parler de certains ( même reflex avec le cinéma), je me dis que cela cache quelque chose ( on est parano ou on ne l’est pas ….)Et puis pour les grandes maisons, on est à peu pres certain qu’il y aura un poche, donc j’attends, un an, deux ans, puis après c’est dans la PAL et j’attends encore, un an deux ans, et parfois beaucoup plus si non affinité, car avec le temps.. va, tout s’en va .Et j’oublie ce qui avait pu provoquer cette envie de lire tel ou tel ouvrage.
    Finalement, si je fais le bilan de ma rentrée littéraire, il y a peu d’ouvrage dont on ai parlé dedans.Mais comme je les ai lu pour me faire plaisir.( En parlant de lire, je me demande parfois comment certain peuvent afficher un nouveau titre par jour dans leur blog. Même un retraité à d’autres chose à faire dans une journée que d’arriver à lire et chroniquer un pavé par jour….ou alors, vivement que je sois à la retraite dans …non on va parler d’autre chose)

    • Sandrine

      Nous ne sommes pas égaux devant la lecture : il y a des lecteurs qui lisent bien plus vite que d’autres. Pour mon malheur (car mon métier repose sur la lecture, tout comme ma première passion), je suis une lectrice lente. J’ai fait des tests de lecture sur Internet et tous confirment ce que je savais d’expérience : je lis lentement 🙁 Mais si j’étais une lectrice rapide, comme j’en connais, je pourrais tout à fait chroniquer un livre par jour (bon pas de 600 pages quand même car il fut aussi les écrire ces billets…).
      Et merci de me compter au nombre restreint des blogs que tu suis 😉

  30. Je reviens dans la discussion car je trouve que les commentaires sont au moins aussi intéressants que le billet initial. J’ai réfléchi à ce débat, je trouve que ce nest pas très juste de critiquer les blogs qui sont sollicités par des maisons d’édition. J’en parle d’autant plus facilement que je ne fais pas partie de ces blogueuses là. Je ne me laisse que rarement convaincre de chroniquer des livres offerts, je l’ai fait au début de mon blog . Jecrois qu’il faut plutôt se poser des questions sur les critiques traditionnelles, comme beaucoup j’étais tellement déçue par les critiques de presse que je ne les lisais plus. La fraîcheur des blogs a tellement été méprisée par les tenants de la critique traditionnelleet officielle. Mais les maisons d’édition se sont rendu compte que les blogs représentaient un poids non négligeable pour la vente des livres. Alors elles ont commencé à solliciter des blogs. Pour moi , la responsabilité de ce phénomène du succès des blogs vient surtout de la connexion si évidente entre les critiques de presse et les maisons d’édition . Mais là ou je suis bien d’accord mes blogs préférés sont ceux où l’on sent une démarche personnelle.

    • Sandrine

      Aujourd’hui, les « médisants » s’interrogent : et si les blogs, chouchoutés par les maisons d’édition, reproduisaient finalement ce que l’on reprochait et l’on reproche encore aux critiques traditionnelles, la collusion ? Certains s’estiment trompés quand ils découvrent que finalement certains blogueurs agissent comme certains journalistes, on les comprend.
      Je ne les critique pas pour ma part, je m’en fiche de ces blogs-là, mais ça m’intéresse de comprendre comment fonctionne la blogosphère en général et en particulier. C’est un peu beaucoup mon monde, j’y passe tellement de temps ! J’aime bien en observer les changements, les orientations et faire partager mes réflexions. En espérant qu’elles ne soient pas prises en mauvaise part, bien sûr.

  31. Sandrine, tu as l’art d’aller chercher des textes peu connus dont on parle peu et qui sont souvent publiés par de « petits » éditeurs, eux aussi méconnus. C’est pour cela que j’aime ton blog.
    Pour ma part, j’essaie d’être éclectique dans mes lectures, mais il est vrai que étant constamment à l’affût d’idées de lectures, je lis les critiques du Monde des livres, je lis les blogs avec lesquels je me sens des affinités, et il est vrai qu’il m’arrive d’être tentée par des livres surmédiatisés (oui, j’ai lu le Slimani !). Cependant, comme toi, je finis parfois pas friser l’overdose (ainsi n’ai-je toujours pas lu Petit pays ou The girls). Mais j’aime aussi me laisser séduire par une couverture, un titre dont je n’ai jamais entendu parler, en le croisant en librairie ou en bibliothèque.
    Les blogueurs sont de grands lecteurs, aussi n’est-il pas étonnant qu’ils fassent partie du bataillon des lecteurs de bestseller (oh le vilain mot !). Il arrive que certains soient bons.
    Quoi qu’il en soit, la blogosphère est un pays dans lequel j’aime voyager !

    • Sandrine

      Après ma lecture de California Girls, j’étais vraiment à fond pour The Girls. Et puis voilà, overdose finalement. Slimani pareil : la nounou psychopathe me tentait bien, mis je suis sûre qu’elle va m’attendre bien sagement.
      Je n’ai pas l’impression d’être très éclectique. C’est d’ailleurs pour ça que je me suis lancée dans « Lire le monde » et « Un mois, un éditeur » : pour me sortir de mes habitudes et me mettre des coups de pied aux fesses. Je me vois bien ne lisant que des auteurs américains de chez Albin Michel, deux trois Actes Sud et des tas de romans historiques. Je ne suis jamais plus contente que quand je découvre une petite perle 🙂

  32. Je mets mon grain de sel. Personnellement, je suis assez partagée. Je ne choisis pas pour la plupart mes lectures en suivant l’avis des blogs, les lire me permet donc de me tenir au courant. Il faut quand même dire que beaucoup de blogs qui chroniquent des livres de la rentrée font de très bons billets, dans le sens où il donne un meilleur aperçu du livre que ce que l’on peut trouver dans certains magazines (il y a des avis que je ne comprends pas entièrement parce qu’il y a des mots trop complexes pour moi mais c’est une autre affaire). Par exemple, si tout le monde fait le même billet, cela veut dire qu’il n’y a pas grand chose dans le livre (à mon avis…) Si les perspectives changent avec les billets, cela peut signifier qu’il y a une place dans le livre pour chaque lecteur. En faisant comme cela, je trouve qu’avoir plein de billets est quelque chose d’assez positif.
    De plus, quand je termine un livre, où je me pose plein de questions sur ce que j’en pense en fait, j’aime lire les avis des autres. En fait, même au cours de la lecture, pour voir si d’autres ont notés la même chose que moi. C’est un peu comme une discussion sans discussion. Cela peut aiguiller ma lecture (par exemple quand elle a mal commencé mais que certains avis sont positifs), mais aussi mon billet, me permettre d’être plus au clair, plus précise sur ce que j’ai aimé ou pas (et aussi de ne pas avoir l’impression de papoter toute seule).
    Chroniquer des petits éditeurs fait qu’en général tu es seul à les avoir lu (par forcément à les lire entendons nous bien) et que finalement, il manque cet enrichissement par rapport à des lectures plus lues. C’est l’impression que j’ai en fait quand je lis des petits éditeurs (je ne lis pas que cela mais c’est mon ressenti en tout cas) : c’est d’être toute seule à crier mon enthousiasme devant … personne (je ne fais pas de billets sur certaines lectures pour ne pas paraître complètement bizarre). Je te donne l’exemple de L’Anaconda de Matthew Lewis. Tu ne peux pas t’imaginer le plaisir que cela m’a fait de tomber sur le billet aussi enthousiaste que le mien, d’une autre blogueuse alors que j’étais tombée sur ce livre par hasard à la librairie. Cela m’a donné cette impression de ne pas être toute seule.
    En fonctionnant comme cela, la blogosphère m’apporte la plupart du temps la possibilité d’évoluer dans mes lectures et l’expression de mes avis, mais pas dans le choix de mes lectures. Finalement, les quatre blogs un peu hors du lot qui me décident pour mes achats me suffisent. Ceux qui viennent pour la partie discussion sont très bien aussi.
    J’ai conscience d’être une privilégiée en ayant accès à de supers bibliothèques et à de supers librairies. Et c’est vrai que si on utilise les blogs pour son choix de livres, certains peuvent paraître un petit peu une redite de magazines littéraires. Je peux le comprendre … mais à mon avis, la situation n’est pas aussi désespérée que cela tout de même.

    • Sandrine

      Ton point de vue est très intéressant, merci de l’exprimer ici. Parfois, quand un livre me déroute ou m’ennuie, je cherche à savoir ce qu’en ont pensé d’autres lecteurs. Et quand les avis exprimés sont positifs et contraires au mieux, il est vrai que ça peut m’aider à construire mon argumentation. Car être blogueur, ce n’est pas simplement lire, c’est aussi beaucoup écrire et ce n’est pas forcément la partie la plus facile ou la plus plaisante.

