L’Indienne et le cardinal de Denis Lépée

L'Indienne et le cardinalParis, 1617. Une petite fille tremblante sous l’étal d’un marché. Elle doit commettre un vol pour ne pas être à nouveau maltraitée par le Prince des enfants. Elle a peur, c’est une enfant, mais elle doit le faire. Elle saisit l’occasion alors qu’un carrosse est bloqué dans la rue et que quelques nobles personnes en descendent : elle arrache un rubis d’une boucle de chaussure et des diamants au bas d’une robe. Et vite, elle s’enfuit. Son ami Thomas, orphelin comme elle, l’aide en faisant diversion. Mais il est rattrapé et bientôt pendu.

On en saura plus sur cette petite fille au cours du roman. Il est difficile d’en dire plus car son destin est l’un des intérêts de l’intrigue et un ressort narratif important : peu à peu, alternativement avec l’histoire se déroulant en 1630, le lecteur découvre l’incroyable destin de cette orpheline.

1630 donc. Débarqué de sa province, le jeune Alexandre de Malataverne devient mousquetaire au service du cardinal de Richelieu. Destin hautement romanesque et qui se révèlera de surcroît dangereux. Il est chargé d’enquêter sur une série de meurtres qui ensanglantent la capitale et effraient les Parisiens. L’enquête a été confiée à un certain Quincy qui tâtonne, pour le moins. Tout en arrogance, Malataverne se met à farfouiller.

Le jeune mousquetaire rencontre bientôt la belle et mystérieuse Loïse de Rivière Sainte-Anne, de retour de Nouvelle-France avec quelques Indiens. Jeune et veuve, elle active la machine à ragots. Elle semble désireuse d’améliorer les relations entre la France et ses possessions d’outre-Atlantique, même si la ville de Québec est tombée entre les mains de l’ennemi anglais. Elle rencontre en cela les ambitions du Cardinal qui lui aussi souhaite voir se développer et se consolider les relations outre-Atlantique. Mais le cardinal n’est plus en odeur de sainteté : la reine mère Marie de Médicis à présent le déteste et souhaite sa chute. L’affaire des meurtres qui se trouve liée aux intérêts du royaume en Nouvelle-France va l’y aider. Et tout un tas d’intrigants bien sûr, prêts à déboulonner l’invincible cardinal.

Tout finit sur la journée des dupes, ce jour fameux où Richelieu a bien vu basculer son pouvoir. Enfin disons qu’il a vacillé. La version qu’en donne Denis Lépée est toute personnelle et très romanesque. Il se focalise sur certains personnages, en évacuant d’autres et met totalement de côté la question religieuse. Mais que les complotistes se rassurent : on complote quand même beaucoup dans L’Indienne et le cardinal ! Ce qu’imagine l’écrivain est d’envergure, mêlant le politique à la vengeance personnelle.

Il invente de toutes pièces le personnage de la marquise Loïse de Rivière Sainte-Anne dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle surprend. C’est une aventurière, certains diront une intrigante, en fait une femme de caractère qui ne respecte pas les codes de l’époque. Une femme libre qui fait un beau personnage de roman.

Denis Lépée sur Tête de lecture

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L’Indienne et le cardinal

Dénis Lépée
Plon, 2017
ISBN : 978-2-259-24910-2 – 323 pages – 21,90 €

 

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2 commentaires sur “L’Indienne et le cardinal de Denis Lépée

  1. Peut-être un poil trop de romanesque pour moi …

  2. Depuis ma lecture de Dumas (autant dire depuis toujours, donc), je suis friande des romans historiques sur cette période… Je le note !

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