  33. Grâce à Libfly, j’ai découvert des maisons d’éditions peu connues qui m’offrent de très bons moments de lecture. Je suis heureusement étonnée par la qualité de leurs parutions. Serge Safran, le Tripode, Intervalles, Esperluette, Les solitaires intempestifs, Les forges de Vulcain, Elyzad, Les éditions du Sonneur, Rue des promenades…
    Oui, les prix font vendre. J’ai aimé « Petit pays » et ne vais pas m’en défendre. A nous de franchir le pas et de dénicher les petites maisons d’éditions
    Lorsque l’on fait partie d’un comité de lecture, de la bibli par exemple, nous devons lire les livres qui plairont et je ne regrette pas le dernier Gaudé, Marcus Malte, Léonora Miano… ce furent de très belles lectures. Je n’irai pas jusqu’à lire levy-musso, faut pas exagérer non plus, pourtant certaines lectrices les adore et je ne cracherai pas dessus car… elles LISENT !
    Oui, la blogosphère augmente tous les jours, mais bon, cela veut dire qu’il y a de plus en plus de lecteurs… je suis un certain nombre de blogues et ne vais guère voir ailleurs, pas le temps,. Idem sur Babelio. Un blogue ne te convient plus, tu n’y vas plus, un autre te plait, tu y vas avec plaisir
    J’ai vu ton challenge et je ne peux qu’y souscrire. J’ai passé plusieurs commandes à la bilbi et… j’attends
    Le principal : lisons, lisons, lisons !!!
    A très bientôt

    • Sandrine

      Je ne participe pas à Libfly mais suis 100% d’accord avec toi : l’opération mensuelle autour des éditeurs indépendants est vraiment formidable et permet de très belles découvertes. Et sur le site, on trouve des interviews et rencontres très intéressantes.
      Je ne doute pas que le Gaël Faye soit un bon livre, pas du tout. Ni que l’auteur lui-même soit quelqu’un de bien (je n’avais jamais entendu parler de lui avant cette rentrée, mais je crois qu’il est chanteur). C’est juste qu’il me faudra un peu de temps pour oublier toute cette agitation. J’ai beaucoup aimé Au revoir là-haut et j’ai été doublement, triplement contente d’avoir publié mon billet sur ce livre le 20 août 2013 ; idem pour Boussole (sauf que je n’ai pas aimé) : ils ont été les premiers romans que j’ai chroniqués pour les rentrée 2013 et 2015 et heureusement car trois semaines après, j’étais déjà repue du battage médiatique autour et je ne les aurais pas lus…

  34. Tu as gardé bien plus de blogs que moi dans ta liste 🙂 S’il m’en reste une dizaine c’est le bout du monde mais je fais des descente de clics parfois pour visiter de vieilles connaissances, découvrir de nouveaux blogs, de nouveaux point de vue 🙂 Il me semble aussi que les blogs sont beaucoup plus spécialisés moi qui ai toujours aimé lire de tout et du bizarre parfois, j’ai l’impression qu’on mélange peu mais c’est peut-être juste une impression 🙂
    Je lis toujours par période, quand j’ai ma dose de classique, j’ai envie de nouveauté, quand j’ai lu plein de blanche, j’ai envie de SF, quand j’overdose de roman, j’ai envie d’essai, je serais bien incapable de me spécialiser je crois (et ton blog me fait toujours découvrir des horizons 🙂 ) et de toute façon je n’arrive pas à chroniquer le quart de ce que je lis, cela dit je ne sais jamais pourquoi je décide d’écrire l’un ou l’autre de mes billets en retard. Par contre, il est bien certain que c’est parfois frustrant de voir que les petites perles qu’on découvre au détour d’une lecture ne semble intéresser personne alors qu’on a tellement envie de les partager parfois.
    Je suis un peu comme toi sur le plan de la diversité et je me lasse vite de lire toujours la même chose (que ce soit en terme de sujet ou en terme de point de vue d’ailleurs) du coup j’ai fait des coupes drastiques dans mon « tour des blogs », ce qui ne m’empêche pas de faire des descentes de clics régulièrement pour varier mes lectures (j’aime trop parler de livres pour abandonner l’espoir de trouver de nouveaux blogs, de nouveaux angles, et tout et tout). D’autant que comme cécile j’aime beaucoup comparer les points de vues et m’y confronter 🙂

    • Sandrine

      Je suis allée repêcher ton com’ dans la corbeille : je ne sais pourquoi il y est tombé, mais j’ai du coup collé tes deux commentaires dans celui-ci.
      Tu es typiquement ce que j’appelle une lectrice éclectique et il est donc bien dommage que tu ne nous en fasses pas plus profiter. Mais comme je le disais je ne sais plus où, bloguer ce n’est pas que lire, c’est beaucoup écrire et ça peut être plombant parfois, surtout sur des livres qu’on estime médiocres.

  35. Après tant de commentaires, je n’ai rien de neuf à ajouter. Je constate aussi cette uniformisation des blogs, je me souviens de quelques blogueuses disparues qui allaient chercher davantage dans les marges. De mon côté, je me suis laissée un peu entraîner dans du « tout-venant » au début, mais depuis un moment, je reviens à mes fondamentaux sans me préoccuper du reste. Je suis tentée autant par des livres de rentrée que par des récits plus confidentiels (un à venir que je n’ai vu qu’une fois sur un blog !). Et je constate que les blogs qui me tiennent à cœur sont majoritairement ceux que je connais depuis le début, sans ignorer les autres pour autant.

    • Sandrine

      Au bout de toutes ces années, on finit par bien cerner les blogs. Parfois quand je lis tel ou tel livre, je sais à quelle blogueuse ou blogueur il pourrait plaire. Ainsi du Michel Bernard pour toi.
      Nous sommes tout de même assez loin toi et moi d’avoir les mêmes goûts littéraires, mais si je n’allais pas lire tes billets, c’est comme si je ne saluais pas ma voisine de palier en la croisant dans l’escalier. Cette familiarité et proximité entretenue avec certains blogueurs et blogueuses m’est chère.

  36. Ton billet est très intéressant Sandrine. Je rejoins Hélène dans son commentaire qui pose la question de savoir pourquoi on blogue. Je n’ai pas connu la première ère des blogs littéraires, le mien n’a que 4 ans et des poussières, mais je sais ce qui m’a plu dans la blogosphère: c’est la sincérité des avis. Et c’est ce que je recherche, dans ma crèmerie et chez les autres. Et c’est aussi le cas pour les livres très médiatisés, cela me permet de savoir ce qu’ils valent vraiment à travers les avis de blogs dont je partage les goûts et l’état d’esprit. Et je cherche à la fois donc des livres dont on parle beaucoup, même si je frôle aussi parfois l’overdose, et je découvre parfois des auteurs et des éditeurs. J’ai laissé tomber les blogs qui aiment tout, par exemple, sans vraiment d’argument (l’inverse est aussi vrai). Depuis que je « fréquente » la blogo, je choisis mieux mes lectures aussi.

    • Sandrine

      Il y a des blogueurs qui font le choix de ne parler que des livres qu’ils ont aimé. Du coup, ils ont l’air de tout aimé, et oui parfois, ça peu sembler lassant (ou inquiétant !). C’est un choix, peut-être dicté par le temps d’écriture qu’ils préfèrent consacrer à du positif, peut-être aussi par désir de ne pas se fâcher avec auteurs et éditeurs. Mais je suis parfois frustrée de ne lire que du positif sur certains blogs que par ailleurs j’apprécie.

      • Vous touchez du doigt ce qui m’EXASPERE le plus dans la blogosphère et contre quoi je m’insurge de toutes mes forces !!!!!! GRRRRRRR ! J’ai d’ailleurs eu l’occasion de le dire cent fois sur mon blog…

  37. Je me retrouve absolument dans ton article! Je suis littéralement saoulée de lire les mêmes titres sur les blogs, surtout en période de rentrée littéraire. C’est vrai qu’avant, j’avais l’impression que la diversité était beaucoup plus présente. A mes yeux, certain-e-s blogueur-ses-s littéraires se sont professionnalisé-e-s. Du coup, ils n’ont plus d’intérêt à mes yeux. Je recherche l’authenticité, l’objectivité et la créativité. J’aime quand les billets sont écrits avec le coeur 🙂

    • Sandrine

      Je ne sais pas bien ce que tu entends par « professionnalisés ». Ce qui est certain, c’est que pas mal de blogs émanent de professionnels du livre ou de prescripteurs (bibliothécaires, libraires, prof de français…). Mais je pense que tu constates que certains blogs se systématisent, tournent un peu à l’automatique : une nouveauté, une nouveauté, une nouveauté… on dirait un peu de l’industrialisation, ça manque de cohérence et de personnalité. Je crois que ces blogs-là ne sont pas très nombreux (en tout cas je ne les fréquente pas) et qu’ils ne durent pas : on ne fait pas ça longtemps sans passion…

      • Quand je dis « professionnalisés », je pense à ceux qui fonctionnent en majorité avec des services presse. Leurs lectures sont du coup des « commandes », selon moi. Leurs choix n’émanent plus d’eux-mêmes, même si j’imagine qu’ils sont intéressés par les services presse qu’ils reçoivent. Mais il n’y a plus le choix « à l’aveugle », d’un livre croisé dans une bibliothèque par exemple, ou bien un coup de cœur sur une couverture. Je constate que certains blogs que je suivais ne font presque plus que des services presse, et on les reconnaît parce que c’est au moment où on voit partout le même titre!

  38. Billet très intéressant, qui rejoint une question que je me posais il y a peu en consultant Bibliosurf qui recense régulièrement « les livres dont la blogosphère parle » et j’ai constaté comme toi qu’on y retrouve les mêmes titres que dans la presse traditionnelle. Je me suis demandée si c’étaient vraiment les livres les plus appréciés, ou ceux qui avaient fait l’objet des plus gros envois de SP. Au jeu des SP les petits éditeurs sont forcément perdant. Je crois que c’est le phénomène qui a provoqué cette uniformisation dont tu parles et qui est bien réelle, et qui fait que j’ai de moins en moins de blogs dans mon reader. Les chroniques s’uniformisent aussi, tu remarqueras qu’il devient très difficile d’avoir un avis très négatif sur un livre. Parfois on n’arrive même pas à savoir si la personne qui écrit a vraiment aimé le livre. Je crois, en effet, que la blogosphère est tombée dans le même travers que la presse traditionnelle en copinant avec les éditeurs et les auteurs.
    Cela dit, même quand on refuse de participer à ce système (ce qui est mon cas) on se laisse quand même séduire par des billets dithyrambiques. Il devient de plus en plus difficile d’ailleurs de s’y retrouver dans le maquis des livres publiés : les livres sont devenus des produits de consommation comme les yaourts et les voitures, et sont soumis au même marketing. Quant tu rentres dans une librairie, ce sont toujours les mêmes titres qui sont mis en avant, à quelques rares exceptions près (je vis à Paris et je fréquente quelques librairies qui sortent un peu des sentiers battus), dans ces conditions les petites maisons n’ont quasiment aucune visibilité. Pareil dans les bibliothèques, du reste. La blogosphère s’uniformise, comme la littérature s’uniformise, comme le monde s’uniformise. Sortir de l’autoroute du mainstream devient un boulot de romain !

    • Sandrine

      Il va falloir qu’on remédie à tout ça, chacun à notre échelle où dans 50 ans nos descendants n’auront plus le choix de la diversité que nous avons aujourd’hui. D’ailleurs, je suis entrée en résistance : je fabrique mes propres yaourts 😀
      Je suis contente qu’une ancienne de la blogo exprime le même avis que moi (avec des mots plus pointus et précis) parce que j’imagine bien que certains blogueurs, enfin plutôt blogueuses) prennent mal ce que j’ai écrit ici. Loin de moi l’idée de déprécier certains blogs, encore moins des blogueuses, mais il fallait que j’exprime ça, au moins pour savoir si mon ressenti était partagé ou bien si je me montais toute seule le bourrichon dans mon coin !

  39. La nécessité d’un format poche pour les transports en commun m’oblige souvent à ne pas lire de grand format et donc la rentrée littéraire ne me touche guère. Je finis, comme toi, par ne même plus vouloir croiser un roman tant on en entend parler. La parution poche me laisse le temps de le voir retomber dans un début d’oubli et de me demander si je suis vraiment intéressée.
    Il y a la dedans quelques exceptions, au gré des envies très spontanées, quand je n’ai pas encore lu trop de billets/critiques sur un roman. Je sais aussi que tous les romans ne sortent pas en poche, si un minimum de succès n’est pas au rendez-vous, et donc que je passe potentiellement à côté de jolies choses.
    Je fais partie de celles et ceux qui reçoivent des SP, et la plupart du temps j’essaie de m’en servir pour aller vers des genres ou des récits qui ne m’auraient pas attirés autrement. Sauf que du coup, ça tombe souvent à côté aussi, et dans ce cas je reconnais avoir du mal à être réellement et totalement négative. Ce qui ne m’empêche pas de dire que je n’ai pas aimé et pourquoi. Mais je suis certainement moins directe que je ne l’aurais été si j’avais acheté le livre.
    J’aime sur les blogs découvrir des petits éditeurs : Le Tripode, Alma, Liana Levi, Le serpent à plumes… Je n’en lis pas assez à mon goût. Mais leur catalogue étant forcément plus petit, il est normal qu’elles soient moins visibles.
    Au final, ce qui est gênant aussi, c’est que j’ai l’impression que le milieu de l’édition fait plus dans la quantité que dans la qualité (sans jugement péjoratif, il en faut pour tous les goûts), par exemple quand, en littérature adolescente, une formule de roman dystopique est reprise à tout-va.
    Après, je rejoins CécileSblog, j’aime aussi à confronter mon ressenti après ma lecture avec d’autres avis. Ça m’aide beaucoup à structurer ma pensée, à essayer de revenir sur certains aspects. Et comme beaucoup, mon blog est avant tout un suivi de mes lectures, de ce que j’en ai pensé. Quand quelqu’un me demande ce que j’ai lu de bien récemment, j’y retourne pour proposer. Le récemment s’entendant bien sûr plus sur mes lectures que sur des parutions récentes, pour tout ce que j’ai dit précédemment.

    • Sandrine

      Je recevais des SP automatiques mais c’est fini, j’ai arrêté ce système : recevoir des livres que je n’ai pas envie de lire à la base alors que ma pile d’envies s’écroule sous le nombre des titres alléchants, c’est fini. Je fais des demandes aux éditeurs, environ cinq ou six par trimestre (un peu plus au moment de la rentrée littéraire de septembre) et ça va bien comme ça : je ne lis que ce que j’ai envie (sauf nécessité professionnelle) et m’exprime librement. Le bonheur bloguesque en somme !

      • Je choisis aussi, je ne reçois rien automatiquement, sinon je pense que je ne me sentirai pas liée d’une quelconque manière, ni devoir absolument un billet. Encore heureux. Mais c’est vrai que j’ai pu parfois avoir l’impression d’être « obligée » de choisir quelque chose, même si rien ne me tente complètement, pour ne pas passer mon tour et que la maison d’édition ne me propose plus rien. Là aussi, j’ai grandi avec mon blog, je ne me mets plus de telle contrainte en tête bêtement. Si ma façon de choisir ou non ne plait pas, le partenariat s’arrête et puis c’est tout.

  40. Bonjour Sandrine,
    J’ai lu ton article avec beaucoup d’intérêts. Je trouve aussi que dans la nouvelle génération de blog(euses ou eurs) on trouve beaucoup de personnes intéressées, soit pour être une des premières à lire et à chroniquer le futur grand bouquin, j’ai même vu des chroniques avant la parution officielle du livre, soit parce qu’ils ou elles sont impliqué(e)s dans l’édition ou dans la vente.
    Mon blog qui s’épivardait un peu à ses débuts dans toutes les directions se concentrent dorénavant sur la lecture. Il n’est pas principalement destiné à être lu, même si cela me fait plaisir quand ça arrive, mais me permet avant tout de résumer voire de critiquer mes lectures principalement des romans policiers mais pas que et j’évite les titres trop chroniqués… du moins un certain temps ou jusqu’au moment ou un blog de confiance m’en parle en bien.
    À bientôt
    Le Papou

    • Sandrine

      On t’a reconnu le québécois : chez nous, on n’a pas de blogs qui s’épivardent 🙂 J’aime bien faire un tour sur ton blog, c’et un lieu simple et accueillant où l’on peut en effet trouver quelques idées de polars ou policiers, des idées non intéressées et non impliquées, ce que je soupçonne n’être pas toujours le cas dans les blogs polar…

  41. Lire ton billet me fait grand plaisir, et voir le nombre de réactions encore plus, car tu mets à l’évidence le doigt sur un sujet qui titille. La blogosphère change, c’est clair, c’est inévitable. Elle est pour certains devenue un mode de vie, un mode d’acquisition sans monnaie, recevoir contre une chronique, ça ouvre des portes et ça peut donner des ailes. Je ne suis pas contre tout ça, j’en profite un peu aussi parfois d’ailleurs. Nous sommes dans un monde de chiffres, il faut faire grimper les stats, booster son page rank, il faut avoir lu le plus de livres possibles, recevoir le plus de SP… la spontanéité et les choix véridiques s’estompent parfois… ça me donne le tournis.
    Et pour le « moutonisme », est-il simplement un syndrome du blogueur ? Je suis bibliothécaire, et ainsi amenée à conseiller très souvent des bouquins. Beaucoup cherchent un « bon roman », sous entendu, qui a plu à la majorité, pas nécessairement du best-seller (ou par ricochet), mais du connu, du reconnu, des avis prescripteurs en fait. ça ne me dérange pas, mais conseiller des bouquins plus confidentiels est une lutte au quotidien, et sans forcément évoquer les éditeurs ultra indépendants… Pour eux, nous avons fait un espace dédié, qui les rassemble et les valorisent. Mais là encore, il faut s’armer de patience, les affubler de post-it, les amener au lecteur, car clairement, le lecteur, curieusement, recherche le confort.
    Au plaisir d’en rediscuter,

    • Sandrine

      Ah Alice, j’ai été bibliothécaire pendant plusieurs années et tu ravives là un de mes tourments… Chaque trimestre, je changeais les nouveautés, à raison de 20 ou 25 titres. Je choisissais bien sûr ce que les gens attendaient, ce que je savais qu’ils voudraient lire (je ne te fais pas la liste, tu les connais). Et puis j’en choisissais 2 ou 3 autres, moins connus, d’un abord peut-être plus complexe… et invariablement, ces 3 titres restaient sur l’étagère des nouveautés : désespérant ! Il fallait argumenter pour leur donner ne serait-ce qu’une chance d’être empruntés (être lus est encore autre chose…).
      Cela d’ailleurs ne tient pas aux éditeurs : généralement, les lecteurs de base connaissent Gallimard, Flammarion et Le Seuil avec un peu de chance et le reste est tout un : inconnu.

  42. Bonjour Sandrine,
    Ah zut, je n’ai lu aucun des trente livres les plus chroniqué chez Babelio ! Il est vrai que ma thématique est uniquement la culture polar. Je suis à 200% d’accord avec toi, sur l’ensemble de tes réflexions. Manque d’éclectisme, de découvertes, de diversité, de talents variés, de petits éditeurs… au profit d’un « suivisme » regrettable. Chroniquer les « stars de l’édition », pourquoi pas ? A condition de laisser autant (sinon plus) de place aux moins connus. Et de rédiger de vrais textes, si possible. Cela dit, chacun(e) son approche.
    Amitiés.

    • Sandrine

      Ah chouette, un polardeux 🙂 Je suis tout à fait flattée que tu déposes un commentaire ici sur ce sujet, et surtout un commentaire aussi… clair. Ce que je décris ici concerne globalement les blogs généralistes, mais je crois que le phénomène est accentué à la puissance 10 pour les blogs polar (sauf quelques-uns, je n’ai besoin que des doigts d’une main pour les compter) : ils aiment tout ! Ou plutôt, ils ne chroniquent que ce qu’ils aiment, ce qui aboutit à un enthousiasme lassant voire même suspect.
      Je pense que pas mal de blogueurs polar connaissent (plus ou moins) bien les auteurs dont ils parlent et sont en bon contact avec les généreuses attachées de presse. Du coup, on se caresse dans le sens du poil…
      Tu sais peut-être que je tiens un blog spécialisé SF et fantasy depuis bientôt 13 ans et ça fonctionne beaucoup moins comme ça car ces genres n’ont quasi aucune visibilité dans la presse et les médias traditionnels. Les blogs sont souvent l’unique fenêtre médiatique de certains éditeurs et je crois (mais je ne connais pas tous les blogueurs individuellement) qu’il y a plus de spontanéité. J’exclus de ce constat les blogs chroniquant ce qu’on appelle du young adult qui sont un cas très à part.

  43. Argali

    Bonjour,
    Sans doute votre analyse est-elle (trop ?) franco-française. Les blogs, la presse et les maisons d’édition dont vous parlez sont français. Il y a bien plus de diversité sur les blogs que vous semblez le dire. Il faut juste être curieux.
    Que de blogs sur les paralittératures dont vous ne parlez pas. Ou sur la littérature jeunesse ; la littérature québécoise, belge, anglo-saxonne ou internationale.
    Quant aux romans que vous voyez en tête des ventes, je signalerai que bien avant octobre, « Petit Pays » avait trouvé des lecteurs qui, enthousiastes, ont partagé leur coup de cœur et entrainé d’autres dans leur sillage. Cela sert à ça aussi, les blogs.
    Je ne me retrouve pas dans votre analyse et les blogs que je suis ne sont pas non plus figés dans cette état de fait. Et quand bien même, chacun fait ce qu’il veut. Non ?

  44. Je crois que nous nous retrouvons sur l’essentiel. Ce que tu dis en tout cas de la blogosphère, je le partage. Je refuse personnellement les SP. Mon blog n’est qu’une tentative d’ouvrir à tous mon carnet de lecture, et rien de plus, une sorte de journal de voyage parmi les livres. Je pense qu’il est bien que la presse fasse son métier. Mais que le blog, c’est autre chose. Autre chose que la presse. Une forme spécifique, plus proche du journal, du carnet de notes, d’une sorte de récit de soi au contact du merveilleux continent des livres. A nous de faire vivre cette autre vision. Des initiatives telles que ton « Lire le monde’ y parviennent très bien me semble-t-il.

    • Sandrine

      Quelqu’un en commentaire décrit bien ce qui s’est passé dans la blogosphère : au début, beaucoup comme toi cultivaient leur petit jardin. Puis sont arrivés les SP qu’on a pris comme une aubaine, un peu naïvement. Ils sont sans doute une marque de confiance mais certainement pas des cadeaux. Aujourd’hui, certains continuent à biner leur petit pré carré, d’autres (bien plus nombreux) font dans l’actualité et aussi la complaisance pour entretenir un système. Pas tous, mais beaucoup. On n’est bien sûr pas obligés de les suivre, mais ils cachent la forêt…
      Au plaisir de voyager avec toi autour du monde (littéraire !).

  45. Bonjour Sandrine,

    J’ai ouvert mon « blog littéraire » il y a moins d’un an, je ne cherchais – et ne cherche toujours pas – ni la gloire, ni un nombre de lecteurs pharaonique, je souhaitais juste écrire et partager, faire voyager surtout.
    Et hasard, juste avant de tomber sur votre article, je me suis fait une remarque : mes chroniques les plus lues (toute proportion gardée…) sont malheureusement celles concernant les livres les plus connus et/ou médiatisés. Ca me rend triste, mais tant pis… Je ne changerai pas mes lectures (qui tombent parfois, parce que j’en ai envie, dans le fameux « bankable »!).

    Merci pour cet article, instructif et édifiant ! 🙂

    • Sandrine

      Moi aussi je lis parfois du bankable et du GalliGraSeuil, juste parce que j’ai envie 😉 Ce qui me chagrine c’est surtout le manque d’éclectisme. Par contre, ce n’est pas le nombre de blogs qui manque et le tien, je ne le connais pas encore, ça va donc être un plaisir de le découvrir.
      Par contre, sur mon blog, les articles les plus vus ne sont pas ceux qui traitent de romans très connus. Ceci dit, avec huit ans d’archives et de visites des Google bots, c’est forcément différent. Mon billet le plus consulté depuis déjà longtemps concerne un roman chilien, et je m’en étonne toujours…

  46. Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet…Ton article est très intéressant et fait écho à ce que je constate depuis la création de mon blog.
    Tu as bien résumé l’affaire, bien que tu n’aies pas évoqué le côté « aguicheur » et donc profitable (en terme de commentaires, vues etc.) d’un article qui parle d’un livre connu. Pour ma part j’essaye de mélanger les genres, les époques, les éditeurs… Car c’est avant tout ce que j’ai envie de lire, de tout. Mais je n’échappe pas aux têtes de gondoles.

    • Sandrine

      Je crois que pour être un blogueur tout à fait heureux il faut, en plus de lire ce qu’on a envie de lire, se détacher des chiffres : nombre de visites, de commentaires, de partages sur ceci et cela, de SP reçus ou pas… Pourtant, comme l’ont dit plusieurs commentateurs ici, c’est toujours un peu décevant de ne pas lire de réactions à un billet sur un livre qu’on a aimé, qu’on voudrait faire découvrir. Nos blogs on les a aussi créés pour partager, discuter de nos lectures, enfin je crois que c’est souvent le cas, ça l’est pour moi.

      • Justement, si on crée un blog pour partager, c’est qu’on attend des réactions. Pour ma part, il m’a fallu beaucoup de temps avant d’avoir des visiteurs réguliers et quelques commentaires. C’est en chroniquant des livres récents et à succès que les premiers commentaires sont apparus, le constat est là.
        De temps en temps je lis un livre qui fait parler de lui car je sais qu’il m’apportera des visiteurs qui sinon ne seraient jamais venus sur ma page. Ces mêmes visiteurs pourront alors lire d’autres articles et s’intéresseront peut-être aux livres moins renommés que je critique.
        Tant que je ne me force pas à lire 🙂

  47. Bon sang, suis-je encore dans ta longue liste de blogs qui valent la peine ?
    Pour ma part, j’ai éliminé ceux qui ne sont jamais négatif sur aucun bouquin. Cela me parait louche.

    • Sandrine

      Pardi cette question, depuis le temps !Et maintenant que tu es chez WordPress, ça aurait quand même été dommage de ne plus te suivre dans ce nouveau si beau chez toi 😉

  48. Je suis donc précieux 😀 Merci !

    • Sandrine

      Oh mais oui : tu fais partie de ces originaux qui chroniquent des livres qui ne suivent aucune mode, je crois. J’imagine du coup que tu dois être un peu lassé toi-même de cette monotonie bloguesque qui ne ressemble pas à tes goûts… à moins de prendre tous ces billets sur une poignée de livres comme une façon bien suffisante de les aborder et de les connaître…

      • Très peu et puis je préfère le classique au contemporain….

  49. Merci pour ce partage d’expérience! C’est un ressenti que je partage un peu aussi.

    Chacun choisit ses lectures; mais je constate aussi qu’il y a une sorte de mainstream sur les blogs – floraison de billets au fil des services de presse, entre autres. Par curiosité, on devrait aussi pouvoir se détacher de l’actualité, par exemple en lisant davantage d’ouvrages achetés chez les bouquinistes et antiquaires. Ou oser les littératures francophones non françaises, les éditeurs qui ne s’exportent guère et qu’il faut vraiment aller chercher.

    J’avais aussi lancé une petite réflexion à ce sujet sur mon blog, il y a plusieurs années déjà:

    http://fattorius.over-blog.com/article-ces-livres-qu-on-croit-etre-seuls-a-lire-40347965.html

    Le paragraphe sur les éditions Harlequin est certes obsolète, mais pour le reste, je maintiens en grande partie.

    Bonne soirée!

    • Sandrine

      Sais-tu Daniel que j’ai passé un an avec Marie d’Oignies ? Pas sainte, seulement bienheureuse, mais quand même une mystique médiévale de la plus belle eau. C’était pour mon mémoire de maîtrise et je lisais donc à l’époque (il y a quinze ans) moi aussi, des vies de saints. Moins aujourd’hui c’est certain, même si je garde une grande curiosité pour l’histoire de l’Église. Malheureusement, je ne connais pas Antonin Reschal ni François de La Mothe Le Vayer…
      Je crois bien que l’auteur le plus ancien chroniqué ici est Daniel Defoe, puis Jane Austen.
      Ton article est toujours aussi pertinent, tu as eu raison de me le proposer : en sept ans, malgré l’accroissement exponentiel des blogs, la situation n’a pas évolué. Et si tu lis certains commentaires déposés ici, tu verras que souvent les blogueurs se désolent du manque de commentaires sur des livres plus confidentiels.
      (PS : j’en profite pour te dire, en toute amitié bien sûr, que mes yeux vieillissant, j’ai de plus en plus de mal à lire le blanc sur fond noir, ou gris…).

      • La bienheureuse Marie d’Oignies? Je ne la connais pas, c’est une lacune à combler! Antonin Reschal me semble être un auteur assez léger du début du vingtième siècle, et François de La Mothe Le Vayer un penseur sceptique du temps de Louis XIV.
        Le livre le plus ancien chroniqué sur mon blog est sans doute la « Vie de Saint Grat » de Pierre-Joseph Béthaz, lu dans une édition d’époque: cela remonte à 1884…
        Enfin, merci pour ton retour amical sur le visuel de mon blog!

  50. Je suis d’accord avec vous. je découvre votre site. Je suis jeune blogueuse. je ne sais pas si je fais partie de ces blogueurs qui ne parlent que des succès ou autres. Je fais mon blog par pure plaisir. Personnellement, ce n’est pas parce qu’un livre a du succès qu’il va me plaire. je me méfie toujours. J’attends que l’impact médiatique ou blog retombe pour me décider et généralement ça me réussi. Je ne lis que ce que j’ai envie de lire.
    En plus, je fais partie de l’association de mon libraire qui me permet de rencontrer des lecteurs passionnés qui et de découvrir des livres dont on n’entend pas parler. La dernière fois, c’était une BD. Je ne lis pas ce genre pourtant celle-ci je l’ai adoré. Un vrai coup de cœur.

    Bref, je pense qu’un blog, avant toute chose doit être fait avec envie et honnêteté. Dans le cas contraire ça se ressent. Et ne pas se forcer à faire des chroniques pour les chiffres.

    • Sandrine

      Bienvenue Zaphrina dans la blogosphère et sur Tête de lecture. Je t’envie cette association dont tu parles. En effet, avoir un blog où parler de ses lectures, en visiter d’autres pour lire des avis et parfois commenter, c’est bien, mais parler et échanger de vive voix avec d’autres lecteur, quel grand plaisir ! Le temps aidant, ces lecteurs te cerneront mieux et te proposeront des livres selon tes goûts et d’autres pour t’étonner et te pousser à découvrir d’autres horizons : c’est vraiment une chance.

  51. Mon amour des mots et la passion que je ressens depuis fort longtemps envers les livres (ici je vous fais grâce de mon âge), m’ont permise de créer mon humble petit blogue. Il est là tout simplement pour jaser de ces lectures que j’ai lues ou envie de lire et non parce que j’y suis obligée. Bien sûr depuis quelques temps je reçois des services de presse mais de peu de maisons d’éditions et surtout des titres que j’ai préalablement choisis. Je ne veux pas m’obliger à lire n’importe quoi ni les titres de l’heure simplement parce que mes voisin(es) les ont lus. Comme lire pour moi c’est vital, je me permets de lire ce que je désire et quand je le veux voilà tout. Mon petit blogue se veut tout simplement à mon image. Rien de plus , rien de moins.

    • Sandrine

      Un blog comme je les aime Suzanne, avec des avis personnels et précieux. Et parfois un vocabulaire bien de chez toi qui enrichit le nôtre 😉

  52. Ton billet fait écho à un constat et une réflexion qui m’occupent de plus en plus fortement. Mon blog n’a jamais suscité beaucoup de visites, et je ne vise pas la célébrité (les échanges avec les quelques fidèles qui aiment sortir des sentiers battus et discuter du contenu me contentent pleinement), mais ce que je trouve dommage, c’est que la publication d’un billet sur un titre déjà plébiscité génère un subit regain d’intérêt et de commentaires, quand celui qui rend compte d’une découverte originale passe inaperçu. Et je constate le même phénomène sur de nombreux blogs que je lis régulièrement, attachés à une littérature plus « discrète », et surtout à évoquer des auteurs ou des maisons d’édition que je n’aurais sans doute jamais eu l’occasion de connaître sans eux (et c’est là pour moi que réside l’intérêt principal des blogs : pour le reste, on peut en effet regarder la grande librairie ou se laisser convaincre par les présentoirs) : les commentaires y sont presque systématiquement absents. On a l’impression que ces lieux ne vivent pas, alors que, comme je viens de l’écrire, ils sont pour moi les représentants d’une manière de bloguer que j’ai aussi parfois, le sentiment de voir disparaître, une manière guidée par l’envie de se laisser surprendre, d’être invité à la réflexion…
    Cela ne m’empêche pas de lire aussi quelques titres des rentrées littéraires, mais mes choix ne se font pas en fonction de la « notoriété » de ces titres. Ils ont en général guidés par les avis de quelques blogueurs en l’avis desquels j’ai une entière confiance (et dont tu fais, entre autres partie, justement parce que tu proposes des idées de lectures diverses et de qualité).
    Bon, je m’en vais continuer à piocher dans mes piles hétéroclites, et à fréquenter les petits bistrots obscurs mais merveilleux de la blogosphère littéraire !!

    • Sandrine

      Peut-être une des raisons pour lesquelles ces blogs sont peu commentés : ils ne commentent pas. J’ai pu parfois laisser ici ou là des commentaires car c’est dans ma pratique d’échanger, de donner mes impressions. Sur les blogs dont tu parles, on y répond parfois pas et très souvent on ne commente pas chez les autres. Ça n’est bien sûr pas un crime et ce n’est pas pour ça que je n’y lis plus les intéressants billets, mais enfin, je ne commente plus car je trouve que cette pratique conviviale nécessite au moins un peu de réciprocité.

      • C’est vrai aussi. Sauf quelques exceptions, je l’ai en effet constaté, et comme toi, j’arrête alors de poster des commentaires, même si cela ne m’empêche pas de continuer à lire les billets publiés sur ces blogs.

  53. Merci pour ce billet très intéressant qui donne à réfléchir. J’avoue me laisser souvent aveugler par les sirènes de la nouveauté mais pas seulement heureusement !
    Comme beaucoup, plus on parle d’un livre et plus il va attirer mon attention. J’aime suivre les conseils d’autres lecteurs quand ce n’est pas de mon libraire ou des bibliothécaires. Du coup, je suis assez frileuse devant un roman dont je n’ai pas du tout entendu parler. Je suis consciente qu’en faisant ainsi je passe probablement à côté de véritables perles. J’achète peu de livres, donc quand je le fais je pars vers une valeur sûre, un roman dont des blogueurs en qui j’ai confiance ont fait l’éloge. Et j’emprunte beaucoup en bibliothèque qui propose systématiquement ces livres dont tout le monde parle et propose peu de livres plus discrets.
    Il y a tant de livres qui paraissent qu’il est difficile de faire un choix et que l’on va vers la facilité.

    • Sandrine

      Tu résumes bien ce phénomène qui nous entraine vers cette uniformisation. Par contre si tu peux : change de bibliothèque ! J’ai été bibliothécaire et il me semble que comme certains libraires, les bibliothécaires ont à coeur de faire vivre une autre littérature. Bien sûr, ils sont tenus par un budget, mais ils ont souvent accès à des BDP qui leur permettent d’élargir leur offre sans débourser. Après, je vis en province dans un département rural et je dirais que ma bibliothèque est plus « petit-bourgeois » que rock’n’roll. A l’époque où elles existaient, j’ai demandé d’acheter des livres des éditions 13e Note : je n’en ai jamais vu l’ombre d’un…

  54. Je lis ton blog de temps en temps mais je ne crois pas avoir déjà commenté. Là, c’est plus fort que moi parce que tu m’as bien fait rire … On possède la même machette 🙂

    • Sandrine

      Merci de te dévoiler ! J’espère que d’autres billets te donneront envie de t’exprimer ici, car rien ne vaut à mes yeux l’intervention des autres pour me prouver que ce que je fais mérite un peu d’attention. Et à l’occasion, nous irons faire ensemble un petit tour dans la jungle 🙂

      • LOL pour la jungle …
        Evidemment que tu mérites l’attention (et pas qu’un peu …) …

  55. J’ai attendu d’avoir suffisamment de temps pour répondre à ton billet passionnant.
    Tout d’abord je viens ici à chaque nouveau billet même si je suis peu prolixe en commentaires ton blog est de ceux qui compte par la qualité de tes analyses et surtout la variété de tes lectures.
    Je ne partage pas tous tes goûts mais je me suis fait souvent accroché par un billet et je m’en suis toujours réjouis
    Je fais partie des affreuses qui ne font que des billets positifs, simplement par paresse et surtout parce que pour partager une lecture j’ai besoin d’en avoir eu du plaisir et surtout mes goûts bien qu’éclectiques sont aussi très tranchés alors ….

    Je partage ton impression d’une blogosphère qui malgré l’offre très large se réduit un peu aux titres bien en vue sur les présentoirs, dans les émissions de télé ou de radio ou ..sur les blogs
    Lorsque Babelio arrose la blogosphère on ne peut pas s’étonner d’avoir ensuite une avalanche de billets, comme toi il m’arrive de renoncer à écrire sur un livre pour ne pas ajouter mon grain de sel au tas déjà bien fourni
    Lorsque un livre se retrouve partout j’ai immédiatement l’envie de faire l’impasse, parfois je le regrette et bien tant pis. J’ai ris en te lisant, certainement le caractère joue dans ce cas et le côté moutonnier me gave un peu je dois dire.
    J’ai beaucoup réduit les blogs que je suis régulièrement, ils ne sont pas tous des blogs où je pioche souvent mais dont j’aime la liberté de choix et de ton. Exemple ton blog, celui d’Aifelle ou de Cecile de Luocine ou de Cleanthe dont je ne partage pas toutes les lectures mais dont le panel de livres m’intéresse.
    Depuis plusieurs mois j’ai du mal à lire et je me suis tournée vers des relectures et des classiques en y prenant un plaisir intense et du coup je me suis bien éloignée de la rentrée littéraire même si (on ne se refait pas) j’ai picoré un peu de ce côté là.
    je te suis quand tu dis que les SP aux blogueurs amplifient le manque de variété et le plus souvent je ne commente pas ces blogs là qui me lassent.
    Merci pour ton billet qui permet de s’interroger sur nos pratiques et sur l’orientation que l’on cherche à donner à un blog

    • Sandrine

      Tu es aussi de celles que je suis depuis très très longtemps alors que nous n’avons globalement pas les mêmes lectures. Tu chroniques parfois des auteurs dont je n’ai jamais entendu parler, certains que je ne lirai jamais, mais le plaisir de lire un ressenti de lecteur avisé et passionné dépasse tout ça.
      Merci d’être sortie de ta discrétion pour donner ici ton avis : ça me fait un grand plaisir de savoir que tu es toujours là.

  56. ex-ICB

    Vaste sujet… à controverse… et donc très intéressant. Tout comme la discussion qui s’ensuit dans les commentaires. Beaucoup de choses ont déjà été dites. Je m’en vais tout de même de ma petite contribution au débat.

    Pour commencer, au vu de certaines (rares) réactions, je me permets de (re)préciser ici qu’il ne s’agit pas pour moi de dire aux blogueurs/euses ce qu’ils/elles doivent lire et comment ils/elles doivent l’exprimer. Chacun fait ce qu’il veut de son pré carré (et heureusement !) ; si l’endroit ne nous plaît pas, libre à nous d’aller voir ailleurs si l’herbe y est plus à notre goût.

    Je n’en partage pas moins ton constat, Sandrine : l’uniformisation croissante des contenus des blogs de lecture à laquelle concourent plusieurs facteurs :

    1. On le sait, la chair du lecteur est faible et les tentations nombreuses. De tout temps, depuis les balbutiements des blogs jusqu’à aujourd’hui, l’attrait de la nouveauté est fort ; on lui doit en grande partie la malédiction bien connue des PAL, une envie chassant l’autre, une nouveauté chassant l’autre. Difficile alors de résister aux sirènes des éditeurs, aux opérations type Babelio ou PriceMinister et à l’envoi massif de SP. On se retrouve alors avec une omniprésence de nouveautés chroniquées, souvent concentrées en vagues (pour ne pas dire tsunamis) au moment des sorties. Ces envois ayant un coût, il est clair que seules les maisons bien établies en ont les moyens. Ce qui laisse moins de place pour les éditeurs de taille plus modeste et ajoute au phénomène d’uniformisation. On en arrive d’ailleurs à une situation ubuesque à mes yeux : certains « s’autocensurent » en choisissant de ne pas publier de billet sur un livre déjà chroniqué par ailleurs à la pelle (preuve s’il était nécessaire que le blog carnet de lecture a vécu).
    Pour autant, je n’ai pas une vision manichéenne du monde de l’édition, du pot de terre contre le pot de fer. Pas question pour moi de diaboliser les nouveautés (j’en lis avec plaisir et on peut trouver parmi les nouveautés de l’année un « classique » de demain), ni les « grands » éditeurs (la richesse de leur catalogue parle pour eux). Encore moins de les opposer aux « petits » éditeurs. Certes, ceux-ci sont à privilégier car ils disposent de moins de moyens de promotion. Ils n’en sont pas pour autant synonyme de qualité et/ou de plaisir. Il m’est arrivé (et pas qu’une fois) de me casser les dents sur un livre publié par un « petit » éditeur et/ou un auteur « confidentiel ».

    2. Il n’est jamais facile de sortir de sa zone de confort. Si on veut éviter les déceptions, on ira plus naturellement vers ce que l’on connaît déjà. Parce qu’on a déjà lu l’auteur et/ou « fréquenté » l’éditeur. Parce qu’on aura entendu parler de l’un et/ou de l’autre sur les blogs, dans les médias… Je ne suis malheureusement pas le dernier. Personnellement, j’ai beau avoir envie d’explorer de nouveaux horizons, force m’est de reconnaître que je le fais assez rarement (et uniquement lorsqu’un blogueur/une blogueuse que j’estime m’aura convaincu).
    J’ai tenté à deux reprises de me forcer à quitter ma zone de confort en participant à des jurys de lecteurs : deux beaux fiascos. Non seulement, je n’ai aimé des sélections que le type de romans que j’aime d’ordinaire (et me suis donc coltiné la plupart des lectures comme une vraie purge !) mais en plus, par deux fois, les romans primés ne faisaient pas partie de mes favoris (ce qui a rajouté à ma frustration).

    3. Aujourd’hui, le blog comme version numérique et publique de son carnet de lecture n’est qu’un leurre (voir plus haut). Si on veut simplement recenser ses lectures, un journal papier fera tout aussi bien l’affaire. Si on choisit le blog, c’est que l’on recherche l’échange. Et qui dit échange, dit sujet de discussion commun pour motiver les commentaires…. D’ailleurs, les rares fois où je commente, c’est quand il s’agit d’un livre que j’ai déjà lu ou qui me fait envie. Et à cet égard les nouveautés sont une approche « sûre » pour récolter des commentaires (à ce propos, obsédés par les commentaires, on en oublie souvent la « majorité silencieuse » à laquelle j’appartiens désormais, celle qui suit fidèlement un blog sans jamais intervenir. Ce qui n’est pas réellement le cas, ce soir, j’en conviens !!!).
    Plusieurs le regrettent dans les commentaires laissés ici : les livres plus confidentiels ne génèrent pas ou peu de commentaires, ce qui est pour le moins décourageant. Combien de fois ai-je pu râler qu’un billet vite troussé sur un sujet trivial engrange plus de commentaires qu’un autre sur un bouquin qui me tenait à cœur sur lequel j’avais passé plusieurs heures !!! (en revanche, rien ne me réjouissait plus qu’un commentaire laissé suite à un billet publié des mois, voire des années auparavant). C’est une réalité. Et ainsi, trop souvent, par facilité, la course aux commentaires se traduit par une course aux nouveautés, facilité et encouragée par les politiques promotionnelles des éditeurs.

    Parce que les principaux fautifs dans cette histoire sont les services communication des éditeurs qui utilisent très mal les blogs et les réseaux sociaux. Par très mal, lire : de façon primaire, voire « bourrine ». Et tant qu’ils ne troqueront pas leur vison mercantile/publicitaire du web par une vision éditoriale, plus qualitative (mais moins immédiatement rentable), il y a peu de chance que les choses évoluent dans le bon sens.
    Il n’y a qu’à analyser rapidement les posts des éditeurs sur FB par exemple : annonce de sortie, concours pour gagner des nouveautés, raccrochage (plus ou moins subtil et bienvenu) d’un fait d’actu à une de leurs parutions actuelles ou passées, sans parler des questions bateau du type « Avec quel livre allez-vous passer le week-end ? »… Il existe tant de moyens plus subtils et qualitatifs de fidéliser les lecteurs qui sont, d’ailleurs, dans leur majorité, friands de contenu éditorial « désintéressé ». Comment les en persuader et leur faire adopter une attitude plus « ouverte » est d’ailleurs un de mes sujets de réflexion professionnels du moment…

    Pour finir (et là, vous avez le droit de pousser un gros ouf de soulagement !), j’ajouterai que plus encore que l’uniformisation du contenu, c’est l’uniformisation des avis que je déplore le plus. Moi qui peine à dépasser les 3 coups de cœur à l’année, je ne peux m’empêcher de trouver suspect le dithyrambe et l’enthousiasme intégral, le coup de cœur à tout bout de champ, le positif à tout prix, le manque de mise en perspective, le « politiquement correct » qui conduit au consensus mou et au nivellement de l’ensemble de la production littéraire.
    La bonne nouvelle, c’est qu’il reste suffisamment de blogs qui gardent leur originalité, leur ton, leur personnalité… (nombreux sont ceux qui ont commenté ici) et c’est ce qui fait tout le plaisir de visiter ces endroits précieux où on parle de livre en toute sincérité.

    • Sandrine

      Je ne peux que te remercier de développer ici ton avis. Et de commencer par rappeler que je n’impose ni ne reproche rien : ce billet est un constat, comme un état des lieux. Et ce que je constate grâce aux commentaires, c’est que les blogueurs (et ex-blogueurs !) ont à dire sur le sujet.
      Globalement il me semble que chacun est d’accord avec ce constat, les autres n’ont pas compris ou font semblant de. Je crois qu’au final, nous allons scalper toutes les attachées de presse qui passent à notre portée 😀 En fait, elles font très bien leur travail et sont souvent charmantes. Moi-même me réjouis de parfois recevoir un roman tout frais sorti. Il me semble que c’est au blogueur à ne pas se perdre : c’est bien de se gaver du chocolat qu’on aime mais un jour, on ne se reconnaître plus dans le miroir…

      • ex-ICB

        On est d’accord 😉

  57. Voilà un article qui incite à réagir ! Je partage ton billet et les réactions à celui-ci. J’ai beaucoup moins de recul que toi car nous écrivons des chroniques depuis 2 ans seulement, et je suis d’autres blogs depuis encore moins de temps. Je partage ton avis sur la surreprésentation des dernières parutions. Les éditeurs ont trouvé un moyen de faire parler des livres en envoyant des services presse aux blogueurs. Au début, je trouvais ça intéressant de lire plusieurs chroniques sur le même livre ; chacun a une façon bien à lui de parler des livres et j’aime ces différences de sensibilité. Avec le temps, je regrette que l’on retrouve en effet souvent les mêmes titres alors qu’il y a tant de perles à découvrir. Pourquoi ne pas laisser davantage le temps faire son oeuvre et mettre plus en avant des classiques oubliés ou, comme tu le mentionnes, des livres de maisons d’édition différentes. Quand j’étais jury du Prix Orange, j’ai chroniqué plus de nouveautés qu’à l’accoutumée, et j’ai été surpris par le nombre de visites sur le blog qui était nettement plus important que pour les autres livres ; quoi qu’il en soit, je préfère parler de La saga des émigrants, de Moberg, ou de La saga de Youza, de Baltouchis, plutôt que des dernières parutions. Encore merci pour cette chronique et pour ton blog qui permet de découvrir d’autres auteurs (je pense à Lettre au dernier grand pinguin, que j’ai noté pour une prochaine lecture) !

    • Sandrine

      Merci à toi et à Eva pour vos choix si originaux.
      Le dernier grand pingouin est une nouveauté, je le reprécise pour insister sur le fait que je n’ai rien contre la nouveauté ni contre la rentrée littéraire à laquelle je participe avec très grand plaisir. C’est juste que mes choix sont différents des autres à je pense environ 80%. Avec plus de 600 livres qui sortent, on a de quoi faire pour aller voir ailleurs…

  58. Je te rejoins sur de nombreux points… Il est vrai que ma manière de lire et de choisir mes lectures a changé depuis le blog. Je pioche des idées tous azimuts, je suis des blogs et leurs conseils, lis parfois, souvent des nouveautés parce qu’elles me font de l’oeil, continue de lire avec avidité de la littérature jeunesse, des albums et de la BD parce que j’aime ça, sors de plus en plus souvent de ma zone de confort pour mes confronter à des titres que je n’aurais sûrement jamais lu… C’est ce que j’aime sur les blogs justement. Cette diversité. Ce qui n’empêche pas non plus l’uniformisation. Je ne sais pas si j’y participe mais je blogue comme je le sens et je compte ben continuer 😉

    • Sandrine

      Ton blog est l’un des rares que je suis où la littérature jeunesse prévaut. Je serais donc bien incapable de dire si tu chroniques en ce domaine des titres phares ou des originalités de toi seule connues. En tout cas, je me sens bien chez toi et c’est le principal pour moi 😉

  59. J’y vais de mon petit commentaire, je suis assez d’accord avec toi, sans jugement non plus, chacun lit et chronique ce qu’il veut. J’avoue une préférence pour tout ce qui est moins connu, même s’il m’arrive de lire et chroniquer des romans dont on parle beaucoup (j’ai beaucoup aimé Police). Je reçois pas mal de SP, mais j’emprunte également à la bibliothèque et j’achète des livres -surtout poche. Lorsque je choisis des SP, je refuse quasi systématiquement les écrivains les plus connus sauf certains. Je trouve que mon blog me ressemble plutôt pas mal, un peu à la marge mais point trop, juste ce qu’il faut de décalage pour rester fréquentable. Je regarde de temps en temps quelques blogs, une vingtaine à peu près, mais ne suis pas très régulier ni fréquent, je n’ai pas de programme qui m’annonce tel ou tel nouvel article, je visite au hasard, le jour où ça me prend…

    • Sandrine

      J’espérais bien que tu allais laisser un commentaire pour que je puisse te dire à quel point ton blog est l’un de ceux qui me paraissent originaux, « juste ce qu’il faut de décalage pour rester fréquentable » en effet. A l’évidence, tu n’écoutes pas les modes ni les classement et depuis toutes ces années, tu suis ton bonhomme de chemin. J’ai découvert avec toi des éditeurs et si tu reçois des SP, ce ne sont certainement pas les mêmes que tout le monde.
      Merci pour ton ton, ton naturel et ton exigence et pour tes commentaires ici de temps en temps.

      • Ouah, merci, j’ai bien fait de venir, je reviendrai… 😉

  60. Bon, du coup, je ne sais pas si je vais publier ma note sur « Petit pays », moi … Mais sans doute que oui, car je fais parti des « obscurs » qui ne sont jamais contacté par aucune maison d’édition (il fut un temps lointain où je le regrettait, quelle nouille je fus !), et comme je ne lis pas les notes publiées sur les livres que je sais que je vais lire, je suis presque fraîche de la plume ^-^

    • Sandrine

      C’est pas mal aussi de vivre sur la planète Mars : on est tranquille, pas dérangé et on ne risque pas l’overdose 🙂 Jamais je ne soupçonnerai chez toi le moindre copinage éditorial et ton blog restera à tout jamais dans ma liste.

      • La planète Mars est ma maison, t’as raison ! merci pour ta fidélité à mon blog obscur et sans aucun copinage éditorial, ça c’est sûr …. Vu que j’achète tous mes bouquins ( d’ailleurs si jamais un éditeur aussi obscur que moi avais des livres en trop, je ne suis pas contre, mais chut mon mari et mes enfants ne doivent pas le savoir, il parait que les livres prennent de la place, et comme on vient de construire une extension de la maison, ils craignent le pire …) ! En plus, sur « Petit pays », je ne suis pas certaine de me faire de la pub ! Et j’ai failli arriver en retard au boulot parce que je voulais lire tous les commentaires, tu as beau dire, c’est un boulot, blogueuse …

  61. Bonsoir Sandrine, je trouve ton billet intéressant. En parlant des « petits » éditeurs, une des librairies que je fréquente près de chez moi, les a mis à l’honneur en vitrine. J’avoue qu’en ce qui me concerne je ne fais pas attention aux éditeurs mais aux écrivains : je suis fidèle à certains. Sinon, je suis « blacklisté » chez Babelio, je ne reçois aucun service de presse sauf les trois fois où j’ai été membre du jury du prix Fnac (d’ailleurs, je n’ai pas dit du bien de certains). J’achète (je me ruine avec volupté) et j’emprunte les livres que je lis et donc c’est pourquoi, je me sens libre d’en dire du bien ou du mal. Bonne soirée. PS : j’attends toujours ton billet sur James Salter « Et rien d’autre » que je t’avais envoyé.

    • Sandrine

      Oui, Salter… c’est vrai que ça fait un bail, tu fais bien de me relancer 😉

  62. Bon, beaucoup a été déjà dit, je ne vais pas me répandre … Je me contente de préciser que je viens de relayer ton article sur mon petit blog .
    Je ne fréquente pas Babelio, structure obèse et trop « fourre tout » , en revanche j’aime assez « onlalu » , connais tu ?
    Et je finirai par une petite pique , en disant que la blogo c’est quand même un peu le bal des faux culs , tout le monde jurant ses grands dieux qu’il est d’accord avec toi, bien sûr…
    J’avoue que personnellement je suis assez travaillée ces derniers temps par cette question : pourquoi lit on ce qu’on lit , et pas autre chose . Pour ma part la réponse est que 1/achetant tous mes livres je ne m’autorise pas bcp de « prise de risque  » avec des titres et/ ou éditeurs peu connus (et je commence à me le reprocher cependant )
    2/ la « réclame  » , comme on disait quand j’étais môme ,nous atteint plus qu’on ne veut le reconnaître …ça me rend dingue mais je fais partie du lot ! Grrr

    • Sandrine

      Merci Mior pour le relai et ce com’.
      Je ne vais pas te dire que je suis contente que les gens pensent comme moi, parce que je ne veux pas créer une secte et parce que j’ai bien conscience que ceux qui ne sont pas d’accord ne s’expriment pas forcément ici.
      Par contre, si je permets aux gens d’enclencher une réflexion sur leurs pratiques, ça me fait bien plaisir. C’est devenu tellement courant de recevoir des services de presse quand on est blogueur. J’en connais même qui les attendent pour lire un livre et qui ne le lisent pas s’ils ne le reçoivent pas. Certains se sentent « offensés » de ne pas recevoir tel ou tel livre. C’est en fait une grande liberté et gage d’originalité.
      Comme toi, je m’interroge sur ce que je lis, pourquoi, et comment les livres arrivent jusqu’à moi. Je m’estime prévenue contre à peu près tous les pièges du marketing et de la publicité, et pourtant… Être membre de la grande communauté du net, c’est être une cible, parfois consentante. Alors pas de vaste communauté de lecteurs pour moi (je ne pratique pas non plus « on a lu »), mais tellement de blogs et d’émissions littéraires…

  63. J’arrive bien après la bataille mais je te remercie à mon tour pour cet article qui pose des chiffres intéressants sur une réalité que l’on perçoit tous de manière empirique…
    Moi qui m’y prends certainement très mal (jamais reçu de SP à ce jour, même s’il m’est arrivé grâce à des copains d’avoir un livre en mains avant sa sortie), je partage la frustration de beaucoup face aux billets consacrés à des livres obscurs qui font dix fois moins de vues que ceux consacrés aux « best-sellers » (je mets des guillemets car c’est rarement mon domaine d’investigation)… Mais bon, disons que ça fait partie des règles du jeu et qu’il faut savoir faire des compromis sans pour autant perdre son identité.

    Ce que je trouve dommageable, et qui me semble prendre de l’ampleur, c’est la tiédeur de beaucoup face à des livres très en vue. Sur Chanson douce (puisqu’il est en tête sur babelio), au-delà de quelques avis réellement enthousiastes (et sincères), j’ai lu beaucoup de billets qui me semblaient peu inspirés, qui avaient l’air d’être le cul entre deux chaises, qui semblaient garder leurs bémols pour eux. Sans dire qu’il faut absolument être critique (je ne comprends pas le choix de certains de ne parler que de livres qu’ils aiment, mais je le respecte), moi j’aime bien qu’on examine un livre dans son ensemble, qu’on n’élude pas ce qu’il peut avoir de défauts… Et j’ai d’ailleurs plutôt aimé Chanson douce, qui est à mon avis un Goncourt honorable, mais lui ai trouvé un certain nombre de points faibles. Je trouve que c’est le pire aspect de cette uniformisation : même pour un livre moyennement apprécié, certains ne parlent plus que des qualités et balayent le reste sous le tapis. Comment se faire un avis alors ?
    Bref, comme toi j’ai encore une longue liste de blogs qui ne font pas ce genre de concessions (conscientes ou non), et tant que ça dure, ça me va !

    • Sandrine

      Pour revenir sur les livres qui semblent toujours appréciés : pour ma part, je classe mes chroniques de livres dans des catégories « à lire », « à lire absolument », « à discuter »…etc.) et de loin la catégorie la plus utilisée est « à lire ». Ce qui peut donner l’impression que j’aime tout ce que je lis. C’est dû au fait que je choisis mes lectures (très peu de SP ici) et que donc, je choisis des livres qui je l’espère vont me plaire. Y compris au moment de la rentrée littéraire. Et comme je me connais bien maintenant, je tombe souvent juste 😉

  64. Réflexion passionnante, et une des raisons (nombreuses) qui m’avait poussé à me retirer… Je trouve comme toi que la blogo est moins, comme dire, effervescente ? Mais je ne vais pas commencer à tout critiquer à peine revenue…
    Pour ce come back, je choisis de rester avant tout libre ! Je revendique de lire ce qui me plait, quand cela me plait. Vieux nanars de ma PAL, nouveauté si elle croise mon chemin (je me suis auto-interdit d’acheter un seul livre pour moi tant que cette fichue PAL n’a pas descendu… j’ai encore 10 cartons non déballés dans ma nouvelle maison… c’est du grand n’importe quoi !!!), prix littéraire ou cucuterie, livre sérieux ou un roman bien dégoulinant de mon ado de fille… bref, tout y passera selon mes envies, mais pas selon les modes ou les sorties littéraires. D’ailleurs, depuis 2 ans, je suis infichue de dire quel prix a été attribué à quel roman… et je ne m’en porte pas plus mal !
    Bref, de tout coeur avec toi pour sortir des sentiers battus !

    • Sandrine

      Oh la bonne nouvelle : bienrevenue parmi nous !!

  65. Je n’oublie pas que c’est grâce à toi et ton challenge que j’ai lancé mon blog et découvert tant d’auteurs que je n’aurais peut-être pas lus sans cela. Je fais partie de la catégorie des lecteurs qui se font plaisir avant tout, d’oû la douce folie de trouver un auteur peu connu à la suite du dernier sorti chez Alain Michel ! Cependant je rejoins le commentaire de L’Irrégulière et tous les petits auteurs réunionnais, malgaches, que j’ai chroniqués lorsque je vivais là-bas n’ont pas attirés ou retenu l’attention comme je l’aurais souhaité. Aujourd’hui je peux dire « qu’importe », mon blog est juste une vitrine de mon univers, c’est aussi cela la blogo , une floraison de petits univers ! Ton billet m’a toutefois fait réfléchir et, si mon budget me le permet, je suivrai une maison d’édition par mois sur ton blog 😉

    • Sandrine

      Je te comprend Nath : même si on ne cherche pas à être un influenceur, c’est toujours décevant de constater qu’un livre, un auteur qu’on aime et qu’on a envie de faire connaître ne remportent pas assez d’échos. Mais l’avantage avec le net c’est que ces billets restent et seront longtemps consultables. Et petit à petit, ils créent une identité spécifique, la nôtre, qui n’est pas celle des blogs qui ne donnent que dans la nouveauté et le best seller, c’est à dire ces blogs reproductibles et reproduits en de nombreux exemplaires 😉

  66. Très beau billet. Très juste aussi. En tant que blogueur, ce n’est pas évident d’être lu quand on ne lit pas ce que tout le monde lit, pas évident non plus de se démarquer quand on écrit comme on parle. En tant que lecteur, on finit aussi par se laisser influencer par les innombrables articles sur tel ou tel bouquin (oups, j’ai aimé Bojangles…). Cela dit, ce blogs ont le mérite de me faire découvrir (pas toujours pour mon plus grand bonheur, je l’avoue) les auteurs du moment que je ne connaissais pas. Ou même les super populaires que je méprisais (snobisme quand tu nous tiens…). J’ai pu rattraper mon immense retard en chick lit, en Marc Lévy et en prix littéraires. Pfiou, ça défrise un peu parfois mais je suis devenue curieuse alors j’assume. J’essaie de varier un peu les plaisirs quand même et je tente tout de même de partager mes valeurs sûres. Sait-on jamais…

    • Sandrine

      Bonjour Julie et bienvenue. C’est vrai qu’avoir un ton différent n’est pas garant de succès, comme toutes les différences. Mais au moins, c’est une personnalité. Moi, j’ai du mal avec les blogs ou sites qui s’adressent directement à moi à la deuxième personne du singulier, ça me fait bizarre et ça ne m’interpelle pas justement. Il y en a beaucoup dans la sphère hispanophone. Mais bien sûr, l’important est ce qui est dit plutôt que comment ça l’est.

  67. Bonjour,
    Je découvre votre blog à travers ce billet d’humeur qui m’a fait sourire car lectrice de longue date j’ai souvent papillonné de blog en blog à l’affut de recommandations littéraires, et j’ai fini par m’en lasser pour tout un tas de raisons qui rejoignent en partie ce que vous indiquez, mais également parce que les goûts et les styles changeant selon les saisons, les mois, les années, nos aspirations profondes ou nos changements de vie, je surfe beaucoup sur des sources très variées, allant du libraire au bouche à oreille, de l’envie de roman ou d’essais plus sociétaux, du religieux au polar.
    Autant de thématiques que j’ai eu envie à mon tour de partager, à travers un fil conducteur qui est celui de comment apprendre à vivre le temps présent. Je ne parle donc que de sujets qui me parlent, m’interpellent, poussent à la réflexion, et essaient de sortir (en toute modestie) des sentiers battus. Je vais prendre le temps de balayer votre site, en attendant je vous remercie de vos partages.

    • Sandrine

      Bonjour et merci pour ce commentaire. Je crois que quand on lit de tout, qu’on est un lecteur / une lectrice éclectique, c’est encore plus difficile d’être reconnaissable et d’avoir un blog avec une vraie personnalité identifiable. Les gens ne savent pas à l’avance ce qu’ils vont trouver sur le blog. Ca peut être pris comme une qualité, mais souvent je crois que ça ne l’est pas. Les blogs consacrés au roman noir ont leurs fidèles, ils se lisent entre eux, se rassurent. J’ai un blog uniquement consacré aux littératures de l’Imaginaire, plus vieux que celui-là et je peux affirmer que je m’ennuierais dur comme fer si je n’avais que celui-là : quelle tristesse de lire toujours le même genre (même si on l’aime beaucoup) !
      Je crois que l’important au final, c’st de faire ce qu’on aime, sans se soucier des lecteurs, mais c’est vrai que c’est difficile si on a envie d’avoir des échanges avec les autres (c’est souvent pour ça qu’on ouvre un blog) : parler dans le désert, c’est bon pour les saints et les prophètes 🙂

  68. Je suis d’accord avec toi ! Je viens de dire, pas plus tard qu’hier à une blogueuse (que j’apprécie par ailleurs)et qui est en train de lire DEJA prochaine rentrée littéraire pour une grande enseigne de produits culturels que ce sera sans doute les livres que l’on verra partout, au détriment des autres qui font tomber dans les limbes, non pas parce qu’ils ne sont pas bons, mais parce qu’ils ne sont pas vus…

    • Sandrine

      Chère Maeve, je publierai lundi une belle liste de titres de la rentrée littéraire des éditeurs indépendants : j’espère qu’elle sera tentante, en tout cas, il y a dedans de quoi largement concurrencer les grandes maisons. Il faut maintenant travailler à leur visibilité….

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